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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ... 

     

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir... Mirages... Eden céleste et stars terrestres... Mythes et codes...

Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines... Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...




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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 14:58

Il m'est arrivé de penser à elle plusieurs fois, ces derniers temps. Je la trouve triste et sombre. L'image de la roulotte m'est venue à l'esprit, un peu comme celle de la foire... Un spectacle itinérant... La petite Margarita dansait dès l'âge de quatre ans. Bien avant que son effigie ne soit peinte sur l'une des premières bombes atomiques, avant de devenir l'archétype de la star, avant d'épouser l'"enfant terrible" du cinéma, puis un prince oriental et quelques autres, avant de descendre aux enfers, avant de boire l'eau de mort à la fontaine de l'oubli, avant cela... Margarita dansait. Gravement et sans plaisir, puisque tel était le devoir que son père lui avait assigné : danser.
En somme, elle fut toujours belle et souple, idéale à modeler. Et dans un premier temps, son père s'employa à la vieillir afin d'en faire sa partenaire de numéro. Ce monsieur avait monté une école de danse latino, une troupe familiale, le "Dancing Cansino" et possédait une roulotte. Ainsi fardée et exposée, notre petite danseuse attira l'attention d'un producteur vaguement douteux. Une voie nouvelle s'ouvrit devant elle (pas très différente de celle qu'elle suivait déjà, en fait, mais sous rita.jpgune autre forme, alors...). Au long de ce chemin, elle fut à nouveau modelée. Cela arriva souvent, mais ce fut progressif. Des choses banales. On transforma son nom et sa chevelure, on lui arracha quelques dents pour creuser le visage. On lui dégagea le front en la dépouillant d'une bande de cheveux par electrolyse : ce fut son premier scalp.
Puis la rousse Rita Hayworth poursuivit son bonhomme de chemin jusqu'au firmament des stars, toujours
dans sa roulotte, quelque part... Sans doute fut-elle dévorée par une créature qu'elle incarna tout particulièrement : Gilda. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. "Les hommes, disait-elle, tombent amoureux de Gilda, et se réveillent avec moi"... Ce fut à cette époque que tomba Orson Welles, après avoir vu une photo de la star et fait le pari qu'il l'épouserait. Une fois la pari gagné et un enfant conçu,  les choses tournèrent mal. Juste avant le divorce, le couple tourna ensemble La dame de Shanghaï, seul film où Orson Welles eut l'occasion de diriger sa future ex femme. Certains crurent  percevoir un symbole vengeur dans la nouvelle coiffure que le Rita Hayworth Blonderéalisateur imposa à son épouse. Le geste fut filmé, et c'est avec horreur que le producteur Harry Cohn vit Orson Welles brandir des ciseaux et couper la crinière rougeoyante de Rita, après l'avoir décolorée. Ce fut son second scalp. Et puis elle poursuivit sa route. Elle fut princesse, un temps. Elle retourna à Hollywood. Elle dansa encore. Le succès ne fut plus souvent au rendez vous. Elle commença à boire... L'une de ses filles, la princesse Yasmina, déclara plus tard dans un documentaire que sa mère n'avait pas d'ego (n'ayant jamais pu construire sa propre estime d'elle-même). Ce fut un long déclin. Rita Hayworth sombra dans l'oubli, mais l'oubli de ceux qui n'ont jamais su qui ils étaient, et mourut de la maladie d'Alzheimer.
 Il me semble qu'aucune actrice ne fut autant promenée et montrée. Une sublime bête de foire, un bel objet d'art, une précieuse marchandise (accéssoirement, une bonne actrice)... Je ne sais pas trop quelle image retenir. Ou plutôt, je ne le sais que trop : à la fin du film La dame de shanghaï, l'héroïne agonise dans un labyrinthe de miroirs brisés. Une image sans images, où les images ont diparu.
  

