Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est
...
AVERTISSEMENT
Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.
En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante
prison.
Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.
Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...
IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir... Mirages... Eden céleste et stars terrestres... Mythes et codes...

Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines...
Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...

Ici même, nous entrons dans une zone filmique et musicale...
Ce soir, puissiez-vous (ô mes nombreux visiteurs!) goûter le doux plaisir d'une chanson veloutée; ce classique du
jazz, tiré du film Gilda. En voici les paroles, consciencieusement restituées :
That's the story that went around but here 's the real lowdown
J'ajoute maintenant à la chanson une petite critique du film Gilda qui m'a semblé s'harmoniser tout
particulièrement avec l'esprit qui régne dans ce labyrinthe. L'auteur en est une certaine Ophélie... Le texte qui suit nous renverra également à l'article "Dans la roulotte de Margarita
Cansino" qui traine quelque part dans les méandres de ma toile... Car après tout, il ne peut pas y avoir que des projections de projections, des copies de copies, des
simulacres de simulacres... Il faut bien qu'il y ait un être réel à la source. Hum, je m'égare...
Pour le texte qui suit, je crois qu'elle l'avait intitulé : Femme fatale et vilains messieurs.
Réalisé par un cinéaste dont le seul titre de gloire provient de la confusion courante avec son homologue, l’un des « grands » du cinéma américain (King Vidor), écrit par un scénariste presque
débutant, et interprété par un acteur rarement inoubliable (Glenn Ford), Gilda n’a au départ presque rien pour plaire. Est-ce la présence de la somptueuse Rita Hayworth qui bouleverse la donne ?
Rita Hayworth, à l’exemple d’une Marilyn, est une actrice « fabriquée ». Par son père d’abord, qui la força à utiliser ses charmes évidents et ses talents de danseuse pour s’introduire à Hollywood. Par ses nombreux maris ensuite, à commencer par Orson Welles, qui se servit de l’aura de son épouse pour la publicité de La Dame de Shanghai. Enfin, par le sinistre patron de la Columbia, Harry Cohn, qui la transforma physiquement en objet sexuel, objet du fantasme des soldats américains, « bombe atomique » avant l’heure. Mais Rita Hayworth, à la différence d’une Marilyn, ne sut pas utiliser cet autre « moi », cette image créée de toutes pièces que tous voulaient lui renvoyer.
Gilda est la femme fatale. Troublante d’une beauté inaccessible, mangeuse d’hommes hypnotisante, aux longues
jambes interminables et à la chevelure volumineuse, on la croit sans hésiter capable des pires perversités. Gilda est un
« type », celui de la femme criminelle, égoïste et arriviste du film noir. Mais le portrait se trouble très vite : à l’image traditionnelle de la femme fatale, qui se marie pour l’argent et
détruit les hommes qui se prennent à son piège, Gilda répond par une sensibilité extrême, une forte superstition et une fidélité en un amour unique et idéal. Cette ressemblance troublante entre
la personnalité de l’actrice et celle de son personnage (Rita est Gilda, sans aucune ambiguïté) porta tellement préjudice à Rita Hayworth qu’elle-même disait : « les hommes s’endorment avec Gilda
et se réveillent, déçus, avec moi. »
À l’image de ce travail sur le rôle-titre, Gilda est un film sur le regard et les non-dits, sur la remise en question des évidences. À commencer par les sous-entendus du film, sur
lesquels de nombreux critiques ont déjà beaucoup glosé. Car le titre est un leurre : Gilda
n’est pas le personnage central, c’est-à-dire celui autour duquel tourne l’histoire. Elle n’apparaît d’ailleurs qu’au bout d’une vingtaine de minutes, alors que le film déroule d’abord les
balbutiements d’une amitié virile, sans aucun doute homosexuelle, entre le dangereux patron d’un casino en Argentine et un petit malfrat (Johnny, le nom de tous les gangsters) devenu l’employé et
le confident de cet homme mystérieux. Les symboles sont d’une limpidité étonnante : on relèvera, entre autres, l’épée que sort le patron de sa canne, considérée comme « un » ou « une » troisième
ami(e) (l’interrogation est troublante) ou la jalousie maladive de Johnny Farrell vis-à-vis de la nouvelle femme de son patron, la somptueuse Gilda.
