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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

Ligne de fuite

Codes et Décodages

     
         AVERTISSEMENT

Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

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  • : Elisabeth
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  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir... Mirages... Eden céleste et stars terrestres... Mythes et codes...

Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines... Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...




Labyrinthe cérébral

Samedi 3 octobre 2009
Continuons notre petite promenade sur les voies du labyrinthe... Au cas où les visiteurs qui s'égarent par ici ne l'auraient pas encore remarqué, il s'agit d'un monde à équidistance de la mort et de l'enfance. J'ai eu l'occasion d'y repenser ces jours ci, à travers certains films passés ou à venir, dans lesquels on retrouve toujours ce thème lancinant.
Du labyrinthe musical de Jim Henson jusqu'au labyrinthe de Pan en passant par l'immersion dans les univers si singuliers de Tim Burton, on retrouve toujours cette petite voix douce-amère qui conte la fin de quelque chose... Au printemps prochain, c'est une "Alice au pays des merveilles" revisitée qui devrait sortir sur les écrans. En attendant, j'endosse moi-même le rôle de petite poupée perdue dans un monde inconnu : "I am a little little doll in a magical country..."


Oui, ce sont les premières paroles d'une chansonnette composée et interprétée par moi. Que du travail artisanal ! Et pourquoi l'ai-je titrée vox spiritus plutôt que doll song's par exemple ? Hé bien, parce que le résultat est un peu spectral, avec quelques souffles et quelques grincements. Du coup, l'écho de ma voix semble venir d'outre tombe, mais bon c'est un genre qui se défend. Je mettrai peut-être en ligne l'intégralité des paroles (anglaises -- ce qui, j'espère, n'a pas généré trop de faux sens. Mais puisque c'est le délire d'une poupée somnambule, on s'en fiche). Bonne promenade.





 I am a little little doll in a magical country. Fantaisies are natural in my thinkings. I see a little little crow placed facing my window,when it's late, when I'm alone with my memories. Don't be afraid by my delirum. Don't be afraid, I'm dreaming. Fantaisies are perpetual in my universe. Don't touch me, you might break my display. Don't touch me, I'm flying. Nobody knwos the right game in the real sphere. BUILD A KINGDOM ! BREAK A MIRAGE ! WHY AM I SO CONFUSED ?
WAIT FOR THE TRUTH, FOR A NEW DAY REAL RIGHT AND BEAUTIFUL !
I hear a little little voice crying inside my cranium, when my life becomes distress, falling in dust. I see a little little gohst moving tonight in darkness. Nobody feels that but me, in my loneliness. Don't be afraid by my delirium. Don't be afraid I'm dreaming...
Bis (refrain).
Par Elisabeth
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Lundi 15 juin 2009

Qualifié de "plus grand homme de tous les temps" par Voltaire, l'empereur Julien (331-363) survécut presque miraculeusement au massacre de sa famille par une autre branche de cette même famille récemment convertie au christianisme comme religion d'état... Telle était l'époque.
 Plus qu'aucun autre, cet homme est resté une énigme. Mystique, philosophe, fin stratège, conquérant, homme de guerre ou de paix ? Homme de l'unité religieuse ou de l'apostasie ? Homme de raison ou de l'occultisme ? Julien était doué pour la rhétorique autant que pour les mystères (Eleusis, Orphée, Mythra...), la dialéctique de la raison pure, tout comme l'intuition onirique... Un paradoxe ambulant ! Il reprochait aux chrétiens d'avoir aboli la quête de la connaissance, et d'avoir remplacé cette quête par une foi aveugle dans le christ.
 Devenu empereur, presque malgré lui, proclamé comme tel par ses hommes en Gaule après d'étonnants succès militaires, il restaura le culte des dieux antiques et prôna la tolérance de toutes les formes de manifestations du divin... Il ne persécuta jamais les chrétiens mais demeura condescendant avec eux et ne leur permit pas d'occuper de hautes fonctions administratives, de peur qu'ils ne contrent la renaissance qu'il préparait. Son oeuvre fut stoppée nette par un coup de javelot dans le dos.
Il mourut presque au même âge que le christ (qu'il nommait, non sans sarcasme "le nazaréen")... Après tout, ce que ce jeune empereur exécrait, c'était (ironiquement) l'hypocrisie des chrétiens dont il eut à subir la violence et la rigidité, tout comme Jésus exécra l'hypocrisie des pharisiens et des gardiens des temples transformés en boutiques...
 Quoi qu'il en soit, les injures pleuvèrent bientôt sur sa mémoire, et l'église prit grand soin de ternir la figure d'un homme dont le cheminement initiatique ressemblait pourtant si étrangement à celle d'un prophète. Mais le prophète d'un monde révolu... Il n'eut pas la force ou le temps de renouveler ce monde perdu... Sans doute faut-il déplorer le retour en arrière qu'il amorça, car on ne restaure jamais ce qui est mort. Il faut pouvoir poursuivre ce qui est, et englober ce qui advient. Son erreur fut de se faire un ennemi redoutable de ce qu'il nommait "le charnier des galiléens", soit l'Eglise chrétienne... Mépris chèrement payé.
Il faut dire également que Julien raisonnait de façon élitiste. La nature l'avait comblé. Il était noble et légitime. Mille obstacles furent renversés sur son chemin avant qu'il ne soit lui-même renversé. Lui qui s'offusquait de voir les chrétiens emprunter chaque jour davantage les codes de l'hellenisme, il ne perçut pas l'esprit en acte, ni la grandeur de cette figure (qu'il réduisait à un petit prêtre pharisien). Passa-t'il à côté de sa véritable mission ? L'orient et l'occident furent un instant entre ses mains, sans qu'il ne déploie jusqu'à ses "ennemis" son pénétrant esprit de synthèse...
Il avait autour de lui une cour de devins fantasques qui lui prédisaient un long règne, et qui obscurcirent peut être sa clairvoyance... Et puis, il avait des ennemis dans sa propre maison, qui se courbaient bien bas sur son passage, la bouche remplie de miel et de venin.

