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Un labyrinthe : espace mental et collectif. Un jeu, des texte, une trame. Toute la question du fil d'Ariane. Ici, celui d'Elisabeth...

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Mythe, ô Manie

Le mythe a coutume de glisser sur la fine lame du rasoir, entre mensonge et vérité. En somme,  c'est une vérité signifiée par un artifice.  Une habile machinerie dont chacun des rouages participe d'un symbole révélateur... C'est une vieille manie, toute personnelle au genre humain.
 
En premier lieu, il y a le mythe de l'Eternel retour, cher aux stoïciens et à Nietzsche. En somme : le mythe agraire du retour à la vie, du cycle des saisons et du passage à travers la mort. Ce mythe englobe tous les autres en lui-même, mais il ne revêt jamais la même forme. En effet, qu'y a t'il de commun entre la fête du printemps, la descente aux enfers, la nuit des morts, ou la traversée du désert ?

L'ultime tentation de l'homme, c'est d'en fabriquer un. Un mythe. Or, le mythe ne se fabrique pas. Il jaillit tout armé, tout beau et tout brillant, sans prévenir de son entrée en scène. Ses armes sont d'une autre nature que les nôtres. Pendant longtemps, on ne le perçoit pas... Bien sûr, il appartient toujours aux premiers qui le flairent et qui s'en emparent. C'est d'ailleurs là qu'il se pétrifie, car il ne brille jamais tant que lorsqu'il  a cessé de vivre.

Aujourd'hui, il convient de fabriquer son propre mythe. En d'autres termes, il convient de mentir. Et même, disons franchement qu'il convient de pourrir (pourrir vivant, comme dirait l'autre).  Faisons une minute de silence, puis ouvrons grands les yeux. Car, où est il passé ? Le mythe. Le significatif... Il est partout, oui. C'est donc qu'il n'est nulle part. Il emprunte des formes successives, certes. Il s'habille du flux des temps. Oui mais...

 Le mythe n'arrive pas n'importe comment, et il ne revêt pas n'importe quelle forme. Parmi tant d'imageries diverses, tant de masques enchevêtrés, il commence toujours par venir nu. Nu et seul. Sans autres échos. Infiniment lointain de tout ce qui braille. Voilà sur quoi je médite en ce moment. Je tends l'oreille et les narines. Probablement... sans doute... après la longue parade des mythomanes en lunettes noires, quelque chose va jaillir, comme Vénus surgissant de l'écume.

Simple intuition.

 

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