Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenue ici même

Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ... 

     

Recherche Par Mot Clef

Codes et Décodages

Archives

Autres pistes

IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir... Mirages... Eden céleste et stars terrestres... Mythes et codes...

Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines... Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...




Pages

26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 10:09

  declin-occident.jpgJe voudrais aujourd'hui évoquer le livre "Le déclin de l'Occident" d'Oswald Spengler, paru entre les deux dernières guerres mondiales. Cet auteur qui fut approché par le pouvoir nazi (et qui s'en écarta) jeta pourtant un regard complaisant sur la dictature italienne dans laquelle il crut voir l'avènement du césarisme annoncé dans son texte.
Tout ceci n'est qu'une parenthèse avant d'aborder le vif du sujet...
Spengler conçoit l'Histoire comme un processus organique induisant une grande diversité de cultures qui suivent chacune leur cheminement vers l'accomplissement de leur propre forme (la civilisation étant à ses yeux la forme extérieure mais creuse, artificielle et déjà moribonde d'une culture ayant atteint sa pleine maturité). C'est à ce sujet qu'il se montre rigide quant à l'avenir, lorsqu'il écrit : "le présent est une époque civilisée, non une époque cultivée. Ainsi toute une série de matières vivantes se révèlent désormais impossibles. On peut le regretter et affubler ce regret d'un manteau de philosophie ou de lyrisme pessimistes - et on le fera à l'avenir - mais on n'y pourra rien changer." A cela il ajoute : "Si sous l'impression de ce livre, les hommes de la génération nouvelle se tournent vers la technique au lieu de la poésie lyrique, vers la marine au lieu de la peinture, vers la politique au lieu de la philosophie, ils auront accompli mon désir et on ne pourra rien leur souhaiter de meilleur."
En effet, la nouvelle génération ne saurait être plus pragmatique... Mais est-il si certain qu'il n'y ait pas de culture en germe au milieu de notre beau système globalisant ?
Chaque culture a tendance à poser sa forme individuelle comme un objectif universel et à contempler les autres dans le cadre prédéfini de son modèle... Toutefois Spengler était persuadé qu'il appartenait à l'homme occidental, et à lui seul ! de jeter un regard objectif sur l'ensemble de ces processus et de parvenir à une "morphologie de l'histoire universelle" en prenant en compte toutes les complexités de ses ramifications. Il  se contredit pourtant lui-même en mettant en évidence la tendance et la prétention de l'homme à vouloir faire entrer toute matière extérieure dans un moule unique, ou encore, à nier tout phénomène qui ne s'y conforme pas...
Pour lui l'Occident est censé connaître une phase de déclin au cours du troisième millénaire, et cette "prophétie" ne fut pas bien accueillie par ses contemporains, malgré l'immense succès de son livre, surtout à l'aube d'une guerre mondiale. Il est certes à prévoir que le monde subira encore de grandes métamorphoses, mais que sait-on de ce qu'il en sortira ? S'il est vrai que la civilisation est l'aboutissement morbide d'une culture, observons le modèle américain qui, dans sa forme, est pourtant assez jeune... N'est-ce que l'émanation du vieux monde, ou bien le laboratoire de nouvelles connexions ? Et que dire des cultures sous-jacentes qui s'y sont imbriquées dans les heurts et le sang, mais n'en poursuivent pas moins leur chemins dans des veines invisibles ? Il y a régulièrement des phases de ce type où il nous faut parcourir un espace vide sans pouvoir revenir à ce qui fut, ni pouvoir saisir ce qui adviendra... Le désert transitoire, dirais-je...

desert-sable.jpg
Spengler avait conscience qu'il nous était impossible de saisir certains processus qui nous sont étrangers et que nous ignorons, jusqu'à ce qu'ils aient croisé notre chemin de plein fouet. Mais aujourd'hui, la prudence est de mise quant à imposer un modèle sociétal dominant. On a cessé d'ignorer la distance intérieure et extérieure qui se dresse entre la réalité et nos projections. Ou bien, nous sommes plus diplomates en la matière... Dans cet esprit, voici l'extrait promis :