 

miroirs-de-la-dame-de-shangai.jpg

 

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 19:58
Autre lieu de croyance irrationnelle : la sphère économico financière.
S'agit-il de savoir, de croire ou de faire croire ? Le monde des spéculateurs et des économistes n'est pourtant pas dénué de finesse mathématique. Or justement, la finesse mathématique n'est fine que lorqu'elle opère sur des modèles conçus pour elle, par elle et selon elle.
John Maynard Keynes écrivait en 1936 : "
Une beaucoup trop grande part de travaux récents d'économie mathématique consiste en des élucubrations aussi imprécises que les hypothèses de base sur lesquelles ces travaux reposent, qui permettent à l'auteur de perdre de vue les complexités et les interdépendances du monde réel, en s'enfonçant dans un dédale de symboles prétentieux et inutiles".
La chose est toujours d'actualité. Je ne citerai même pas les affaires en cours :)
Keynes comparait les valeurs boursières à des candidates de concours de beauté. Douce allusion aux apparences... Pour gagner en Bourse, il ne faut pas investir sur l'entreprise la plus rentable, mais sur celle dont tout le monde pense qu'elle est la plus rentable. D'où l'inquiétante supérorité de mythe, quelles que soient les circonstances.
Je travaille activement sur ce sujet, et je sens depuis plusieurs mois des parallélismes étranges entre économie et religion. Tout repose, une fois de plus sur la foi (aveugle) dans un système obscur. La chose pourrait sans doute s'expliquer et se dénouer au niveau des "mécanismes du désir". C'est ainsi que l'homme fonctionne, alors après tout, spéculons.
Un autre labyrinthe, en somme.
Ou bien, c'est toujours le même...
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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 15:59
Qu'on se le dise : le labyrinthe est une tombe. Ou bien il englobe une tombe, ou bien c'est à l'intérieur d'une tombe qu'on en retrouve le tracé... Les plus anciens vestiges semblent venir d'Egypte où il convenait de protéger l'accès de la chambre funéraire. Mais les figures labyrinthiques remontent encore beaucoup plus loin. Probablement est-ce la structure même du raisonnement humain.
Le labyrinthe préserve le repos du mort, alors même qu'il entrave la progression du vivant, lequel (s'il se trouve là) a donc violé ledit sanctuaire. Mais pourquoi prendre le risque de s'y égarer ? C'est que la tombe en question renferme les effets personnels du mort, indispensables à sa transmigration vers une hypothétique renaissance. On est toujours tenté de la piller (cette tombe), de se glisser dans le costume de quelque prédécesseur, non seulement de revêtir ses parures, mais aussi la somme de ses expériences, le poids de sa mémoire.
On s'engage donc dans le labyrinthe, mais il n'y a plus ni temps ni lieux. Nous ne sommes nulle part. Ce n'est plus le tombeau d'un autre qui se trouve en son centre. Et on risque fort d'y rencontrer un géant à la tête cornue (plus communément nommé Minotaure). On peut toujours essayer de fuir, certes, mais le combat n'en sera que retardé...
Voilà, à défaut d'un fil d'Ariane, quelques indications de plus...

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 20:11
Certaines personnes se sont demandées à quoi servait ce site. En d'autres termes, à quoi bon cette suite d'articles sans lien et ce flot d'images illicites ???
Hé bien, c'est un labyrinthe. Un univers mental, dirais-je. Et peut être même schizophrénique... Alors bien sûr, on ne perçoit pas forcément le caractère pragmatique de la démarche.
Dans un premier temps, il convient d'établir une banque de données. C'est à dire ouvrir des espaces où viennent s'inscrire diverses imageries, narrations, idées... Ensuite seulement, il sera temps de dérouler un fil d'Ariane pour peu qu'on se sente un peu perdu.
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 15:38

Le mythe a coutume de glisser sur la fine lame du rasoir, entre mensonge et vérité. En somme,  c'est une vérité signifiée par un artifice.  Une habile machinerie dont chacun des rouages participe d'un symbole révélateur... C'est une vieille manie, toute personnelle au genre humain.
 
