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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

Ligne de fuite

Codes et Décodages

     
         AVERTISSEMENT

Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

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  • : Elisabeth
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  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir... Mirages... Eden céleste et stars terrestres... Mythes et codes...

Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines... Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...




Dédales philosophiques

Jeudi 17 septembre 2009

 Etre ou ne pas être, questionne Hamlet... Y a t'il plus de noblesse à se laisser porter par le flot aveugle, ou à lutter contre le courant et y inscrire sa volonté propre ? Telle est en gros la question... Question qui revient à celle de la dualité consciente face à la mort. Vieille question, oui...
En général, cette question est posée par la Femme à la fois porteuse de connaissance et de calamités, de dons et de fléaux : la ronde des Eve et des Pandore... Puisque c'est par elle que l'on vient au monde, et que c'est à travers elle que se vit la première distanciation. Dans cette optique, être = connaître. Et la connaissance ne va pas sans embuches.
Celui qui est, sait. Celui qui s'ignore, existe dans un ensemble comme la partie d'un tout sans avoir à se soucier de lui-même... L'individu souffre de son inutile liberté et de son inutile savoir, et cherche à se rendormir dans l'harmonieuse immensité... C'est pourquoi la philosophie est souvent l'art d'un renoncement à soi, tout comme la politique, la religion ou la management qui tendent à nous faire déléguer notre "autonomie" à un système collectif.
Or, comme toujours, il s'agit là d'un faux problème; et la question est mal posée. Car il n'y a pas de frontière lisse et nette entre être et non-être, savoir et ignorance... C'est notre petite cervelle qui par commodité, agence, classifie, segmente et différencie les phases d'un même processus qui (s'il se dévoilait d'un coup et entièrement) annulerait tous nos paramètres d'espace-temps. Comment dire ? C'est comme si un savant examinait un plat de pâtes bolognaises et cherchait à en extraire l'essence en analysant les ingrédients. Voyons : l'essence est-elle dans la viande ? la sauce ? le fromage ? Lequel de ces éléments constitue l'ultime vérité ? hum hmm hmm... Cela dit, ce n'est jamais l'ultime vérité qu'on cherche. Ce serait plutôt à identifier la cause d'une nausée subite. N'y aurait il pas du poison dans ce plat ? Une vilaine petite semence pathogène ? Mais là aussi, c'est un faux problème, car le même élément ne produit pas les mêmes effets, et qu'il s'agit toujours d'un ensemble d'intéractions. Une fois qu'on connait tous les ingrédients, encore faut-il connaître le métabolisme de celui qui est censé les digérer... Mais comme on ne peut jamais être tout et partout, on ne peut pas non plus tout savoir, à moins de recourir à l'imagination. Alors oui, dans ce cas, la vie est bien un théâtre dans un théâtre; les maux sont sortis d'une jarre, et le vice d'une pomme. Aussi, les gens rusés ne cherchent-t'ils pas à savoir ce que les autres savent, ni ce qu'il sont, mais seulement ce qu'ils croient.. A celui qui veut malgré tout savoir ce qui est (malgré tout le superflu ce cette question), il apprendra qu'il s'agit précisement de ce petit point d'union entre deux limites qui se croyaient antinomiques. Trouver ce point, telle est la question.


En attendant, le syndrôme d'Eva primera Pandora a encore de beaux jours devant lui. C'est à dire: le syndrome du bouc émissaire... Puisque la question n'est pas de savoir pourquoi survient la scission (soit le vice ou la faute), mais où se cache le point de contact.