"On choisit un paysage unique et on décrète qu'il sera le centre d'un système historique. Système planétaire de la plus originale invention, en vérité!  Ici est le soleil central. D'ici se diffuse la vraie lumière qui éclaire tous les évènements historiques. D'ici comme d'un point perspectif, on peut mesurer la signification. Mais en réalité, c'est ici l'orgueil qui parle. Orgueil de l'européen occidental qu'aucun septicisme n'arrête et qui déroule dans son esprit le fantôme de l'Histoire universelle. Nous lui sommes redevable de l'énorme illusion d'optique depuis longtemps passée à l'état d'habitude, qui nous fait croire qu'au loin, en Chine, en Egypte, l'histoire de plusieurs millénaires se condense en quelques épisodes, tandis qu'auprès de nous dans nos régions, depuis Luther et Napoleon, les décades s'enflent comme des fantômes. Nous savons que c'est pure apparence quand un nuage semble se déplacer plus vite de près que de loin, ou un train ramper en traversant un paysage lointain; mais nous croyons que le tempo de la vieille histoire indoue, babylonnienne ou égyptienne fut réellement plus lent que celui de notre passé très proche. Et nous trouvons leur substance plus mince, leurs formes plus faibles, plus étirées, parce que nous n'avons pas appris à tenir compte de la distance - intérieure et extérieure."

Oswald Spengler(Intro au declin de l'Occident) Blankerburg en Harz, 1922

J'ignore d'où Spengler contemplait le mouvement des cultures et de l'Histoire, ni s'il est véritablement possible à une philosophie de comprendre en elle-même des esprits si variés... Pour lui, la culture occidentale étant "morte" ( mais non pas sa civilisation), elle ne peut plus faire autrement que d'exploiter ses formes passées et sa matière désacralisée, d'une façon technique, efficace et purement utilitaire. Il a également résumé toute sa pensée en une note au bas de son introduction : "Platon et Goethe représentent la philosophie du devenir, Aristote et Kant, la philosophie du devenu. Ici l'intuition s'oppose à l'analyse. Ce qu'il est à peine possible de comprendre par l'intelligence, Goethe l'a marqué dans des notes particulières ou des poésies telles que "Premières paroles d'Orphée" (...) qu'il faut considérer comme l'expression d'une métaphysique tout à fait claire. Je ne voudrais pas changer un iota aux paroles suivantes qu'il avait écrite à Eckermann : "La divinité agit dans le vivant, mais non dans le mort, elle est dans ce qui devient et qui change, non dans ce qui est devenu et figé. Aussi,  la raison, dans sa tendance vers le divin, ne doit-elle avoir à faire qu'avec ce qui devient, avec le vivant, tandis que l'entendement s'occupera du devenu, du figé, afin d'en tirer parti." Cette phrase renferme toute ma philosophie."

