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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

Ligne de fuite

Codes et Décodages

            AVERTISSEMENT

Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

Qui suis-je ?

  • : Elisabeth
  • labyrinthe
  • : Femme
  • : Paris
  • : 24/07/1978
  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE.
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
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Oeuvres divines et mortelles...
Passage initiatique... De voie en voie, de phase en phase, de sphères en sphères, de mondes en mondes... Mais encore, mais quoi d'autre...

Souviens toi du Jour

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Mercredi 18 novembre 2009

 Nommée Matakiterani (l’œil qui scrute le ciel) par ses habitants, l’île de pâques est aussi surnommée le nombril du monde… Cette île triangulaire, entièrement volcanique, sujette à d’importantes variations magnétiques, aux vents venus de l’Antarctique, aux saisons sèches comme aux saisons pluvieuses, quoique d'un climat tempéré, est avant tout connue pour les colosses de pierre qui s’y dressent mystérieusement.

Sculptées dans le basalte : type de roche issue de la lave refroidie, les statues de l’île de pâques ont suscité bien des interrogations. Les moais atteignent en moyenne 10 mètres de haut, pour un poids de quinze tonnes. Difficile, donc, d’imaginer comment furent transportés et érigés de pareils monuments sur cette île apparemment dépourvue de ressources, et dont la population semble avoir perdu la mémoire de ses anciens cultes. Bien des hypothèses ont circulé sur le sujet avant que l’énigme ne soit résolue par une vérité toute prosaïque, déjà vérifiée en d’autres lieux et d’autres temps, mais qui n’en finit pas de nous surprendre (pauvres humains)…

Les premiers explorateurs qui interrogèrent les indigènes à ce sujet se firent mystifier. Ces derniers prétendirent qu’il ne s’agissait pas de pierre, mais d’une sorte d’argile recouverte de cailloux après avoir été modelée. Hum…

En 1722, ce fut une flotte Hollandaise qui débarqua sur l’île, un jour de pâques. A cette époque, un culte solaire fut observé. Les explorateurs virent les indigènes allumer des feux aux pieds des statues, et se prosterner au levé du soleil. De telles observations n’eurent plus jamais lieu. En 1770, une flotte Espagnole débarqua et déclara l’île « territoire de sa majesté, le roi d’Espagne ». Ils la baptisèrent île San Carlos, et ne revinrent jamais. Une flotte Anglaise débarqua quelques années plus tard sous la direction du capitaine Cook, puis le Français La Pérouse en 1786. Les colosses de basalte gardèrent toujours leur secret…

 Lorsqu’il fut avéré qu’il s’agissait bien de pierres monumentales, et non pas d’argile, il circula une nouvelle invention sur leur mode de transport. En effet, les indigènes certifièrent que les colosses, une fois sculptés, s’étaient déplacés et mis en rang par eux-mêmes... En fait, la légende met en scène une sorcière opérant ce prodige par sa seule magie. Elle aurait un jour cessé de mettre les statues en mouvement, après avoir découvert que les sculpteurs avaient partagé entre eux un homard sans lui en laisser un seul morceau. Hum hum…

Ces anecdotes ont au moins le mérite d’illustrer la méfiance (voire l'ironie) de la population à l’égard des colons. Les premiers explorateurs furent d’ailleurs frappés de ne voir presque aucune femme ni aucun enfant sur l’île, alors qu’ils y rencontrèrent de nombreux hommes de haute taille et bien bâtis. Entre autres secrets, l’île recelait des cavernes et des souterrains où une partie de la population se préserva des visiteurs intempestifs… Pas assez préservée cependant, puisque les nouveaux venus apportèrent néanmoins leur petit lot de fléaux. En premier lieu : les rats. Il semblerait en effet que l’île de pâques ait été boisée autrefois, et suffisamment fertile pour permettre à une importante population de vivre dans l’abondance et de construire les échafaudages nécessaires à l’érection de leurs statues ; ce qui ne fut bientôt plus le cas. Les rats transportés dans l’île par les navires des colons, ainsi que les maladies coutumières qui décimèrent également les indiens d’Amérique et les aborigènes d’Australie, opérèrent ici aussi leur petit effet. Les noix de palmiers et de cocotiers alimentèrent peut-être ces rongeurs avant d’avoir pu germer. A cela s’ajoutèrent une vague de sécheresse, l'épuisement des ressources naturelles et des guerres cannibales entre clans, qui mirent un terme à l’ancien culte, sans qu’il n’en reste aucune trace dans les esprits.