En premier lieu, il y a le mythe de l'Eternel retour, cher aux stoïciens et à Nietzsche. En somme : le mythe agraire du retour à la vie, du cycle des saisons et du passage à travers la mort. Ce mythe englobe tous les autres en lui-même, mais il ne revêt jamais la même forme. En effet, qu'y a t'il de commun entre la fête du printemps, la descente aux enfers, la nuit des morts, ou la traversée du désert ?

L'ultime tentation de l'homme, c'est d'en fabriquer un. Un mythe. Or, le mythe ne se fabrique pas. Il jaillit tout armé, tout beau et tout brillant, sans prévenir de son entrée en scène. Ses armes sont d'une autre nature que les nôtres. Pendant longtemps, on ne le perçoit pas... Bien sûr, il appartient toujours aux premiers qui le flairent et qui s'en emparent. C'est d'ailleurs là qu'il se pétrifie, car il ne brille jamais tant que lorsqu'il  a cessé de vivre.

Aujourd'hui, il convient de fabriquer son propre mythe. En d'autres termes, il convient de mentir. Et même, disons franchement qu'il convient de pourrir (pourrir vivant, comme dirait l'autre).  Faisons une minute de silence, puis ouvrons grands les yeux. Car, où est il passé ? Le mythe. Le significatif... Il est partout, oui. C'est donc qu'il n'est nulle part. Il emprunte des formes successives, certes. Il s'habille du flux des temps. Oui mais...

 Le mythe n'arrive pas n'importe comment, et il ne revêt pas n'importe quelle forme. Parmi tant d'imageries diverses, tant de masques enchevêtrés, il commence toujours par venir nu. Nu et seul. Sans autres échos. Infiniment lointain de tout ce qui braille. Voilà sur quoi je médite en ce moment. Je tends l'oreille et les narines. Probablement... sans doute... après la longue parade des mythomanes en lunettes noires, quelque chose va jaillir, comme Vénus surgissant de l'écume.

Simple intuition.

 

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 19:53

A moins d'être très vivement interpelée par mes si silencieux visiteurs, je ne pense pas remettre de si tôt les pieds dans ce labyrinthe.

Ai-je trouvé une issue ? Hum... pas sûr. Mais il existe sans doute une autre rive que je m'en vais explorer. Son adresse :

 http://etre-en-lettres.over-blog.com

J'espère bien y trouver autre chose qu'un miroir...

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26 juillet 2006 3 26 /07 /juillet /2006 12:58

La beauté est une chose étrange... L'autre jour, je suis tombée sur Mythologies de Roland Barthes. Et plus exactement sur le chapitre qui porte sur le visage de Garbo. En voici un extrait : "Garbo appartient encore à ce moment du cinéma où la saisie du visage humain jetait les foules dans le plus grand trouble, où l'on se perdait littéralement dans une image humaine comme dans un philtre, où le visage constituait une sorte d'état absolu de la chair..."


Il me semble que si Greta Garbo vivait à notre époque, elle passerait pour une femme ordinaire. Je veux dire, sur un plan strictement plastique. Parce que cette sorte de beauté est faite de mystère, c'est à dire : de distance, d'art et de murs infranchissables. "Le fard a l'épaisseur neigeuse d'un masque; ce n'est pas un visage peint, c'est un visage plâtré"... 
 Aujourd'hui, on assiste plutôt à un étalage d'imageries. Le voyeurisme est de mise -- point de murs infranchissables. Et d'ailleurs, dès qu'on a vu de près de quoi il est question, dès qu'on l'a épluché, consommé, digéré, on s'en détourne avec un léger mal de ventre, avant de se mettre en quête d'une nouvelle marchandise.
 Hum hum...  La véritable fascination semble toujours venir d'un au-delà morbide. Ce qui est également valable pour le visage de Dietrich ne l'est déjà plus pour celui de Marilyn (trop proche, trop palpable). Non non, dans le cas de Monroe, il faut une mort tragique pour soutenir la légende...


