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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ... 

     

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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 13:23

Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien choisi mon heure)...


Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.

Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos... Passons.


En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude, l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle indignée).

Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même  de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...

Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.

 

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commentaires

A
ah d'accord. alors il vaut mieux le dire ainsi, même si je crois que nietzsche, sa conception de la culture se résume par ainsi (descriptivement, tout du moins). je ne sais plus l'expression qu'il emploie, mais en socio Boltanski (et Heinich après lui, pour en faire un usage : comment différents ensembles de valeurs entrent en conflit) a essayé d'appliquer cette conception. qu'il s'agisse de la civiliZation inca, américaine ou luxembourgeoise, des cadres ou des profs, des conservateurs de musée ou des badauds passant devant les colonnes de Buren en construction, c'est tout pareil : on a une communauté unie.<br /> mais existe-t-elle comme naturellement (Nietzsche allant, dans sa métaphysique sociologique, jusqu'au "fort" et au "faible"), est-elle "évidente" d'une manière ou d'une autre (et selon quoi ? : n'est-ce pas là notre construction de la "réalité" qui parle plutôt ?), ou est-ce plutôt affaire de rôle, que donc on peut jouer sans s'en rendre compte, en se faisant déterminer par lui (pour caricaturer : il y a des gens qui préfèrent vraiment la couleur bleu aux autres), ou bien que l'on peut avoir conscience de jouer et jouer volontairement et à sa guise, et ici c'est le "comédien" de nietzsche, la question qui se pose alors n'est plus celle du rôle, quel est le rôle et comment est-il construit, ce qui serait être dupe, mais qu'est-ce qui échappe aux rôles, qu'est-ce qui détermine encore. c'est sans doute ceci la culture ; nietzsche avance le fort et le faible, avec son espèce de déterminisme biologique ; à mon sens, il ne faut pas considérer que les "cultures" sont relatives entre elles et de même nature (conception à la Lévi-Strauss), ce qui ne mène qu'au musée et à la simulation, mais au contraire hiérarchisées par des relations de domination et différentes en nature : on ne peut pas poser de modèle de compréhension, d'analyse, une fois pour toute (à la Mauss ou à la Nietzsche), mais que sans cesse remettre la compréhension en jeu. d'une certaine manière, ce serait plutôt l'intime de la culture, à la fois individuel et collectif, un en-deçà essentiel, et toujours dans une perspective descriptive.
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A
il ne s'agit pas du tout des "identités". ça c'est un truc très récent pondu par les acteurs sociaux pour essayer de saisir eux-mêmes leur culture. et certains s'y conforment tellement bien que c'est tout comme !! pathétique. la cybernétique dont parle heidegger, quoi.<br /> en dehors de ça, beaucoup semblent avoir une culture et le vivre très bien, et d'autres pensent ne pas en avoir une alors qu'ils en ont une. peut-être est-ce là le sentiment de ne pas être dans "sa" culture, d'en avoir une à défaut. de ne pas être à notre place, nous qui en avons toujours une de toute façon, et qui avons, du moins le croit-on, la possibilité d'en "choisir" une, et en plus une qui nous "corresponde". il ne s'agit peut-être pas de culture, là ; notre culture nous ensert, domine et détermine. la difficulté est toujours de voir le présent, car en l'occurence, il n'y a plus de culture qui perdure sur très longtemps, ie qu'il y a surtout aucune connaissance de ce qui nous lie au passé, et à quel passé, et lorsqu'il y a "connaissance", il s'agit souvent d'un choix opéré parmi tout ce qui est passé (enfin, du moins dans le fonctionnement médiatique).<br /> souvent, lorsque l'on entend des gens prononcer le mot "culture", ils font appel à des images qui évoquent des choses passées. comme si nous vivions dans un désert ou dans un chaos indescriptible. comme si toutes les occurences de "culture" visaient à cacher le présent, à la fois comme stratégie de voilement à l'égard de possibles critiques et à la fois pour se voiler soi-même la face.<br /> il est clair, je crois, que si l'on voulait analyser la culture de gens contemporains, il faudrait cerner les emplois déjà faits de ce terme pour montrer qu'ils ne correspondent pas ou plus. même si "manière de voir, de sentir et de penser" semble assez indépassable.<br /> qu'en plus, sur ces fausses conceptions de la culture se greffent des productions de culture (cf. la mairie de grenoble, par exemple, ou les identités) (notamment, donc, modèle cybernétique auquel se conformer et répertoire de produits à consommer), ce qui se donne comme culture n'en est pas du tout, et on la cherche encore.<br /> bon. uhm. vous entendez peut-être autre chose par "culture" ?
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E
En fait, je ne suis pas sûre de savoir ce que vous y entendez vous même. Vous avez l'air de parler d'une culture intime, au delà ou en deça des références collectives.. Si c'est ça, bien sûr, tout le monde en a une (ça ressemble à un rapport au monde)...<br /> Moi, j'y entends plutôt les valeurs fondamentales d'une civilisation ou d'une organisation humaine, outre les mécanismes de pouvoir.
A
toujours ce même problème de voir rétrospectivement les autres comme toute chose bien délimités, bien cernés. les premiers ethnologues, dans la foulée maussienne, étaient des machines à produire du rétrospectif, ie du ce qu'il y a à retenir (on retrouve ça un peu partout, par exemple dans les domaines artistiques).<br /> ça ne veut pas dire que nous ne soyons pas déjà rétrospectivés, mais alors pas du tout. c'est juste que notre regard est habitué à ne pas le voir ainsi, en particulier lorsqu'il s'agit de moi, de toi, de nous et de l'homme occidental. il y a une différence de nature établie par un certain système entre le présent et le passé, dans la mesure où aucun "passé" n'a jamais été présent et où aucun "présent" ne pourra jamais être passé, muséifié, tant que l'on reste dans ce cadre.<br /> le cas le plus parlant est que moi, je pense ne pas avoir de culture (alors que le futur, considérant le passé, pensera évidemment le contraire), et j'appelle pour moi-même culture les ensembles que je considère culturés, cernés, passés, auxquels je peux me rattacher (russe blanc, picard, marseillais, noble, paysan, bourgeois, français d'indochine ; et supporter de telle équipe de foot, fan de tel style musical, appartenant à tel groupe social, etc., pour ce qui concerne les vivants déjà morts, déjà rétrospectivés). cette dernière conception est fausse, puisque chacun a une culture, même si, par "volonté de puissance", il ne souhaite pas la connaître (en ajoutant que la culture des vivants est bien souvent indifférente aux yeux de leurs contemporains, car ils ne voient pas là quelque chose d'uni et envoyable directement au musée des cultures mortes).  la question est : m'est-ce à moi-même utile de connaître ma culture, n'est-ce pas un excellent moyen (au travers du vivant rétrospectivé, notamment) de contrôle social ?
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E
Le fait d'avoir une identité visible et repérable ne constitue pas forcément une culture. Certes, chacun est identifiable, étiquetable, localisable dans un lieu et dans un temps. Mais si je parle d'époque sans culture, ce n'est ni par hasard ni par légèreté.