On comprend mieux dès lors, la survenue de certains "prophètes" s'offusquant de voir partout des morts dans leurs coquilles creuses ou leurs sarcophages blanchis, toujours à des époques charnières. Prophètes qui se proposent de ressusciter l'ancien monde, mais qui  échouent le plus souvent, ou ne parviennent qu'à créer une nouvelle culture sur les ruines de la précédante. Pourquoi le roi d'Egypte Akhenaton tenta t'il d'instaurer le culte unique du dieu Rê, des siècles avant le monothéisme de l'Islam ? N'était-ce pas l'ultime métamorphose qu'il aurait fallu à l'ancien monde égyptien pour survivre ? Pourquoi l'empereur Julien tenta t'il si désespérement de restaurer les anciens cultes à la face du christianisme triomphant ? Pourquoi Rome fut-elle ainsi absorbée par sa dernière religion d'état après avoir si longtemps intégré tous les dieux étrangers à son panthéon sans jamais en être altérée dans son essence ? Pourquoi Alexandre mettait il un point d'honneur à marier ses généraux avec les femmes des nations concquises et à intégrer leurs coutumes plutôt que de leur imposer les siennes ? Ainsi, pour Spengler, ce que l'homme appelle "divinité" n'est rien d'autre que cet élan vital qui permet aux êtres d'atteindre et d'accomplir leur forme propre. Dans certaines périodes, nous cherchons à accroître notre élan de vie en canalisant ou en absorbant celui des autres. A d'autres époques, nous luttons férocement contre des formes étrangères de l'esprit. En d'autres temps encore, nous craignons d'être absorbés par ces courants de violence ou de passion irrationnels, et nous nous protégeons d'eux, bien à l'abri dans nos coquilles... Cela nous renseigne en effet sur l'âge de notre monde (un Akhenaton venu trop tôt, un Julien venu trop tard, etc...).
Et pourquoi notre petit président français, le rusé Sarkozy, a t'il si souvent tenté de contrôler les flux financiers qui alimentent de façon souterraine le culte musulman en France, en flirtant dangereusement avec la loi de séparation du politique et du religieux ?
Et que dire de toutes ces cultures qui n'ont jamais atteint leur phase finale de "civilisation", et qui circulent mystérieusement dans les psychismes et les inconscients ?
Tout cela nous renvoie à la question de la dynamique qui donne au monde son orientation... Difficile de dire où se situe la Vie. Par contre tout ce qui est mort peut être à l'instant quantifié, mesuré, exploité et engrangé... Pour ma part, je ne crois pas au déclin. Et si les choses ne déclinent pas, elles prennent de nouvelles formes. Certes, la forme précédente est à jamais figée, mais sachons voir quelles formes nouvelles sortiront du chaos...

 

Partager cet article
Repost0

commentaires

A
T'as raison, la prochaine fois j'y penserai en janvier ;) Enfin, s'il y a une, bien sûr.
Répondre
A
et la coïncidence qui m'a fait regarder ton qui suis-je moins de trois mois après, tu veux dire. Et ton blog. T'as vraiment l'esprit mal placé, c'est fou ! Etrange, ce réflexe de pensée économique au milieu de temps de pensée mythique...
Répondre
E
<br /> Mon esprit mal placé de pensée économique ? Heuuuuu... Mon bon mot est arrivé comme un cheveu sur la soupe (?) Etrange étrange, oui...<br /> <br /> <br />
A
Oh je l'ai raté : BON ANNIVERSAIRE !euh... voilà, c'était juste pour ça (clignements d'yeux travaillés)... Que l'été te soit chaud. Bise. 
Répondre
E
<br /> Ah ! que de hors sujets sous cet article prophétique !!! Mais merci :) c'est gentil d'y avoir pensé juste 4 jours avant le tien (tiens donc!). Alors moi aussi je te souhaite un bon anniversaire à<br /> toi "Artomome" qui commence à te faire vieux (puisque tu vas dépasser le cap des 25 ans) le 8 Aout, je crois... Oui oui je m'en souviens grâce aux trois 8 de l'année dernière... Mais saluons<br /> quand même ma bonne mémoire.<br /> <br /> <br />
C
Eh navrée pour ce hors-sujet
Répondre
C
Bonjour Elizabeth,J'espère que tout va bien pour toi ? Tu es sans doute en vacances. Si c'est le cas, je te souhaite de passer d'agréablement moment.Pour répondre à ta question : "comment tu as constitué toute cette banque de données (jusqu'aux souvenirs de petite fille)... Je suppose que Marilyn a raconté cela quelque part, dans un article ou un recueil."C'est à travers des recoupages de biographie ou documentaires sur Marilyn que je possède sur elle que je fais mes textes. Je regarde tous ce qui semble le plus réel, qui est répété par les biographes les plus sérieux (qui ne sont pas des ragots ect) et alors je fais un résumé.Sinon, voilà, je te signale que j'ai changé d'adresse, je suis maintenant sur Kazeo (après avoir récupéré tous mes articles sur OB, je supprimerais définitivement ce blog) car il me permet davantage de chose :personnalisation du design, photos illimités, catégories et articles bien "rangés" (pas les uns à la suite des autres), etc.Au plaisir de t'y retrouver.Bon 14 juilletBisousChayili
Répondre