Par Elisabeth
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Vendredi 26 juin 2009

 
Je voudrais aujourd'hui citer un extrait du livre "Le déclin de l'Occident" d'Oswald Spengler, paru entre les deux dernières guerres mondiales. Cet auteur qui fut approché par le pouvoir nazi (et qui s'en écarta) jeta pourtant un regard complaisant sur la dictature italienne dans laquelle il crut voir l'avènement du césarisme annoncé dans son texte.
Tout ceci n'est qu'une parenthèse avant d'aborder le vif du sujet...
Spengler conçoit l'Histoire comme un processus organique induisant une grande diversité de cultures qui suivent chacune leur cheminement vers l'accomplissement de leur propre forme (la civilisation étant à ses yeux la forme extérieure mais creuse, artificielle et déjà moribonde d'une culture ayant atteint sa pleine maturité). C'est à ce sujet qu'il se montre rigide quant à l'avenir, lorsqu'il écrit : "le présent est une époque civilisée, non une époque cultivée. Ainsi toute une série de matières vivantes se révèlent désormais impossibles. On peut le regretter et affubler ce regret d'un manteau de philosophie ou de lyrisme pessimistes - et on le fera à l'avenir - mais on n'y pourra rien changer." A cela il ajoute : "Si sous l'impression de ce livre, les hommes de la génération nouvelle se tournent vers la technique au lieu de la poésie lyrique, vers la marine au lieu de la peinture, vers la politique au lieu de la philosophie, ils auront accompli mon désir et on ne pourra rien leur souhaiter de meilleur."
En effet, la nouvelle génération ne saurait être plus pragmatique... Mais est-il si certain qu'il n'y ait pas de culture en germe au milieu de notre beau système globalisant ?
Chaque culture a tendance à poser sa forme individuelle comme un objectif universel et à contempler les autres dans le cadre prédéfini de son modèle... Toutefois Spengler était persuadé qu'il appartenait à l'homme occidental, et à lui seul ! de jeter un regard objectif sur l'ensemble de ces processus et de parvenir à une "morphologie de l'histoire universelle" en prenant en compte toutes les complexités de ses ramifications. Il  se contredit pourtant lui-même en mettant en évidence la tendance et la prétention de l'homme à vouloir faire entrer toute matière extérieure dans un moule unique, ou encore, à nier tout phénomène qui ne s'y conforme pas...
Pour lui l'Occident est censé connaître une phase de déclin au cours du troisième millénaire, et cette "prophétie" ne fut pas bien accueillie par ses contemporains, malgré l'immense succès de son livre, surtout à l'aube d'une guerre mondiale. Il est certes à prévoir que le monde subira encore de grandes métamorphoses, mais que sait-on de ce qu'il en sortira ? S'il est vrai que la civilisation est l'aboutissement morbide d'une culture, observons le modèle américain qui, dans sa forme, est pourtant assez jeune... N'est-ce que l'émanation du vieux monde, ou bien le laboratoire de nouvelles connexions ? Et que dire des cultures sous-jacentes qui s'y sont imbriquées dans les heurts et le sang, mais n'en poursuivent pas moins leur chemins dans des veines invisibles ? Il y a régulièrement des phases de ce type où il nous faut parcourir un espace vide sans pouvoir revenir à ce qui fut, ni pouvoir saisir ce qui adviendra... Le désert transitoire, dirais-je...
Spengler avait conscience qu'il nous était impossible de saisir certains processus qui nous sont étrangers et que nous ignorons, jusqu'à ce qu'ils aient croisé notre chemin de plein fouet. Mais aujourd'hui, la prudence est de mise quant à imposer un modèle sociétal dominant. On a cessé d'ignorer la distance intérieure et extérieure qui se dresse entre la réalité et nos projections. Ou bien, nous sommes plus diplomates en la matière... Dans cet esprit, voici l'extrait promis :

"On choisit un paysage unique et on décrète qu'il sera le centre d'un système historique. Système planétaire de la plus originale invention, en vérité!  Ici est le soleil central. D'ici se diffuse la vraie lumière qui éclaire tous les évènements historiques. D'ici comme d'un point perspectif, on peut mesurer la signification. Mais en réalité, c'est ici l'orgueil qui parle. Orgueil de l'européen occidental qu'aucun septicisme n'arrête et qui déroule dans son esprit le fantôme de l'Histoire universelle. Nous lui sommes redevable de l'énorme illusion d'optique depuis longtemps passée à l'état d'habitude, qui nous fait croire qu'au loin, en Chine, en Egypte, l'histoire de plusieurs millénaires se condense en quelques épisodes, tandis qu'auprès de nous dans nos régions, depuis Luther et Napoleon, les décades s'enflent comme des fantômes. Nous savons que c'est pure apparence quand un nuage semble se déplacer plus vite de près que de loin, ou un train ramper en traversant un paysage lointain; mais nous croyons que le tempo de la vieille histoire indoue, babylonnienne ou égyptienne fut réellement plus lent que celui de notre passé très proche. Et nous trouvons leur substance plus mince, leurs formes plus faibles, plus étirées, parce que nous n'avons pas appris à tenir compte de la distance - intérieure et extérieure."