Je pensais à ça aujourd'hui, en ces jours de canicule où les foules se précipitent dans les fraîches catacombes de Paris et déambulent parmi les ossements humains. Il fait chaud dehors, d'accord. Mais il ne fait pas seulement frais dans les catacombes. Il y a autre chose de troublant...


Parfois, il n'y a même pas besoin de chair pour qu'un crâne soit fascinant. Au contraire; on se
 retrouve face à une matière brute, débarassée du moindre élément putrescible. (Ho là, je suis de sombre humeur, je n'aurais pas du relire Hamlet). Non, c'est vrai, j'ai toujours été fascinée par ce genre de beauté. Et même ce genre d'ambiance. Sinon, il y a aussi des attractions plus "pulsionnelles". Des stimuli vitaux, en somme, comme la faim ou la soif... Mais en fin de compte, il faut éprouver le vertige (je dirais même la peur) pour savoir ce qu'est le charme.

 

C'était la pensée du jour et rien de plus.

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 21:54

Une nymphe s'appelait Echo. Echo aimait Narcisse... Narcisse aimait Narcisse... Echo était captive de l'écho d'autres voix ; Narcisse était captif de son propre reflet. Tel est le mythe. Il faut saluer les grecs antiques pour leur génie de la personnification. Pour chaque recoin de l'âme humaine (tendance, complexe, passion, haine, jusqu'aux névroses mêmes...) ils surent trouver un personnage illustrant "dans sa chair" l'état d'âme en question. Mais qu'en est il de nous aujourd'hui ?

Oui, nous avons bien des ressemblances avec Narcisse. Comme lui (figé au bord des eaux, l'oeil scrutant une image) nous percevons machinalement la voix d'une petite nymphe, postée juste à côté. Nous ne savons pas son nom, mais nous savons qu'elle nous répète toujours les mêmes slogans : ondes sonores pour ondes visuelles. Quels sont-ils, ces slogans ? Hum... Il y a le choix. Ca ressemble à des sentences tyranniques. Mais des sentences enveloppées de la plus extrême douceur, stratégiquement orientées vers notre beau nombril. Par exemple : "Prends soin de toi ; Tu le vaux bien ; N'imite pas, innove ! ; Just do it !" ... Oui oui, la pub m'indispose.

C'est dommage, d'ailleurs, cette intime connaissance des mécanismes du désir, si habilement déployée pour en arriver là (un vulgaire marchandage). Il y aurait là tout un théâtre des profondeurs à explorer... Mille personnages jaillissant de leurs ondes immobiles et échappant à la noyade. Je dis ça parce qu 'on s'ennuie ferme au bord de l'eau (cette eau là), coincé entre Echo et Narcisse. La vie s'anime au gré des rencontres, mais ces deux là ne rencontrent jamais qu'eux mêmes, quelle que soit la matière où ils posent le regard... Et quel que soit l'espace où retentit leur voix.

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29 juin 2006 4 29 /06 /juin /2006 08:47

Dieu n'est pas mort de mort naturelle ; quelqu'un l'a tué... Tel est le diagnostic de Nietzsche. Ce quelqu'un est un homme particulièrement pudique. Hideux, de surcroît. Mais pudique avant tout.

 

En abordant ce sujet là, Nietzsche déploiera des trésors de mise en scène. Etrangement, ce héros, ce triomphateur de Dieu, ce conquérant de lui même, nous est donné à voir comme une vague créature, une chose honteuse, ayant à peine figure humaine, une chose assise au bord du chemin, dans un lieu vide et désolé...