 L’île n’en demeure pas moins énigmatique aujourd’hui encore, et d’autres légendes plus modernes continuent de circuler sur son compte. La plus tenace évoque une présence extraterrestre, naguère débarquée sur l’île pour y enseigner un mystérieux savoir et y essaimer quelques gènes avant de repartir dans un vaisseau, non sans avoir promis de revenir afin de récolter cette nouvelle race humaine. Les statues colossales feraient alors figure de témoins de ce très vieil épisode, attendant tranquillement le retour des extraterrestres, le regard fixé sur les étoiles. Hum hum hum…


 
L’hypothèse la plus plausible est que nous avons sous-estimé  les ressources et les techniques de cet ancien peuple, plongé dans l’oubli par des variations climatiques et des déséquilibres (internes autant qu’extérieurs). Pourtant, les cycles de la terre sont bien souvent liés à la vie et la mort des civilisations, et les changements climatiques comme les abus d'exploitation expliquent bien d’autres énigmes.


 
On a par exemple découvert d’étranges fossiles marins au milieu du désert. De très anciennes peintures représentant du bétail dans un paysage verdoyant figurent sur les parois des grottes, témoignant que le Sahara fut jadis peuplé et recouvert de fleuves et de prairies. La désertification ne s’est amorcée qu’un millénaire avant JC.

Au premier siècle de notre ère, le royaume d’Aksoum était l’une des quatre grandes puissances mondiales et jouait un rôle majeur dans le commerce maritime entre l’Inde et la méditerranée, exportant des matières telles que l’or et l’ivoire dans tout le monde antique. Ce royaume florissant qui correspond à l’actuelle Ethiopie, contrôlait alors le Yémen, le sud de l’Egypte, le nord du Soudan, l’Erythrée, le nord de Djibouti et le sud de l’Arabie Saoudite à partir du nord de l’Ethiopie (Aksoum étant une mégapole, et la capitale éponyme du royaume) sur une superficie de 1, 25 millions de km. Là encore, ce pays dont l’histoire passée reste bien souvent méconnue, nous évoque aujourd’hui la misère et l’aridité…

 

 Le temps n’est pas linéaire, bien que nous ayons tendance à croire qu’il progresse invariablement du passé vers l’avenir, il effectue plutôt des cycles. Certaines connaissances antiques sont bien plus avancées qu’au moyen âge, et certaines techniques oubliées, plus perfectionnées que dans l’époque qui leur succède. Citons à ce sujet quelques exemples pêle-mêle : des esquisses et des études découvertes dans des cavernes préhistoriques laissent supposer l’existence de véritables écoles d’art il y a plus de 15 000 ans. Les Aztèques avaient intégré dans leurs routes pavées un système de signalisation pour réguler leurs trafics. Des fouilles ont révélé des systèmes urbains de canalisation et d’évacuation des eaux, vieux de 4500 ans au Pakistan et en Inde, etc… Si toutes ces découvertes nous surprennent toujours autant, c’est que nous nous faisons une fausse image des temps lointains et de notre propre science. Nous imaginons volontiers des sortes d’arriérés vêtus de peaux de bête dont la moindre manifestation artistique ou la plus évidente réalisation technique nous remplit de stupeur. Certes, il est plaisant d’imaginer que nous ne pouvons qu’ « évoluer » et que le progrès sera plus grand demain qu’il n’était hier, mais l’histoire nous révèle une réalité plus inquiétante et plus complexe. Nul n’est à l’abri du déclin, et c’est aussi de cette façon que survient le renouveau.