Que ceci soit le fil d'Ariane...


L'auteur américain Gore Vidal imagina les mémoires de Julien. S'étant glissé dans sa peau, voici ce qu'il dit, quelque temps avant de devenir empereur d'Occident. Avant de devenir cet éphémère maître du monde, lorsqu'il pénétra dans la Forêt Noire, à la tête de son armée :


" ...Quelles ombres! Même à midi, il règne une telle obscurité dans la forêt que l'on a l'impression d'être noyé dans une profonde mer aux eaux vertes et murmurantes. Tandis que nous chevauchions le long des pistes silencieuses, les légions en rang par deux se déroulaient comme un long serpent de mer sur le fond de l'océan. Par bonheur, nous avions de bons guides qui connaissaient tous les détours de la forêt. Je ne sais pas comment ils s'y prenaient car il n'y avait pas le moindre signe; cependant, ils retrouvaient leur chemin à travers ce labyrinthe vert. Pendant des jours, nous ne vîmes jamais le soleil et j'en vins à désespérer de revoir un jour mon dieu..."



Julien avait le Soleil pour dieu. La lumière du monde physique. Il était toutefois assez fin pour y percevoir une lumière d'une autre sorte. Du moins, il aurait pu... Mais de ce labyrinthe, il ne trouva jamais l'issue.


 

 

Par Elisabeth
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Dimanche 12 avril 2009


Mon
coeur appartient à papa... Je me suis longtemps demandée si le thème était cérébral ou culturel au moment de classer l'article dans une catégorie. Hé bien, disons que c'est cérébral.
Avant de retranscrire les paroles de cette chanson (chantée par Marilyn dans le Milliardaire), je vais tenter une petite analyse... Non pas de la chanson en elle-même, cela dit, mais de l'effet de cette chanson dans la bouche de cette actrice. Et là je ne parle pas réellement de l'actrice non plus, ni de son personnage, mais de la personne, en considèrant l'ensemble de son cheminement.