Lentement, progressivement, Nietzsche décrira le paysage où surviendra la créature :

 " Lorsque le chemin de nouveau contourna un rocher, voici que changea d'un coup le paysage, et dans un royaume de mort Zarathoustra fit son entrée. Là se dressaient des roches noires et rouges ; ni herbe, ni arbre, ni chant d'oiseau. C'était là un val que fuyaient toutes bêtes, même de proie, sauf qu'une sorte de serpents hideux, épaix et verts, venaient là pour mourir..."

Voilà donc le décor posé. Et voilà que la "chose" interpellera le philosophe en lui lançant une devinette : " Zarathoustra ! Zarathoustra ! Devine mon enigme ! Parle ! Parle ! Qu'est-ce que la vengeance sur le témoin ? (...) Sagace tu te crois ô fier Zarathoustra ! Devine donc l'enigme ô dur casseur de noix. L'enigme que je suis. Parle donc. Qui suis-je, Moi ?"

Non sans avoir rougi, non sans avoir tremblé et repris ses esprits, le philosophe lui répondra : "Je te reconnais bien; tu es le meurtrier de Dieu. (...) Tu n'as souffert celui qui te voyait, toi, -- qui te voyait toujours et tout entier, ô toi le plus hideux des hommes ! Sur ce témoin tu t'es vengé !"

Quant à moi je ne puis retenir ma surprise devant une telle révélation. Ainsi la pudeur de l'homme serait la cause de la mort de Dieu ? En fait, si nous le regardons à la lumière contemporaine, je me demande de quoi il pourrait avoir honte,  ce pâle négateur, en ce siecle de grand étalage... Aujourd'hui, plutôt qu'un Dieu, nous avons des idoles. Nous avons "le plus froid de tous les monstres froids" et quelques autres agréments... Nous avons de belles images de nous mêmes, des jeux et des écrans où projeter nos "identités", de sorte qu'aucun de nous n'a honte de se laisser voir. Au contraire, l'exhibition est de rigueur ; tout le monde se montre ou voudrait se montrer. Tout le monde a quelque chose à jeter sur la place publique (ou à mettre en ligne). Avec plaisir, parfois, nous répandons nos entrailles sous le nez des passants. Alors comment expliquer la pudeur du plus hideux des hommes ? Quoi ?  Parce qu'il est hideux ? Mais il y en a partout, des hideux qui s'exhibent sans pudeur, sans la moindre conscience de leur propre hideur... Hum, ce serait donc à nouveau un problème de conscience. Homme lucide, je suppose. Capable de se voir en face. Capable de sentir même un oeil surhumain. Face à Zarathoustra, voilà l'explication qu'il donne  :

"Lui ne pouvait que mourir : il voyait avec des yeux qui voyaient tout. Il voyait de l'homme les fonds et fondements, toute son ignominie et sa hideur cachées. Sa compassion ne connaissait aucune pudeur ; il se glissa dans mes plus sales recoins. De tous le plus curieux, le trop indiscret, le trop compatissant, celui là ne pouvait que mourir. Il me voyait toujours : sur ce témoin j'ai voulu me venger, ou bien moi même ne pas vivre. Le Dieu qui voyait tout, même l'homme, ce Dieu ne pouvait que mourir ! Point ne tolère l'homme que vive pareil témoin."

Mais est-ce vraiment d'un Dieu, ce regard insidieux qui s'insinue partout ? On croirait qu'il parle de la presse, avec tout son arsenal émotif et sensationnel (faudra-t'il donc l'assassiner, elle aussi ?)... Je m'égare, peut-être. D'ailleurs pareille impudeur est fort bien tolérée de nos jours. Et puis, qui peut descendre en lui même, à ce niveau de profondeur ? A ce niveau intolérable où nul autre n'est autorisé à descendre avec soi ?

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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 13:23

Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien choisi mon heure)...


Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.

Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos... Passons.


En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude, l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle indignée).

Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même  de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...

Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.

 

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