 
Cette suite de morts et de renaissances semble toute naturelle pour ceux qui perçoivent l’aspect cyclique du temps, mais suscite beaucoup d’angoisse chez d’autres. Ainsi, certaines prophéties apocalyptiques ressurgissent aujourd’hui face aux bouleversements mondiaux. La fameuse prophétie Maya qui annoncerait la fin du monde en 2012, est en ce moment la plus en vogue. Or, il ne s’agit pas d’une « prophétie », ni de la « fin du monde », mais d’une sorte de table de calculs dont le point de départ correspond à l’apparition de la planète Vénus dans l’horizon terrestre et dont le terme vient clore un cycle de 5125 ans.

Certes, l’extrême complexité des calendriers Mayas peut prêter à confusion, et bien que je ne sache pas exactement décoder leurs calculs, je crois pouvoir affirmer que cette fin de cycle n’a rien à voir avec une
 destruction globale…

Il existe en outre d’autres prophéties, issues de l’ancien Testament, de l’Apocalypse de Jean, ou encore les prophéties des indiens Hopis d’Arizona, qui constituent des sortes de mises en garde. Ces derniers prophétisèrent que des hommes barbus ayant une croix pour emblème et venant par delà la mer de l'Est, allaient briser le grand cercle sacré de l’harmonie avec la
Terre-Mère en introduisant un mode de vie déséquilibré… On peut rester songeur, mais rien de magique en cela, car ce n’est pas une nouveauté.


Un aspect plus troublant réside néanmoins dans d’autres prophéties Hopis qui semblent s’être vérifiées au cours du dernier siècle, pour autant qu’on considère leur langage imagé. En voici quelques unes :

-          L’homme blanc dressera des fils de métal dans le ciel.

-          Le pays sera traversé par une géante toile d’araignée.

-          Les puissances du rouge, de la svastika et du soleil menaceront l’île de la tortue.

-          Une gourde de cendres tombera du ciel, brûlera la terre et l’empoisonnera pour des générations.

-          L’aigle marchera sur la lune.

-          L’homme blanc volera des roches sur la lune.

-          Une habitation dans les cieux au dessus de la terre tombera dans un grand crash, et apparaitra comme une lumière bleue.

Ces prophéties semblent correspondre respectivement au déploiement des fils télégraphiques, des câbles électriques et à la toile du web ; au trafic des lignes aériennes ; aux protagonistes de la seconde guerre mondiale (les rouges communistes, la croix gammée nazie) ; à la bombe atomique et ses radiations ; à la capsule Eagle I d’Apollo 11 en 1969 ; aux kilos de roches prélevées sur la lune et ramenées par les missions Apollo ; et enfin à la station spatiale américaine SKILAB qui tomba en 1979 et apparut comme un bleu brûlant à des témoins australiens. Cela dit, je n’ai trouvé aucune prophétie qui concernât 2012…


 
Lorsqu’un certain nombre de ces « prédictions » se fut accompli, les Hopis se sentirent autorisés à parler publiquement. Ils se rendirent plusieurs fois à l’assemblée générale des Nations Unies pour défendre leur mode de vie, et le droit à l’autodétermination des peuples indigènes.
Voici maintenant la lettre qu'ils écrivirent au président Nixon en 1970 :

 

 " L'homme blanc, dans son indifférence pour la signification de la nature, a profané la face de notre Mère la Terre. L'avance technologique de l'homme blanc s'est révélée comme une conséquence de son manque d'intérêt pour la voie spirituelle, et pour la signification de tout ce qui vit. L'appétit de l'homme blanc pour la possession matérielle et le pouvoir l'a aveuglé sur le mal qu'il a causé à notre Mère la Terre, dans sa recherche de ce qu'il appelle les ressources naturelles. Et la voie du Grand Esprit est devenue difficile à voir pour presque tous les hommes, et même pour beaucoup d'Indiens qui ont choisi de suivre la voie de l'homme blanc.