Oswald Spengler(Intro au declin de l'Occident) Blankerburg en Harz, 1922

J'ignore d'où Spengler contemplait le mouvement des cultures et de l'Histoire, ni s'il est véritablement possible à une philosophie de comprendre en elle-même des esprits si variés... Pour lui, la culture occidentale étant "morte" ( mais non pas sa civilisation), elle ne peut plus faire autrement que d'exploiter ses formes passées et sa matière désacralisée, d'une façon technique, efficace et purement utilitaire. Il a également résumé toute sa pensée en une note au bas de son introduction : "Platon et Goethe représentent la philosophie du devenir, Aristote et Kant, la philosophie du devenu. Ici l'intuition s'oppose à l'analyse. Ce qu'il est à peine possible de comprendre par l'intelligence, Goethe l'a marqué dans des notes particulières ou des poésies telles que "Premières paroles d'Orphée" (...) qu'il faut considérer comme l'expression d'une métaphysique tout à fait claire. Je ne voudrais pas changer un iota aux paroles suivantes qu'il avait écrite à Eckermann : "La divinité agit dans le vivant, mais non dans le mort, elle est dans ce qui devient et qui change, non dans ce qui est devenu et figé. Aussi,  la raison, dans sa tendance vers le divin, ne doit-elle avoir à faire qu'avec ce qui devient, avec le vivant, tandis que l'entendement s'occupera du devenu, du figé, afin d'en tirer parti." Cette phrase renferme toute ma philosophie."

On comprend mieux dès lors, la survenue de certains "prophètes" s'offusquant de voir partout des morts dans leurs coquilles creuses ou leurs sarcophages blanchis, toujours à des époques charnières. Prophètes qui se proposent de ressusciter l'ancien monde, mais qui  échouent le plus souvent, ou ne parviennent qu'à créer une nouvelle culture sur les ruines de la précédante. Pourquoi le roi d'Egypte Akhenaton tenta t'il d'instaurer le culte unique du dieu Rê, des siècles avant le monothéisme de l'Islam ? N'était-ce pas l'ultime métamorphose qu'il aurait fallu à l'ancien monde égyptien pour survivre ? Pourquoi l'empereur Julien tenta t'il si désespérement de restaurer les anciens cultes à la face du christianisme triomphant ? Pourquoi Rome fut-elle ainsi absorbée par sa dernière religion d'état après avoir si longtemps intégré tous les dieux étrangers à son panthéon sans jamais en être altérée dans son essence ? Pourquoi Alexandre mettait il un point d'honneur à marier ses généraux avec les femmes des nations concquises et à intégrer leurs coutumes plutôt que de leur imposer les siennes ? Ce que l'homme appelle "divinité" n'est rien d'autre que cet élan vital qui permet aux êtres d'atteindre et d'accomplir leur forme propre. Dans certaines périodes, nous cherchons à accroître notre élan de vie en canalisant ou en absorbant celui des autres. A d'autres époques, nous luttons férocement contre des formes étrangères de l'esprit. En d'autres temps encore, nous craignons d'être absorbés par ces courants de violence ou de passion irrationnels, et nous nous protégeons d'eux, bien à l'abri dans nos coquilles... Cela nous renseigne en effet sur l'âge de notre monde (un Akhenaton venu trop tôt, un Julien venu trop tard, etc...).
Et pourquoi notre petit président français, le rusé Sarkozy, a t'il si souvent tenté de contrôler les flux financiers qui alimentent de façon souterraine le culte musulman en France, en flirtant dangereusement avec la loi de séparation du politique et du religieux ?
Et que dire de toutes ces cultures qui n'ont jamais atteint leur phase finale de "civilisation", et qui circulent mystérieusement dans les psychismes et les inconscients ?
Tout cela nous renvoie à la question de la dynamique qui donne au monde son orientation... Difficile de dire où se situe la Vie. Par contre tout ce qui est mort peut être à l'instant quantifié, mesuré, exploité et engrangé... Pour ma part, je ne crois pas au déclin. Si les choses ne déclinent, elles prennent de nouvelles formes. Il n'y a pas à en être effrayé...

