Autre lieu de croyance irrationnelle : la sphère économico financière.
S'agit-il de savoir, de croire ou de faire croire ? Le monde des spéculateurs et des économistes n'est pourtant pas dénué de finesse mathématique. Or justement, la finesse mathématique n'est fine que lorqu'elle opère sur des modèles conçus pour elle, par elle et selon elle.
John Maynard Keynes écrivait en 1936 : " Une beaucoup trop grande part de travaux récents d'économie mathématique consiste en des élucubrations aussi imprécises que les hypothèses de base sur lesquelles ces travaux reposent, qui permettent à l'auteur de perdre de vue les complexités et les interdépendances du monde réel, en s'enfonçant dans un dédale de symboles prétentieux et inutiles".
La chose est toujours d'actualité. Je ne citerai même pas les affaires en cours :)
Keynes comparait les valeurs boursières à des candidates de concours de beauté. Douce allusion aux apparences... Pour gagner en Bourse, il ne faut pas investir sur l'entreprise la plus rentable, mais sur celle dont tout le monde pense qu'elle est la plus rentable. D'où l'inquiétante supérorité de mythe, quelles que soient les circonstances.
Je travaille activement sur ce sujet, et je sens depuis plusieurs mois des parallélismes étranges entre économie et religion. Tout repose, une fois de plus sur la foi (aveugle) dans un système obscur. La chose pourrait sans doute s'expliquer et se dénouer au niveau des "mécanismes du désir". C'est ainsi que l'homme fonctionne, alors après tout, spéculons.
Un autre labyrinthe, en somme.
Ou bien, c'est toujours le même...