Aujourd'hui, les terres sacrées où vivent les Hopis sont profanées par des hommes qui cherchent du charbon et de l'eau dans notre sol, afin de créer plus d'énergie pour les villes de l'homme blanc. On ne doit pas permettre que cela continue. Sans quoi notre Mère la Nature réagirait de telle manière que presque tous les hommes auraient à subir la fin qui a déjà commencé. Le Grand Esprit a dit qu'on ne devait pas laisser cela arriver, même si la prédiction en a été faite à nos ancêtres. Le Grand Esprit a dit de ne pas prendre à la terre, de ne pas détruire les choses vivantes.

Aujourd'hui, presque toutes les prophéties se sont réalisées. Des routes grandes comme des rivières traversent le paysage; l'homme parle à travers un réseau de téléphone et il voyage dans le ciel avec ses avions. Deux grandes guerres ont été faites par ceux qui arborent le swastika ou le soleil levant.
Le Grand Esprit a dit que si une gourde de cendres était renversée sur la terre, beaucoup d'hommes mourraient, et que la fin de cette manière de vivre était proche. Nous interprétons cela comme les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki. Nous ne voulons pas que cela se reproduise dans aucun autre pays pour aucun autre peuple; cette énergie devrait servir à des fins pacifiques, non pour la guerre.

Nous, les chefs religieux et porte-parole légitimes du peuple indépendant des Hopis, avons été chargés par le Grand Esprit d'envoyer au Président des Etats-Unis et à tous les chefs spirituels une invitation à nous rencontrer pour discuter du salut de l'humanité, afin que la Paix, l'Unité et la Fraternité règnent partout où il y a des hommes."

 


J’ignore jusqu’à quel point, ils furent pris au sérieux. Ces indiens du nord de l’Arizona dont la langue appartient à la famille uto-aztèque, présentent quelques ressemblances avec les Mayas, pour ce qui concerne leur croyance en plusieurs mondes successifs. Leur référence aux « tablettes sacrées » qu'ils ont reçues, peut également nous faire penser aux gens du Livre et leur table de la Loi (juifs, chrétiens et musulmans). La plus part du temps, ils font référence au Grand Esprit. Quoiqu’il en soit, les Hopis ne se considèrent pas comme les seuls détenteurs de la vérité. D’après eux, d’autres peuples sont chargés de diffuser un message à travers le monde, chacun à leur façon. Toujours selon leurs croyances, l’homme rouge aurait été chargé de veiller sur la terre et la façon dont on la cultive. L’homme jaune aurait été chargé de veiller sur le vent et la façon dont on éveille le souffle en soi. L’homme noir aurait été chargé de veiller sur l’eau, ses cycles et sa circulation. Et l’homme blanc aurait été chargé de veiller sur le feu et la maîtrise de l’énergie…
Les Hopis vont même jusqu’à identifier précisément ces quatre peuples. Bien évidemment, l’homme rouge correspond aux indiens Hopis. L’homme jaune correspond selon eux aux Tibétains. L’homme noir correspondrait aux Kukuyus du Kenya. Et l’homme blanc correspondrait aux Suisses. Ce dernier point est assez étonnant, et on se demande ce que la Suisse a à voir avec la spiritualité et les peuples indigènes, mais après réflexion, on se souvient que Jean-Jacques Rousseau (philosophe genevois), au siècle des Lumières fut porteur d’un message assez similaire quant à l'état de nature. Malgré sa renommée, il préféra vivre en ermite, loin des artifices de la société, contrairement à Voltaire ou Diderot, ses contemporains français. Ceci n’est qu’une hypothèse...  Du reste, ces quatre peuples semblent en difficulté ou totalement en porte-à-faux, face à la maîtrise de leurs éléments respectifs… Notons que l’homme a été chargé de veiller sur la terre, la faune et la flore dans la genèse également, mais que ce devoir originel tarde à s'appliquer.


