Mon coeur appartient à papa... Je me suis longtemps demandée si le thème était cérébral ou culturel au moment de classer l'article dans une
catégorie. Hé bien, disons que c'est cérébral.
Avant de retranscrire les paroles de cette chanson (chantée par Marilyn dans le Milliardaire), je vais tenter une petite analyse... Non pas de la chanson en elle-même, cela dit, mais de l'effet
de cette chanson dans la bouche de cette actrice. Et là je ne parle pas réellement de l'actrice non plus, ni de son personnage, mais de la personne, en considèrant l'ensemble de son
cheminement.
Thème psychanalytique par excellence s'il en est : l'abandon par le père, et la non reconnaissance. Je ne vais pas revenir trop longtemps sur la biographie de la star qui après être née sous une
fausse identitée (car de père inconnu), retirée à une mère psychiquement fragile, placée en famille d'accueil (où il semblerait qu'elle ait subi quelques abus sexuels), et s'être mariée à seize
ans pour fuir ladite famille, entreprit son "passage initiatique" vers le panthéon des étoiles. Les êtres qui deviennent des mythes synthétisent toujours des paradoxes. Honte et gloire, dans ce
cas, mais pas seulement... Le prénom qu'on lui attribua est très intéressant quand on parle de paradoxe. Marie + Lyn. Marie renvoie à la passivité d'un miroir, le "capax dei", la pure
réceptivité, mais signifie littéralement : celle qui élève. Lyn signifie cascade/ avalanche ; la chute puissante dont le mouvement est descendant. Bref, toujours mes petites manies à
raisonner par analogies.
On m'objectera que Marilyn n'était pas son vrai prénom. Certes, Norma Jeane n'était pas prédestinée de la sorte. Mais s'il y a bien quelque chose dans ce mythe qui évoque la femme
totale, c'est qu'au départ, il s'agit précisément de la femme normale. NORMALE, en lettres majuscules, puisque telle est la prédestination : la norme. Norma signifiant "la règle". Oui
oui, je vais loin, mais c'est ainsi. Je n'invente rien.
Autre chose intéressante, c'est le corps de la femme à travers les siècles. Je
veux dire : les différents modèles de corps de femme. Au moyen âge, par exemple, c'est un corps fin avec une poitrine juvénile et un ventre de femme enceinte de cinq mois. Bizarre... Mettre le
ventre en valeur était si important, qu'elles portaient toutes des petits coussins sous leurs robes. Regardez les tableaux de cette époque ! A d'autres moments, il faut des hanches, des
crinolines, des faux culs. La femme de la grèce antique est athlètique. La française de la cour du roi soleil est bien grasse. Ici ou là, la femme doit avoir de longues jambes, un corps solide et
endurant, des petits pieds enrubannés, un long cou, etc... Aujourd'hui, l'accessoire en vogue, c'est le sein regonflé. Difficile de trouver des soutiens gorge qui ne soient pas rembourrés
quand on fait les boutiques. Tout ceci n'a rien d'anodin. Pourquoi le ventre au moyen âge ? Pourquoi le sein de nos jours ? Le ventre symbolise la gestation, l'être à venir. Les hanches sont un
indice de fécondité : un potentiel de productivité. Les seins renvoient à l'allaitement, à la pulsion élémentaire/ alimentaire (comprenons : la consommation). La
maigreur féminine renvoie à quelque chose d'asexué, d'androgyne, indifférencié, une dynamique affranchie, virtuelle... La maigreur et la grosse poitrine sont deux éléments fort en vogue
actuellement. Quoique la forme athlètique revienne en force. Et dès lors, les modèles feminins nous informent des phases du monde, ou des représentations qu'on s'en fait à
travers équilibre, excès, pathologie, etc...
Non non, je ne m'éloigne pas du sujet. J'en reviens à Marilyn. Femme plantureuse, dont l'époque produisait tout autant qu'elle consommait. L'équilibre dans l'abondance, en somme. Avant de
s'appeler Marilyn, Norma fut plus fine. Il y a même des photos où elle se contorsionne comme une gymnaste. Mais après tout, elle suit une progression normale vers la pleine maturité d'un fruit
explosif. Le sociologue Edgar Morin identifia Marylin Monroe à la fin du star system. Dernière star fabriquée. Star dont l'auto destruction éclata au grand jour, comme l'envers du décor. Figure
qui demeure pourtant un mythe tenace. Femme totale, promise au vide qui lui fait face. Car il n'y a pas de "papa", au sens de ce qui fait sens. Ni avant, ni après, rien qui apporte cette
re-connaissance. Et rien qui fasse office de "père" dans ce grand univers infantilisé à outrance, rempli de vaches à lait et de traite en série. La chansonnette est bien tragique
sous cet angle... Mais ce n'est qu'un point de vue.
Bon, voici maintenant les paroles de MY HEART BELONGS TO DADDY, cet autre classique du jazz...
INTRO : My name is.. Lolita
And... I'm not supposed to.. play with boys !
Mon coeur est à Papa
You know... le propriétaire
While tearing off a game of
golf
I may make a play for the caddy
But when I do I don't follow through
Cause my heart belongs to Daddy !
If I invite a boy some night
To dine on my fine food and haddie
I just adore his asking for more
But my heart belongs to Daddy !
Yes my heart belongs to
Daddy
So I simply couldn't be bad !
My heart belongs to Daddy
Da da da da da da da da daaad
So I want to warn you laddie
Through I know that you're perfectly swell
That my heart belongs to Daddy
Cause my Daddy, he treats it so well
While tearing off a game of golf
I may make a play for the caddy
But when I do, I don't follow through
Cause my heart belongs to Daddy !
If I invite a boy some night
To cook up a fine enchilada
Though Spanish rice is all very nice
My heart belongs to Daddy (da da da)
Yes, my heart belongs to Daddy
So I simply couldn't be bad
Yes, my heart belongs to Daddy
Da da da da da da da da daaad
So I want to warn you laddie
Through I know that you're perfectly swell
That my heart belongs to Daddy
Cause Daddy, he treats it so well
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