 

Par Elisabeth
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Mercredi 11 mars 2009

La gorgone, dans sa première acception, s'inscrit dans la descendance des divinités primordiales du panthéon grec. Dans la lignée de Pontos, c'est à dire : la mer noire...
Au nombre de trois, les gorgones sont des créatures reptiliennes aux chevelures serpentines, immortelles (sauf une !), et ont pour particularité de transformer en statues tous ceux qui croisent leur regard. Ceci est la première définition. Le premier type, en somme. Mais il faut raconter la légende. 
Parmi les trois gorgones, seule Méduse est mortelle. Celle ci se fit trancher la tête par Persée, un jeune héros qui en profita pour délivrer Andromède d'un monstre qui voulait l'avaler. Au commencement, un roi voulant éloigner le jeune Persée du royaume, l'envoya un beau matin dans le royaume des ombres avec pour mission d'en rapporter la tête de ladite Méduse. Certes, il n'était pas prévu que le jeune homme survive à ce défi... Mais la déesse Athena prit notre jeune héros sous son aile. Elle lui fournît un casque et un bouclier magiques, et lui expliqua comment s'y prendre avec la créature sans se faire pétrifier. D'une part, le casque rendait invisible (c'est déjà fort pratique). D'autre part, le bouclier devait servir de miroir. Ainsi le jeune homme ne regarda jamais vraiment la Méduse mais seulement son image à travers le bouclier, avançant discrètement sous son casque sans être vu par les deux autres. Voilà comment se fit la "décapitation". Notons aussi que, même morte, les yeux de la gorgone conservèrent leur pouvoir, et que Persée s'en servit contre nombre d'ennemis, sortant toujours fort à propos la tête coupée d'un sac.

Maintenant, abordons la gorgone dans son acception psychanalytique. Une autre version du mythe fait état de l'extrême beauté des trois gorgones. Dans ce cas, il serait question de jeunes filles si narcissiques, si fières de leurs beaux cheveux, qu'un dieu les aurait punies en y mettant des serpents, et en transformant en pierres chacun de leurs admirateurs. Cette seconde acception existe d'ailleurs en germe dans la première. Il s'agit là de jeux de regards et de reflets qui se heurtent au mur de l'orgueil. Enfin, un truc dans ce goût là... On trouve d'ailleurs certaines images très plantureuses de la gorgone, ou autre femme serpent. De somptueux corps féminins se terminant en queues de reptile... quoiqu'il y ait confusion avec d'autres divinités, fort anciennes, elles aussi...
Klimt a représenté les gorgones dans un tableau où la Mort, la Démence et la Maladie figurent à l'arrière plan. Humm...

Mais abordons enfin la gorgone du troisième type. C'est à dire : le pur processus de pétrification. Ici, point de serpents. Et là, c'est la gorgone qui est invisible. Elle s'introduit on ne sait comment dans les échanges entre les êtres. Chacun croit regarder l'autre, celui d'en face, mais elle se trouve entre les deux, dans chaque rapport, chaque relation, chaque transmission. Et dès que le regard se porte vers elle, même par inadvertance, elle pétrifie les deux partis. C'est ainsi. Elle collectionne les statues. Et elle en a beaucoup, beaucoup, beaucoup...
 N'est il pas étrange qu'on ait si peu étudié le mythe de la gorgone ? On connait celui de Prométhée, d'Oedipe, de Narcisse... On connait le rôle qu'ils jouent dans nos rapports avec l'histoire, le destin, le progrès, le psychisme... Et rien sur la gorgone qui est pourtant partout ? Celle à laquelle je fais allusion, comme la plus insidieuse des monnaies d'échange... Celle qui échange la chair contre la pierre, et enferme l'esprit dans le marbre. Elle n'est jamais très loin.