Dernière étrangeté : les Tibétains auraient rendu visite aux Hopis après la réalisation d’une autre prophétie (Tibétaine, cette fois !) : Quand volera l’oiseau de fer (avion) et que le cheval de fer courra sur les routes, le peuple Tibétain sera dispersé comme des fourmis sur la face de la terre, alors le Dharma viendra au pays des hommes rouges. A partir de 1970, le Dalaï Lama accomplit la prophétie… Qu’il s’agisse de transmettre une sagesse ou une science oubliée, la chose aurait plutôt tendance à nous laisser sceptique, mais pour des hommes qui ont gardé la mémoire des mondes qui furent avant ce monde, il n’est pas si difficile de prophétiser ; car il leur suffit de se souvenir du passé pour décrypter l’avenir…

 
On s’étonne bien souvent de découvrir de glorieux vestiges dont les héritiers semblent amnésiques, dépourvus de force ou de savoir, peinant sur un terrain devenu stérile. On se demande ce qui a bien pu interrompre la transmission, la croissance ou l’épanouissement d’une descendance tombée sous le joug étranger, minée par des guerres intestines, ou totalement évanouie, mais il n’est pas si facile de maintenir la transmission, ni l’équilibre avec les éléments. Parfois, certaines évidences se transforment en énigmes, et il faut alors savoir se retrouver soi même, avant de pouvoir retrouver la clef du mystère.


 

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Jeudi 12 novembre 2009

Rébecca de Daphné du Maurier. 1938.

 

SYNOPSIS : Une jeune demoiselle de compagnie, timide et effacée, rencontre un veuf fortuné, propriétaire d’un somptueux domaine dans l’ouest de l’Angleterre. Contre toute attente, le célèbre Maxim de Winter s’amourache de cette modeste jeune fille et l’épouse en quelques semaines avant de l’emmener à Manderley. D’abord émerveillée, la nouvelle madame de Winter ne tarde pas à découvrir l’ombre de Rebecca, cette première épouse, morte noyée…

 Auparavant déjà, le souvenir de Rébecca planait sur les ragots mondains. Puis, la timide jeune femme l’imagine errer sur le triste visage de son époux. Elle l’imagine parfaite, inoubliable, incomparable. Et bientôt, Rebecca est partout, à travers des empreintes, des objets, des initiales, mais surtout à travers Mrs Danvers : la gouvernante de Manderley.

 Mrs Danvers, cette femme obscure et rigide qui fut entièrement dévouée à Rebecca, ne cesse de rabaisser la nouvelle épouse, de la comparer à la précédente, de lui vanter son caractère et sa beauté, de lui tendre des pièges, de lui murmurer de petites atrocités à l’oreille et d’attiser son angoisse. L’ombre de Rébecca se fait de plus en plus menaçante, jusqu’au jour où une épave vient s’échouer dans la baie. Un cadavre est retrouvé dans le bateau avec lequel Rébecca sombra en mer. Or Rebecca est déjà enterrée dans la crypte du domaine, après avoir été identifiée par Maxim… Petit à petit, les vrais visages apparaissent. La noyée de la crypte est une inconnue. Et la vraie Rebecca n’est pas morte accidentellement. Une enquête est ouverte. La timide madame de Winter découvre alors bien des choses, mais elle découvre surtout qu’elle n’a rien à envier à la véritable Rebecca…

 

****************************************************************************** ***************** LA
CRITIQUE : Plusieurs genres se croisent dans ce roman qui commence comme un conte romantique, se poursuit comme un roman psychologique, se déploie à la limite du surnaturel, frôle le fantastique avant d’amorcer une intrigue policière et de finir comme un drame. Le maître du suspense, Alfred Hitchcock ne s’y est pas trompé en adaptant ce récit au cinéma. Et pourtant, le chef d’œuvre de Daphné du Maurier n’est guère surpassé par le film.

  Il est facile de se glisser dans la peau de la jeune narratrice, naïve et inexpérimentée, de la suivre dans ce royaume près de la mer qu’est Manderley, et de laisser le conte de fée se transformer en cauchemar. Au fur et à mesure du récit, la jeune fille gagne en maturité. Elle ne se laisse plus hanter par des illusions. Elle fait face au réel avec une force de caractère qui étonne son mari, lui-même tenté de s’effondrer devant les évènements.