Thème psychanalytique par excellence s'il en est : l'abandon par le père, et la non reconnaissance. Je ne vais pas revenir trop longtemps sur la biographie de la star qui après être née sous une fausse identitée (car de père inconnu), retirée à une mère psychiquement fragile, placée en famille d'accueil (où il semblerait qu'elle ait subi quelques abus sexuels), et s'être mariée à seize ans pour fuir ladite famille, entreprit son "passage initiatique" vers le panthéon des étoiles. Les êtres qui deviennent des mythes synthétisent toujours des paradoxes. Honte et gloire, dans ce cas, mais pas seulement... Le prénom qu'on lui attribua est très intéressant quand on parle de paradoxe. Marie + Lyn. Marie renvoie à la passivité d'un miroir, le "capax dei", la pure réceptivité, mais signifie littéralement : celle qui élève. Lyn signifie cascade/ avalanche ; la chute puissante dont le mouvement est descendant. Bref, toujours mes petites manies à raisonner par analogies.
On m'objectera que Marilyn n'était pas son vrai prénom. Certes, Norma Jeane n'était pas prédestinée de la sorte. Mais s'il y a bien quelque chose dans ce mythe qui évoque la femme totale, c'est qu'au départ, il s'agit précisément de la femme normale. NORMALE, en lettres majuscules, puisque telle est la prédestination : la norme. Norma signifiant "la règle". Oui oui, je vais loin, mais c'est ainsi. Je n'invente rien.
Autre chose intéressante, c'est le corps de la femme à travers les siècles. Je veux dire : les différents modèles de corps de femme. Au moyen âge, par exemple, c'est un corps fin avec une poitrine juvénile et un ventre de femme enceinte de cinq mois. Bizarre... Mettre le ventre en valeur était si important, qu'elles portaient toutes des petits coussins sous leurs robes. Regardez les tableaux de cette époque ! A d'autres moments, il faut des hanches, des crinolines, des faux culs. La femme de la grèce antique est athlètique. La française de la cour du roi soleil est bien grasse. Ici ou là, la femme doit avoir de longues jambes, un corps solide et endurant, des petits pieds enrubannés, un long cou, etc... Aujourd'hui, l'accessoire en vogue, c'est le sein regonflé. Difficile de trouver des soutiens gorge qui ne soient pas rembourrés quand on fait les boutiques. Tout ceci n'a rien d'anodin. Pourquoi le ventre au moyen âge ? Pourquoi le sein de nos jours ? Le ventre symbolise la gestation, l'être à venir. Les hanches sont un indice de fécondité : un potentiel de productivité. Les seins renvoient à l'allaitement, à la pulsion élémentaire/ alimentaire (comprenons : la consommation). La maigreur féminine renvoie à quelque chose d'asexué, d'androgyne, indifférencié, une dynamique affranchie, virtuelle... La maigreur et la grosse poitrine sont deux éléments fort en vogue actuellement. Quoique la forme athlètique revienne en force. Et dès lors, les modèles feminins nous informent des phases du monde, ou des représentations qu'on s'en fait à travers équilibre, excès, pathologie, etc...

Non non, je ne m'éloigne pas du sujet. J'en reviens à Marilyn. Femme plantureuse, dont l'époque produisait tout autant qu'elle consommait. L'équilibre dans l'abondance, en somme. Avant de s'appeler Marilyn, Norma fut plus fine. Il y a même des photos où elle se contorsionne comme une gymnaste. Mais après tout, elle suit une progression normale vers la pleine maturité d'un fruit explosif. Le sociologue Edgar Morin identifia Marylin Monroe à la fin du star system. Dernière star fabriquée. Star dont l'auto destruction éclata au grand jour, comme l'envers du décor. Figure qui demeure pourtant un mythe tenace. Femme totale, promise au vide qui lui fait face. Car il n'y a pas de "papa", au sens de ce qui fait sens. Ni avant, ni après, rien qui apporte cette re-connaissance. Et rien qui fasse office de "père" dans ce grand univers infantilisé à outrance, rempli de vaches à lait et de traite en série. La chansonnette est bien tragique sous cet angle... Mais ce n'est qu'un point de vue.

Bon, voici maintenant les paroles de MY HEART BELONGS TO DADDY, cet autre classique du jazz...   

                           

INTRO : My name is.. Lolita
And... I'm not supposed to.. play with boys !
Mon coeur est à Papa
You know... le propriétaire
                                                  

While tearing off a game of golf                                           
I may make a play for the caddy
But when I do I don't follow through
Cause my heart belongs to Daddy !

If I invite a boy some night
To dine on my fine food and haddie
I just adore his asking for more
But my heart belongs to Daddy !


Yes my heart belongs to Daddy                                                 
So I simply couldn't be bad !
My heart belongs to Daddy
Da da da da da da da da daaad
So I want to warn you laddie
Through I know that you're perfectly swell
That my heart belongs to Daddy
Cause my Daddy, he treats it so well


While tearing off a game of golf
I may make a play for the caddy
But when I do, I don't follow through
Cause my heart belongs to Daddy !


If I invite a boy some night
To cook up a fine enchilada
Though Spanish rice is all very nice
My heart belongs to Daddy (da da da)


Yes, my heart belongs to Daddy
So I simply couldn't be bad
Yes, my heart belongs to Daddy
Da da da da da da da da daaad

So I want to warn you laddie
Through I know that you're perfectly swell
That my heart belongs to Daddy
Cause Daddy, he treats it so well


Par Elisabeth
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Mardi 21 octobre 2008


L'homo sapiens est celui qui pense... Mais à quoi donc au juste ? Avec l'apparition de la pensée survient aussi l'énigme. Car bien trop souvent, la pensée est un poids, et l'on se demande pourquoi ne pas suivre simplement son instinct, comme la bête... La signification se pose ainsi à côté de l'absurdité.
La pensée est liée à la mémoire et au sens de la mesure. Une mémoire qui embrasse d'autres temps et d'autres espaces que ceux de l'instant immédiat. Et pourtant, bien des "homo sapiens" finissent par préférer l'instant éphémère plutôt que le déploiement de la mémoire à travers le temps. Hé oui, parce que c'est trop dur ! Et que cherchons nous au juste ? A quoi bon ce chemin ? Bref bref bref... Nietzsche écrivait dans Humain trop humain :