Par Elisabeth
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Lundi 9 mars 2009

Comment se procurer rapidement une grosse somme d'argent, ou acquérir des objets hors d'atteinte qui nous sont néanmoins absolument essentiels ?
Humm... Avant de répondre à cette question, il faut que je prévienne tous ceux qui auraient atterri ici par mégarde (en tapant des mots clef dont je ne veux rien savoir) que ma réponse en la matière sera purement philosophique.
Hé oui, nous sommes ici dans un labyrinthe, et lorsque je parle de fausse monnaie, je n'ai pas l'intention de sortir ma planche à billets (et puis, dans le texte qui va suivre, laquelle est vraie, laquelle est fausse ?) Bref, poursuivons...
A la source première, avant même que la monnaie ne soit inventée, il y avait seulement des êtres et leurs productions respectives -- productions qui faisaient l'objet d'échanges entre les partis, selon les besoins du moment. Puis on adopta de préférence un élément qui servirait de "mesure". A une époque, ce fut le sel. Bientôt ce fut tel ou tel métal. Encore aujourd'hui, c'est l'or qui demeure la valeur refuge...
 Mais à quel moment, la monnaie se distingua t'elle totalement de son objet, jusqu'à n'être plus qu'une opération de l'esprit, une pure puissance, un processus neutre, un flux virtuel et sans ancrage ? Je ne saurais dire... Toujours est il que cette puissance, tout en n'ayant pas d'existence propre, est devenue indispensable à la moindre action sur terre.
Je veux toutefois attirer l'attention du public (au fait, ai-je un public ?) sur certains personnages qui vont et viennent partout, sont reçus, nourris, vétus,  parés, sans dépenser le moindre centime, et cela parce que : ils sont eux mêmes devenus leur propre monnaie d'échange. Jetons sur eux un oeil attentif.
 Bien sûr, la chose n'est pas nouvelle... Qu'on se figure Picasso (enfin, c'est la légende) entrant dans un restaurant, griffonnant sur la nappe, et partant sans payer au prétexte que son gribouillage achète tout l'établissement à lui seul. La chose est caricaturale, mais l'idée est là. Je veux parler de tous ces gens dont la présence équivaut à une lettre de crédit : icones ambulantes que chacun regarde et imite, et dont l'attraction se mesure en produits dérivés. Ainsi, tout ce qui canalise le désir de l'homme est une monnaie potentielle (oeuvres d'art, drogues, organes, évènements, symboles, pantins charismatiques, matière permière, etc)...  Tout et n'importe quoi, oui. Mais qui a jamais essayé de canaliser la puissance de son désir vers lui même ? Je veux dire : en terme d'accomplissement de soi. Il suffit de regarder aux alentours pour constater que la chose est rare. Et puis, nous sommes tous convaincus que ça coute cher (de s'accomplir). Nous devons payer le prix pour chaque journée d'étude, de travail, de vie élémentaire, et d'ailleurs nous sommes si occupés avec les choses basiques qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de produire notre propre monnaie. Et pourtant, quelle autre que la sienne ? C'est la seule, l'unique ! Au lieu de cela, nous cherchons à nous attacher à une valeur sûre (comme s'il y avait une valeur plus sûre que celle qu'on porte en soi. Mais bon, je me tais -- on va encore me taxer d'idéalisme). On préfère donc s'attacher à une forme reconnue. Cela consiste dans la sublimation de cette forme.  Une cristallisation et une pétrification. Voilà donc du solide, mais pour cela, il faut accepter de regarder la gorgone dans les yeux... Action séduisante en substance, mais essentiellement suicidaire... Quel rapport entre la monnaie et les trois gorgones du mythe ?
 Il y en a peut être aussi qui ne savent pas ce que c'est, une gorgone, bien qu'ils se soient déjà changés en pierre... Je répondrai plus tard à ces questions. Ailleurs, autrement...


Par Elisabeth
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Dimanche 8 juin 2008

Le plus ancien mythe féminin, c'est celui de la Lilith : la première femme...