 Tout au long du roman, c’est une absente qui règne en maître : Rebecca… Rebecca, l’épouse perdue. Rebecca, la femme faite, belle et intelligente. Rebecca, la femme forte et indomptable… A chaque instant, le lecteur s’attend à la voir ressurgir. Et en effet, elle ressurgit ! Mais sous la forme d’un cadavre en décomposition. Un cadavre toujours menaçant, à cause des secrets qu’il risque de révéler sur les circonstances de sa mort.

 L’espace de quelques minutes, la puissante Rebecca nous apparaît comme une victime, mais les apparences tiennent à rester trompeuses tout au long du roman. Y a-t-il eu meurtre, accident, suicide ? Le tour de force de Daphné du Maurier aura été d’encastrer la vérité au cœur du mensonge… Car l’admirable Rebecca est haïe. La femme idéale est une créature machiavélique. Se sachant condamnée par une maladie incurable, elle provoque Maxim par des mensonges, et le pousse au meurtre afin de l’entrainer avec elle dans sa perte… De ce dernier combat avec l’ombre de Rebecca, la nouvelle madame de Winter sortira vainqueur. Elle pourra rentrer dans son domaine près de la mer au bras de son époux, jusqu’à l’horrible scène finale… Qui laisse un goût de cendres.

 

 

Par Elisabeth - Publié dans : Critiques littéraires
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Jeudi 12 novembre 2009

La mort à Venise de Thomas Mann. 1912.

 

 

SYNOPSIS : Gustave Aschenbach est un écrivain vieillissant, depuis longtemps reconnu pour son talent et ses œuvres. Alors qu’il travaille sur un livre, il est soudain pris d’une violente envie de partir en voyage. C’est à Venise qu’il ira…

 Malgré la splendeur des palais vénitiens, il se souvient que cette ville l’a déjà rendu malade par le passé et qu’il n’a jamais pu y séjourner longtemps. Quelque chose de fétide semble flotter dans l’air. La puanteur des ruelles et les relents des canaux lui montent à la tête, mais il ne peut plus partir. Quelque chose le fascine désormais ici : un jeune garçon  nommé Tadzio  a croisé son chemin au restaurant de l’hôtel, et Aschenbach est resté stupéfié par sa beauté. Beauté plus parfaite qu’aucune œuvre de l’esprit !

 Presque jaloux de cette beauté, l’écrivain s’absorbe totalement dans la contemplation de l’enfant. Pourtant, une épidémie de choléra rôde dans la ville. Les autorités tentent de dissimuler la rumeur, mais les gens avertis s’en vont peu à peu, avant que Venise ne soit mise en quarantaine…  Aschenbach sait tout cela, mais il reste. Malade, affaibli, il continue de suivre le garçon du regard, sur la plage, dans le hall, dans les ruelles, partout où il aperçoit son image… Entre obsession morbide et révélation mystique, le vieil homme tente vainement de rejoindre l’idéal qu’il n’a fait qu’effleurer toute sa vie… Sa mort ne tardera plus longtemps.


 

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LA
CRITIQUE : Ce court récit tout en atmosphères saisit d’abord le lecteur par la beauté du langage. Il n’y a pratiquement pas d’intrigue, et l’issue est déjà annoncée. Néanmoins, Thomas Mann parvient à faire ressentir au lecteur chaque impression du personnage, tout au long de son dernier voyage.

 Aschenbach promène sur la ville un œil d’artiste. Le moindre détail prend une coloration étonnante. Ainsi, dès son arrivée à Venise, l’écrivain est frappé par les manies extravagantes d’un jeune homme agité et bruyant, puis s’aperçoit soudain que ce jeune homme est « faux ». Sa jeunesse est artificielle ; c’est un vieillard maquillé, perruqué, à la moustache teinte et aux vêtements trop vifs qui se tient devant lui. Aschenbach en est presque épouvanté. Un peu plus tard, le jeune Tadzio apparaîtra à son tour dans sa pureté éblouissante. Les contrastes se succèdent souvent de la sorte au fil des pages… La beauté féérique de Venise laisse place à un labyrinthe de ruelles malsaines où rôde le choléra. Un sentiment d’étouffement maladif succède à l’émerveillement de l’arrivée. La tristesse d’un départ précipité est subitement anéantie par l’envoi inopiné de ses valises dans une mauvaise direction, ceci le forçant à demeurer à l’hôtel. Une joie invraisemblable succède alors à la tristesse du départ ; la joie lugubre et incompréhensible de se retrouver prisonnier dans la ville avec l’objet de son obsession.

