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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.
En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.
Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.
Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

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Jeudi 1 juin 2006 4 01 /06 /2006 18:42

Des conférences ouvertes au public ont régulièrement lieu au service universitaire de l'hôpital St Anne à Paris : vaste édifice dédié aux malades de l'esprit...

Pour parvenir au lieu-dit, il faut d'abord cheminer le long des multiples allées du jardin agrémenté de petites pentes, de coins et de recoins, par delà mille carrés de pelouse verdâtre... J'exagère, dira t'on... Bref, on y entre un peu comme dans un labyrinthe. Heureusement, on en sort facilement quand on s'y aventure en tant que simple visiteur.

La conférence en question avait pour titre : "Approche psychanalytique de l'activité délirante". Je vais donc restituer les précieuses connaissances que j'ai acquises malgré mon oeil de néophyte.

Quoiqu'il y ait des formes variées de délires et bon nombre de psychoses, notre conférencier s'attarda volontier sur le cas du schizophrène. Il en fit le coeur de sa problématique, et je dois dire que jamais cas clinique ne me fut présenté avec autant de mystère. Vraiment, il en dressa un portrait digne de la plus obscure énigme des temps...

La schizophrénie, nous dit-on, n'est pas une psychose comme les autres, car le malade n'a pas accés au souvenir de l'unité originelle (c'est à dire, l'époque où le bébé crée son premier rapport au monde en s'y projetant d'une manière quelque peu narcissique). Les psychoses ordinaires amorcent généralement leur délire dans ledit narcissisme afin de se recréer un monde intérieur à partir de l'ego. Mais pas le schizophrène. Non, car le schizophrène (par un étrange oubli, un vide ou je ne sais quelle ellipse) n'a même pas d'ego. Disons plutôt que son ego a volé en éclats, de sorte qu'aucune limite claire n'existe entre lui et les autres; entre l'intérieur et l'extérieur.

Le conférencier nous rapporta ces paroles d'un patient : "Je n'ai jamais d'intimité".

Le monde entier devient pour lui un bruitage incessant, une sorte d'ennemi omniprésent qui agit jusque dans ses pensées. Or comment en est-il arrivé là ?

Notre conférencier explique que la raison se trouve dans la qualité du premier rapport au monde du nouveau né. Ce n'est pas que le rapport ce serait mal passé; il ne s'agit pas là de savoir si le rapport se fit dans l'amour, la haine, la violence ou l'ambiguité.... Non, il s'agit de constater que le rapport n'a pas eu lieu.

On peut imaginer que le petit individu fut simplement traité comme un objet parmi d'autres, de la sorte la plus neutre qui soit. Ou bien, qu'il ne fut pas traité du tout. A la source de cette affaire, il y a la négation de soi même en tant que personne à part entière. Enfin, cela reste une énigme, car après tout, il y a aussi des individus ignorés ou mésestimés qui n'en deviennent pas moins de grands mégalomanes à l'égo totalitaire.

J'aurais beaucoup aimé qu'un ami (très cher) m'accompagne à cette conférence, car tout au long de ce portrait, j'avais l'impression que le psychiatre parlait de lui. Certes, le jeune homme en question n'est qu'un malade léger, mais il ressemble quand même beaucoup à cet Homme Elliptique. Vraiment, j'ignore s'il faut se laisser charmer par tant de mystère ou partir en courant.

 

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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