Cette légende est vraisemblablement née d'un accident et d'un malententdu, quoique. La Bible étant un ensemble de récits compilés à diverses époques et dans diverses traductions, il se trouve que la génèse relate deux fois la création de la femme : une première fois où celle ci est créée en même temps qu'Adam, à partir de la terre, et à l'image de Dieu. Une seconde fois où la femme est créée à partir de la côte de l'homme, et nommée Eve par Adam.

Si la chose n'est pas un simple accident de traduction, ni une compilation de versions contradictoires, la Lilith a peut être un sens "exeptionnel".

Ainsi Lilith existait avant Eve, et résidait dans l'Eden, non pas en tant qu'aide de l'homme (c'est ainsi qu'Eve est désignée dans la génèse), mais comme l'égale d'Adam. La Lilith n'était donc pas un complément, mais bien la femme complète. Un conflit éclata cependant dans le couple, car Adam revendiquait la domination pendant l'acte sexuel. Irritée contre son époux, Lilith quitta l'Eden. Adam éperdu, alla se plaindre auprès de Dieu qui envoya une nuée d'anges vers la femme afin de la convaincre de revenir. Lilith refusa et préféra (selon le mythe) s'unir à un avatar de Satan, après avoir négocié un rôle égalitaire.
Dieu tenta alors d'amener chacun des animaux de la création vers l'homme afin de lui trouver un compagnon et de le consoler de sa peine. Mais rien n'y fit. Adam se sentait irrémédiablement seul. C'est alors que Dieu fit sombrer l'homme dans un profond sommeil...
Hmmm oui, ce sommeil nous interroge, et le rêve qu'il fit aussi, car il semblerait qu'Adam n'en finisse pas de rêver. Mais poursuivons.

Pendant qu'Adam dormait, Dieu préleva une côte sur son corps et la façonna à l'image d'une femme. Puis il éveilla Adam et fit venir la nouvelle créature devant lui. L'homme en fut enchanté et la prénomma Eve.
Cependant, la Lilith, flottant sur l'onde obscure, découvrit cette nouvelle union et ne trouva pas la chose à son goût. On raconte qu'elle prit elle-même la forme du serpent tentateur afin de provoquer la perte d'Eve qui devint à son tour une pêcheresse aux yeux de l'humanité.
Plus tard, ce fut la vierge Marie que l'évangile nomma "nouvelle Eve"... Ainsi tournent et se suivent les femmes, s'annulant les unes les autres (et lorsque l'homme se montre habile, elles rivalisent haineusement entres elles)...

Mais si on en croit l'ordre dans lequel les choses se produisirent, le fruit de la connaissance avec lequel Lilith tenta Eve concernait avant tout sa propre légitimité. Et le premier péché fut donc la tentative d'Adam pour abaisser son épouse primordiale. Mais là encore, passons.

D'un point de vue ethnologique, la Lilith nous renvoie aux anciennes figures de la Terre mère et d'un certain "matriarcat" que l'avènement du Dieu unique renversa. En cela, elle pourrait être assimilée aux déesses Ishtar, Isis, Tanit ou Astarté. Souvent, ces déesses archaïques ont un rapport avec la mort et les mondes souterrains, quoique leur culte soit d'abord celui de la fertilité. Mais ne nous étonnons pas des contradictions. Lilith ne serait alors que la trace persistante d'un ordre révolu. Du reste, selon un autre mythe, c'est Pandora qui fut la première femme (armée d'une petite boite pleine de fléaux, car il faut décidément que la femme soit coupable de toutes les calamités).

Bref. En vérité, il se peut que tout ne soit qu'un rêve. Lilith, Eve et Marie sont éternellement le même principe féminin, et rien ne sert de le fragmenter en figures paradoxales. Les mondes souterrains n'ont sans doute rien à voir avec des mondes infernaux, mais ne sont vraisemblablement qu'un espace occulté (l'inconscient, comme dirait l'autre). Une totalité oubliée. Un équilibre des forces, sans cesse remis à plus tard.

Et Lilith attend peut être simplement qu'Adam se réveille.

Par Elisabeth
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