 Le jeune Tadzio n’est pourtant pas une illusion, ni un symbole éthéré. C’est un jeune garçon bien réel, âgé d’environ quatorze ans. Il parle polonais et a trois sœurs aînées qu’Aschenbach a le loisir d’observer lorsque le petit groupe s’attable au restaurant, sous la surveillance de leur gouvernante. Les femmes qui surveillent Tadzio finissent d’ailleurs elles-mêmes par s’apercevoir du regard insistant de cet étranger et le rappellent vers elles dès qu’il s’aventure trop près de l’écrivain. Ce dernier en ressent une blessure profonde, la honte d’être soupçonné de quelque penchant malsain…Mais qu’en est-il vraiment ? Là encore, les contrastes se succèdent. De la pure contemplation à l’impulsion obsessionnelle, tous les états se succèdent dans le cœur du vieil homme. Aschenbach tente de modeler son écriture sur les formes idéales du jeune garçon, avant de se fondre entièrement dans son image et de s’y évanouir.

Par Elisabeth - Publié dans : Critiques littéraires
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Jeudi 12 novembre 2009

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J'inaugure ici une nouvelle catégorie :
MES CRTIQUES LITTERAIRES, sur l'insistance d'un ami cher, qui souhaitait que mon labyrinthe offre un accès "pratique"... Bref, j'ouvre donc un espace de partage, dédié à mes lectures, à leur présentation et à leur décodage. Une petite trève à l'errance, donc...
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Les possédés de Fédor Dostoïevski. 1872.


 

SYNOPSIS : Dans une province russe, un petit cercle de littérateurs se forme autour de Varvara Stravoguine,  une veuve fortunée et extravagante, férue d’idées « nouvelles ». Un intellectuel sur le déclin, Stépan Verkhovenski, grotesque et romantique à tendance mythomane, se charge de l’éducation de son fils unique : Nicolas Stravoguine, tout en animant les soirées de ce salon insignifiant… Insignifiant, jusqu’au jour où une société plus inquiétante s’y insinue…

 Le retour des « enfants » Stravoguine et Verkhovenski après leur premiers pas dans le monde, marque le début des turbulences dans cette bonne ville de province.

 Nicolas Stravoguine, d’une beauté glaciale, envoutante et charismatique, apparaît bientôt dans un parfum de scandales et de blasphèmes en tout genre. Dans son ombre, officie le jeune Piotr Verkhovenski, chef d’un petit groupe nihiliste et révolutionnaire, à la limite du terrorisme. Le mot d’ordre semble être : Pour l’ébranlement systématique de tous les fondements, la décomposition systématique de la société et de tous les principes. Leur organisation demeure secrète et les apparences sont sauvées par des masques courtois, mais autour d’eux s’agite toute une galerie de personnages comiques et terrifiants, emportés par leur passion, leur rancœur et leur fanatisme, jusqu’au moment des règlements de compte…


 

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LA
CRITIQUE : On a souvent dit que ce livre était difficile d’accès. Il est vrai que l’intrigue ne se met pas tout de suite en place. Mais c’est que Dostoïevski accorde une importance particulière aux parents des futurs « possédés ». L’étrange amitié qui lie la veuve Stravoguine au pseudo littérateur Stépan Verkhovenski n’a rien d’anodin dans le livre… En effet, ils portent en germe les idées de leurs enfants et les leur inoculent en toute innocence.

Si les parents rêvent déjà de socialisme, d’égalité et de liberté, ils ne font qu’en rêver dans le confort de leurs petits salons, confinés dans le périmètre sécurisant de leur luxueuse propriété, sans voir le poison distillé par leur hypocrisie. Mais la génération nouvelle ne se contentera pas de bavarder à l’abri des salons littéraires ; elle passera à l’acte, descendra dans les bouges populaciers et ébranlera jusqu’aux fondements de la société, n’ayant pas d’autre choix que la destruction pour se frayer un passage.

