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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ... 

     

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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 13:29

Qualifié de "plus grand homme de tous les temps" par Voltaire, l'empereur Julien (331-363) survécut presque miraculeusement au massacre de sa famille par une autre branche de cette même famille récemment convertie au christianisme comme religion d'état... Telle était l'époque.
 Plus qu'aucun autre, cet homme est resté une énigme. Mystique, philosophe, fin stratège, conquérant, homme de guerre ou de paix ? Homme de l'unité religieuse ou de l'apostasie ? Homme de raison ou de l'occultisme ? Julien était doué pour la rhétorique autant que pour les mystères (Eleusis, Orphée, Mythra...), la dialéctique de la raison pure, tout comme l'intuition onirique... Un paradoxe ambulant ! Il reprochait aux chrétiens d'avoir aboli la quête de la connaissance, et d'avoir remplacé cette quête par une foi aveugle dans le christ.
 Devenu empereur, presque malgré lui, proclamé comme tel par ses hommes en Gaule après d'étonnants succès militaires, il restaura le culte des dieux antiques et prôna la tolérance de toutes les formes de manifestations du divin... Il ne persécuta jamais les chrétiens mais demeura condescendant avec eux et ne leur permit pas d'occuper de hautes fonctions administratives, de peur qu'ils ne contrent la renaissance qu'il préparait. Son oeuvre fut stoppée nette par un coup de javelot dans le dos.
Il mourut presque au même âge que le christ (qu'il nommait, non sans sarcasme "le nazaréen")... Après tout, ce que ce jeune empereur exécrait, c'était (ironiquement) l'hypocrisie des chrétiens dont il eut à subir la violence et la rigidité, tout comme Jésus exécra l'hypocrisie des pharisiens et des gardiens des temples transformés en boutiques...
 Quoi qu'il en soit, les injures pleuvèrent bientôt sur sa mémoire, et l'église prit grand soin de ternir la figure d'un homme dont le cheminement initiatique ressemblait pourtant si étrangement à celle d'un prophète. Mais le prophète d'un monde révolu... Il n'eut pas la force ou le temps de renouveler ce monde perdu... Sans doute faut-il déplorer le retour en arrière qu'il amorça, car on ne restaure jamais ce qui est mort. Il faut pouvoir poursuivre ce qui est, et englober ce qui advient. Son erreur fut de se faire un ennemi redoutable de ce qu'il nommait "le charnier des galiléens", soit l'Eglise chrétienne... Mépris chèrement payé.
Il faut dire également que Julien raisonnait de façon élitiste. La nature l'avait comblé. Il était noble et légitime. Mille obstacles furent renversés sur son chemin avant qu'il ne soit lui-même renversé. Lui qui s'offusquait de voir les chrétiens emprunter chaque jour davantage les codes de l'hellenisme, il ne perçut pas l'esprit en acte, ni la grandeur de cette figure (qu'il réduisait à un petit prêtre pharisien). Passa-t'il à côté de sa véritable mission ? L'orient et l'occident furent un instant entre ses mains, sans qu'il ne déploie jusqu'à ses "ennemis" son pénétrant esprit de synthèse...
Il avait autour de lui une cour de devins fantasques qui lui prédisaient un long règne, et qui obscurcirent peut être sa clairvoyance... Et puis, il avait des ennemis dans sa propre maison, qui se courbaient bien bas sur son passage, la bouche remplie de miel et de venin.

Que ceci soit le fil d'Ariane...


L'auteur américain Gore Vidal imagina les mémoires de Julien. S'étant glissé dans sa peau, voici ce qu'il dit, quelque temps avant de devenir empereur d'Occident. Avant de devenir cet éphémère maître du monde, lorsqu'il pénétra dans la Forêt Noire, à la tête de son armée :


" ...Quelles ombres! Même à midi, il règne une telle obscurité dans la forêt que l'on a l'impression d'être noyé dans une profonde mer aux eaux vertes et murmurantes. Tandis que nous chevauchions le long des pistes silencieuses, les légions en rang par deux se déroulaient comme un long serpent de mer sur le fond de l'océan. Par bonheur, nous avions de bons guides qui connaissaient tous les détours de la forêt. Je ne sais pas comment ils s'y prenaient car il n'y avait pas le moindre signe; cependant, ils retrouvaient leur chemin à travers ce labyrinthe vert. Pendant des jours, nous ne vîmes jamais le soleil et j'en vins à désespérer de revoir un jour mon dieu..."



Julien avait le Soleil pour dieu. La lumière du monde physique. Il était toutefois assez fin pour y percevoir une lumière d'une autre sorte. Du moins, il aurait pu... Mais de ce labyrinthe, il ne trouva jamais l'issue.


 

 

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