 "Si d'après l'observation de Schopenhaurer, il y a de la génialité dans le fait de se souvenir d'une façon coordonnée et vivante de ce qui vous est arrivé, dans l'aspiration à la connaissance de l'évolution historique qui fait ressortir toujours plus puissamment les temps modernes sur les temps anciens et qui pour la première fois a brisé les vieilles limites entre la nature et l'esprit, l'homme et la bête, la morale et la physique : on pourrait reconnaitre une tendance de l'ensemble de l'humanité à la génialité. L'histoire pensée jusqu'au bout serait conscience cosmique de soi."

On ne sait jamais jusqu'à quel point Nietzsche ironise lorsqu'il écrit, lui qui se plait à dévoiler la longue série d'erreurs dont l'Histoire est constituée, et qui de fait, constitue nos mémoires... S'il est question d'énigme, lorsqu'on regarde l'homme pensant (ou l'homme conscient), il est aussi question de duperie. Ailleurs, dans le même ouvrage, notre petit Nietzsche dit : "Celui qui finit par s'apercevoir combien et combien longtemps il a été dupé, embrasse par dépit la réalité même la plus laide ; en sorte que si l'on considère le monde dans son ensemble, c'est à la réalité que sont échus au cours des siècles les meilleurs prétendants, car ce sont les meilleurs qui ont été dupés le mieux et le plus longtemps".

Que veut il dire par là ? On décèle une opposition entre conscience et réalité... Hmmm, je suppose que c'est par la pensée que l'homme se rend maître du temps et de l'espace (du moins, en partie) et que le renoncement  le conduit tout droit à la réalité telle quelle. C'est à dire, un monde subi, sur lequel on ne songe plus à agir, ou sur lequel on craint désormais d'agir, au vu de toutes les catastrophes dont l'Histoire nous a rendus spectateurs, voire complices... Un monde que l'on craint de détruire par quelque nouvelle idéologie... Une réalité dont on se satisfait simplement sans plus se poser de question... Et pourtant, c'est encore par la pensée que l'homme se doit de rétablir la pensée. Puisqu'il nous arrive de perdre ce sens. C'est de son absence (ou de ses déviations) que proviennent bien des maux, mais certes pas de la pensée elle même.

Allons allons, Homo sapiens ! réflechis-y un peu... Et éteins la télé.

Par Elisabeth
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Vendredi 12 septembre 2008


Jung ne donna jamais à la libido le même sens que Freud... Pour lui, la pulsion de vie ne pouvait pas se jouer dans le triangle papa/maman/moi, mais au point d'interaction entre deux aspects de cette même pulsion, dissociés par notre intellect, et néanmoins indissociables à la source...

Je ne suis pas claire, sans doute. Jung a explicité la chose par ailleurs. Mais j'ignorais qu'il eût un rêve, et que ce rêve manifesta l'intuition de ce qu'il nommerait par la suite anima et animus. Dans ce rêve, il se voyait lui même rencontrant un couple étrange. Un vieillard et une jeune fille... Le voici, tel qu'il le narra dans ses "mémoires" :

"J' écoutais avec attention ce qu'ils me disaient. Le vieil homme me dit qu'il était Elie et j'en ressentis un choc. La jeune fille me désarçonna presque davantage encore, car elle dit s'appeler Salomé. Elle était aveugle. Quel couple étrange : Salomé et Elie ! Pourtant Elie m'assura que Salomé et lui étaient liés de toute éternité et cela mit le comble à mon désarroi. Avec eux vivait un serpent noir qui manifestait pour moi une inclination évidente. Je m'en tins à Elie parce qu'il me semblait être le plus sensé des trois et disposer de bon sens. Vis à vis de Salomé j'étais méfiant. Elie et moi eûmes une longue conversation dont je ne pus saisir le sens ..."


Plus loin, Jung interprète ces figures comme l'incarnation de deux principes : le logos et l'eros. Certes, il y a de multiples figures correspondant à celle du sage et du prophète en dehors de celle d'Elie. Quant à la féminité, je me suis demandée pourquoi justement Salomé.
 A moi aussi donc, une telle association parut des plus curieuses. Etrange, surtout quand on sait que l'évangile présente Jean Baptiste comme la "réincarnation" d'Elie; ce même Jean Baptiste ayant eu la tête coupée sur l'ordre aveugle de Salomé... La chose a de quoi questionner. Vraiment, vraiment... Ou bien, est-ce évident ? Enfin, il ne s'agit là que d'un rêve, et il nous est loisible d'y voir ce que l'on veut.

Par Elisabeth
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