 Nicolas Stravoguine endosse  le rôle du grand blasphémateur. Son visage parfaitement beau n’exprime rien. Il bafoue invariablement les femmes de la haute société, insulte les notables, humilie sa propre fiancée, épouse légitimement une mendiante boiteuse à demi folle (qui périra étrangement, une fois devenue gênante), engrosse la femme d’un camarade, enflamme les cœurs, les dégoutent, et s’anéantit lui-même. Sa mère le compare à Hamlet et dit se reconnaître en lui… En fait, il est impuissant à choisir résolument une cause, malgré tous les espoirs que son aura suscite. Il s’embourbe dans ses contradictions avant de tout rejeter dans le néant et de se laisser balloter au gré des ses instincts, plus souvent vils que sublimes. Il est même excédé que tant de gens s’attendent à quelque chose de divin de sa part, lui qui ne croit en rien.

 Quant à Piotr Verkhovenski, il est parfaitement lucide sur sa propre médiocrité, parfaitement méprisant envers celle de son père, et totalement résolu à s’en servir comme d’une arme pour endormir la méfiance de son entourage et manœuvrer les gens à leur insu.

  Le personnage de Chatov (l’époux de la femme engrossée par Nicolas) est un repenti de ce petit groupe révolutionnaire qui paiera chèrement son départ de l’organisation. Sensé incarner les idées de Dostoïevski sur l’âme russe et l’orthodoxie, ce personnage ne parvient pas à prendre de l’ampleur, et sa voix se laisse étouffer dans la multitude foisonnante du roman.

 Certes, Il est difficile d’entrer dans le livre et de s’identifier à un personnage. Le lecteur est préservé de la folie, mais condamné à rester spectateur de la vague qui emporte chacun des protagonistes vers l’enfer…

 

Par Elisabeth - Publié dans : Critiques littéraires
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Lundi 9 novembre 2009
Aujourd'hui, en cet anniversaire de la chute du mur berlinois : un petit retour sur ce parfait symbole des "murailles idéologiques"... Et pour illustrer ce symbole par un autre symbole (oui oui, c'est ma spécialité), j'ai choisi une petite chanson de Marlène Dietrich. En voici les paroles, restituées en bon allemand :

JOHNNY


Johnny, Wenn Du Geburtstag Hast,
bin ich bei dir zu Gast die ganze Nacht.

Johnny, ich träume soviel von dir,
ach, komm doch mal zu mir
nachmittags um halb vier.

Johnny, Wenn Du Geburtstag Hast
und mich dein Arm umfaßt die ganze Nacht,

Johnny, dann denke ich noch zuletzt,
wenn du doch jeden Tag Geburtstag hätt'st.
(bis)

Marlène Dietrich naquit à Berlin en l'an 1901, et ne fut pas simplement la spectatrice des turbulences idéologiques qui agitèrent ce siècle... Sa naturalisation américaine et sa prise de position anti-nazi lui valurent quelques crachats lorsqu'elle tenta un retour au pays. Star hollywoodienne par excellence, elle ne fut pourtant pas épargnée par le maccarthisme, et figura sur la liste noire du cinéma dans les années 50, au plus fort de la guerre froide...
Quant à cette charmante petite muraille, érigée dans la nuit du 12 août 1961, qui tomba le 9 Novembre 1989, et qui séparait auparavant la RDA de la RFA,  elle fut le dernier "emblème" de ladite guerre froide. Ici : les rigueurs du système communiste, et là : les séductions du monde libre, sur fond de libéralisme marchand... Entre les deux : 302 miradors, des chiens d'attaques, des gardes soviétiques armés, du béton et des barbelés... Depuis la chute de ce rideau de fer, le paradis tarde pourtant à s'instaurer sur le globe. Comment donc est-ce possible ? Les choses ne seraient-elles pas aussi manichéennes ? Hohohooo...

 

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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