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Un labyrinthe : espace mental et collectif. Un jeu, des texte, une trame. Toute la question du fil d'Ariane. Ici, celui d'Elisabeth...

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JUNGLES et JARDINS

Il y a toujours quelque chose qui germe quelque part, et que l'on cultive (ou pas).
Des jungles et des jardins, oui... Mais aussi des terrains vagues, des marais, un terreau quelconque, enfin.
J'aime beaucoup les jardins chinois et japonais. On y trouve toujours un plan d'eau (un lac ou un étang). Des roches. Des floraisons particulières. Un exemple d'architecture...
Tout y semble toujours très naturel. La main de l'homme y reste discrète, quoiqu'il y ait sans doute une grande dextérité derrière ce naturel apparent.
Bien loin de cette influence taoïste, se déploie le jardin français. Ici même, dans ce labyrinthe, nous errons présentement parmi des formes géométriques et des conceptions dévolues à l'"hermétisme". Ce n'est pas en pleine nature que nous nous promenons, mais dans un dédale cérébral.
Au moins, nous sommes prévenus.


Le jardin n'a rien d'anodin. Non non non. Il a un rapport direct avec l'homme depuis son apparition sur terre, ou sa création dans l'univers... La génèse à laquelle se rapportent les trois monothéismes évoque le rôle d'Adam dans le jardin originel. Cet Eden...
Certes, les chinois ne s'y réfèrent pas, mais il y a des choses qu'on sait sans savoir.
Adam, donc, était sensé nommer les êtres vivants; puis leur ayant donné un nom, en prendre soin et les cultiver.
Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé (enfin si, tout le monde le sait : la connaissance!), mais la terre lui devint hostile, et il fallut qu'il l'exploite durement pour en tirer quelque chose...
Ensuite il y eut des jungles farouches, mais aussi des déserts. Nos jardins d'origine sont désormais invisibles. En faisant très attention, cependant, on peut voir le jardin dont nous sommes issus et qui nous suit partout comme une fine atmosphère. Ce jardin nous révèle...

Le mois dernier, un ami me montra son jardin. Ce n'était pas vraiment le sien, mais aujourd'hui je sais que ce n'était pas par hasard. C'était un bien triste jardin... Il y avait quelques fleurs, mais généralement artificielles, parsemant des blocs de pierre à quelques mètres au dessus d'ossements humains. Il y avait aussi un tas de petits objets déposés sur les tombes : des jouets, des figurines et des portraits. Et quelque part ailleurs, dans une autre ville, il y avait des gens et une jeune fille en deuil. Au départ, je ne fus pas choquée qu'il m'emmène visiter un cimetière (parce que c'est calme et reposant, un cimetière, et puis ça peut ête beau). Celui ci n'avait rien d'extraordinaire, et ce ne fut qu'après coup que je me rendis compte qu'il s'agissait de son jardin personnel, rempli d'objets inertes.
Il était joyeux, cependant, et d'humeur légère au cours de cette balade. Mais d'une joie déplacée. D'une joie malsaine, même.
Je crois qu'il n'avait pas conscience de ce qu'il me montrait...


Quand j'étais enfant, je passais l'été dans un jardin sur la côté d'azur. Il y avait des fruits qui poussaient sur les arbres. Des figues et des amandes. Au sol, il y avait des tomates et des melons. Les melons avaient poussé tout seuls, dit on, sans qu'on les ait plantés (parce que c'est à cet endroit qu'on avait coutume de jeter les pelures, je crois).

Pour lors, je suis allée faire un tour au Louvre, et j'ai traversé le parc (le jardin des Tuileries). J'ai longé la fontaine. J'ai pensé aux jardins occultes et à mon labyrinthe circulaire. Je ne sais pas si je suis partie du centre et que je me dirige vers des cercles de plus en plus larges et englobants, ou bien si je me dirige vers un point central, au coeur du labyrinthe. On ne sait jamais trop où l'on va.
Je n'aime pas les jardins stériles. Je n'aime pas les jardins d'objets et de miroirs en trompe l'oeil. J'aime les jardins que produisent quelque chose de vivant.

Quelque chose à laquelle on puisse vraiment donner un nom...

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E
Haikus ? Connaissais pas...Mais je suis allée jeter un oeil à ces très très brefs poèmes japonais, et j'ai trouvé un autre exemple plus représentatif du mouvement (ou de l'effet) qu'ils impliquent,Ceci donne approximativement :Un étang lisse et calmeSoudain, le saut d'une grenouillePlouf !!!Mais ce type de sagesse extrême orientale m'échappe encore ...
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P
d'ailleurs  les Haïkus s'abreuvent d'histoires de jardinIl doit y en avoir de bien mieux, mais par exemple :A force de contempler / les fleurs du cerisier / torticolis ! (Sôin)ouPourquoi ne pas mourir /en mordant dans une pomme / face aux pivoines (Shiki) 
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