Un labyrinthe : espace mental et collectif. Un jeu, des texte, une trame. Toute la question du fil d'Ariane. Ici, celui d'Elisabeth...
S'il est vrai que l'art consiste à harmoniser les choses entre elles, on peut dire que l'éloquence est l'art de la parole, que la musique est celui des fréquences sonores, que la représentation est celui des images, etc... Enfin, tout ça pour en conclure que la danse est l'art du geste. Du mouvement...
Plus que du geste ou du mouvement, il s'agit même de l'art de l'Acte. Pourquoi le dieu Shiva est-il représenté dansant, créant et et détruisant les sphères à chacun de ses pas ? Chacun de ses mouvements est sensé avoir d'infinies répercussions. Il y a là quelque chose qui ressemble à un rituel (où chaque geste vient méthodiquement s'encastrer dans le symbole qui lui correspond) mais aussi quelque chose qui insinue un magnétisme... Quand je dis magnétisme, je veux parler d'une loi élémentaire : la force de gravité.
Chaque corps (terrestre, celeste ou que sais-je ?) se déplace selon son poids et va tourner autour d'un autre, lequel ira lui même graviter autour d'un astre plus grand, formant ainsi des systèmes solaires, une galaxie, des univers... N'est-ce pas ainsi à tous les niveaux ?
Et que dire des météorites qui servent de témoins aux étoiles éclatées dont les poussières viennent s'abattre sur les rondes harmonieuses des astres en ordre ? (car celui qui ne trouve pas sa place dans la ronde, s'élance dans le vide et tombe). Bref, contempler la danse des corps est toujours instructif.
Parfois, on met un peu de temps à comprendre la chorégraphie qui nous incombe. Il y a toujours une heure pour le chaos, mais tout ce qui s'accomplit repose sur un rythme et une harmonie. C'est pourquoi (à l'instar du lapsus) un faux pas est rarement innocent.
Et le Maître du Temps doit raffoler des farandoles.
Il est vrai que ce cher Shiva se fait aussi régulièrement piétinner par son énergique épouse, Kali. La déesse de la mort, danse aussi à sa façon... Que tourne la ronde!