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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

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  • : Elisabeth
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  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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Mercredi 11 mars 2009

La gorgone, dans sa première acception, s'inscrit dans la descendance des divinités primordiales du panthéon grec. Dans la lignée de Pontos, c'est à dire : la mer noire...
Au nombre de trois, les gorgones sont des créatures reptiliennes aux chevelures serpentines, immortelles (sauf une !), et ont pour particularité de transformer en statues tous ceux qui croisent leur regard. Ceci est la première définition. Le premier type, en somme. Mais il faut raconter la légende. 
Parmi les trois gorgones, seule Méduse est mortelle. Celle ci se fit trancher la tête par Persée, un jeune héros qui en profita pour délivrer Andromède d'un monstre qui voulait l'avaler. Au commencement, un roi voulant éloigner le jeune Persée du royaume, l'envoya un beau matin dans le royaume des ombres avec pour mission d'en rapporter la tête de ladite Méduse. Certes, il n'était pas prévu que le jeune homme survive à ce défi... Mais la déesse Athena prit notre jeune héros sous son aile. Elle lui fournît un casque et un bouclier magiques, et lui expliqua comment s'y prendre avec la créature sans se faire pétrifier. D'une part, le casque rendait invisible (c'est déjà fort pratique). D'autre part, le bouclier devait servir de miroir. Ainsi le jeune homme ne regarda jamais vraiment la Méduse mais seulement son image à travers le bouclier, avançant discrètement sous son casque sans être vu par les deux autres. Voilà comment se fit la "décapitation". Notons aussi que, même morte, les yeux de la gorgone conservèrent leur pouvoir, et que Persée s'en servit contre nombre d'ennemis, sortant toujours fort à propos la tête coupée d'un sac.

Maintenant, abordons la gorgone dans son acception psychanalytique. Une autre version du mythe fait état de l'extrême beauté des trois gorgones. Dans ce cas, il serait question de jeunes filles si narcissiques, si fières de leurs beaux cheveux, qu'un dieu les aurait punies en y mettant des serpents, et en transformant en pierres chacun de leurs admirateurs. Cette seconde acception existe d'ailleurs en germe dans la première. Il s'agit là de jeux de regards et de reflets qui se heurtent au mur de l'orgueil. Enfin, un truc dans ce goût là... On trouve d'ailleurs certaines images très plantureuses de la gorgone, ou autre femme serpent. De somptueux corps féminins se terminant en queues de reptile... quoiqu'il y ait confusion avec d'autres divinités, fort anciennes, elles aussi...
Klimt a représenté les gorgones dans un tableau où la Mort, la Démence et la Maladie figurent à l'arrière plan. Humm...

Mais abordons enfin la gorgone du troisième type. C'est à dire : le pur processus de pétrification. Ici, point de serpents. Et là, c'est la gorgone qui est invisible. Elle s'introduit on ne sait comment dans les échanges entre les êtres. Chacun croit regarder l'autre, celui d'en face, mais elle se trouve entre les deux, dans chaque rapport, chaque relation, chaque transmission. Et dès que le regard se porte vers elle, même par inadvertance, elle pétrifie les deux partis. C'est ainsi. Elle collectionne les statues. Et elle en a beaucoup, beaucoup, beaucoup...
 N'est il pas étrange qu'on ait si peu étudié le mythe de la gorgone ? On connait celui de Prométhée, d'Oedipe, de Narcisse... On connait le rôle qu'ils jouent dans nos rapports avec l'histoire, le destin, le progrès, le psychisme... Et rien sur la gorgone qui est pourtant partout ? Celle à laquelle je fais allusion, comme la plus insidieuse des monnaies d'échange... Celle qui échange la chair contre la pierre, et enferme l'esprit dans le marbre. Elle n'est jamais très loin.

Par Elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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