Un labyrinthe : espace mental et collectif. Un jeu, des texte, une trame. Toute la question du fil d'Ariane. Ici, celui d'Elisabeth...
Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien choisi mon heure)...
Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.
Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos... Passons.
En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude, l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle indignée).
Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...
Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.