Entre ces deux hommes, dont elle constitue pourtant le principal sujet de
conversation, la femme n’a aucune place. Son pouvoir sexuel est sans cesse remis en cause, tout en étant particulièrement appuyé : vêtue ou quasiment dévêtue des tenues les plus provocantes (on
pense à la scène du strip-tease sur la chanson « Put the Blame on Mame »), Gilda ne provoque qu’un désir fictif chez les hommes qui l’environnent. On l’admire sans trop oser la toucher, et aucun
de ses deux maris ne consomme véritablement le mariage. Trop belle, trop sincère, Gilda est emprisonnée dans le rôle qu’elle s’est donnée malgré elle, à la fois constamment entourée et
éternellement seule.
L’intérêt principal de Gilda se joue donc sur cet apparent paradoxe : suggérant presque trop (on peut reprocher à Gilda de nombreuses facilités scénaristiques et quelques longueurs), Charles
Vidor refuse pourtant de lever les principales ambiguïtés de l’histoire. D’où viennent les personnages ? Qui sont-ils ? Que se trame-t-il réellement dans ce casino sinistre ? Peut-on croire
vraiment au happy-end réunissant Gilda et Johnny alors que le sentiment d’amour ressenti par les personnages est à plusieurs reprises comparé à de la haine ? La mise en scène est à peine
explicative : Vidor s’amuse d’un jeu sur l’ombre dans lequel il plonge ses personnages, qu’il filme souvent de dos, comme pour les rendre encore plus flous. De même sur les regards : Gilda est un
film où l’on observe beaucoup, où l’on se surveille constamment (on pense aux stores des bureaux au-dessus du casino, qui s’ouvrent et se ferment), mais sans jamais réellement comprendre ce que
l’on voit. Dans ce film trop noir, seule la femme, pure même dans ses pires vices, peut être source de lumière.
Ophélie Wiel.
beautifull song, however kind of striking when looking at the movie how on one side beauty standards have evolved, whereas at the same time "l'eternel feminin" remains unchanged.
Also I still remain unsure of what "mame" means or refers to...any suggestion welcome.
Interesting blog, quite refreshing if anything, congrats and keep on the good work.
Thank you for your kind word, Freddy...
Et pour répondre à ta question, je dirais que "mame" signifie à la fois madame, femme et mère dans le texte.
Sinon, il est inutile d'user de tournures si alambiquées quand tu écris (à moins que ce ne soit mon anglais qui fasse défaut)...
Encore merci de ton passage. J'espère te revoir très bientôt dans d'autres conditions :)
j'y ai pensé ensuite un moment.
J'ai alors tapoté sur google,
j'en suis venu, au passage, à signer une pétition pour libérer Husbands, ( http://www.petitiononline.com/jch70/ ), tant j'ai envie de le revoir et tant je me dis ce n'est pas possible de ne pas pouvoir le trouver (mais ça lui donne encore plus de valeur)
puis j'ai vu de chouettes photos de John et Gella Rowlands, j'ai appris leur histoire, ou du moins ce qu'on peut - ou doit ? - imaginer avec les quelques bries ici et là, et surtout, car c'est bien mieux, ce que l'on découvre dans dans toutes ces photos sous plusieurs époques,
Là je ne sais plus comment, mais je suis tombé sur un extrait de film, Rita haywotrh chantant Put the blame on Mame... Mon souci de parole, m'a mené direct dans vos labyrinthes.
Je me suis arrêté sur Narcisse et echo, j'avais oublié echo, je pense que tout ceci est vraiment bien vu, me donne à penser, "tu le vaux bien". Et en lisant la sphère économico, je pense à l'histoire de la table..."qu'il ne lui suffit pas de poser ses pieds sur le sol. "Elle se dresse, pour ainsi dire sur sa tête de bois en face des autres marchandises. et se livre à des caprices plus bizarres que si elle se mettait à danser". ça vaut bien les candidates au concours de beauté, c'est la même histoire ?
Merci pour ces moments de lecture, j'y reviendrais, il y en a trop pour ce soir, mais je ne m'y perds pas. Juste des sentiers qui bifurquent..Pl
pl ? Pourquoi vous amusez vous à brouiller les pistes ? Je croyais que vous deviez passer la nuit avec un philosophe italien :) après le théâtre.
(vous n'avez pas pu vous passer de moi, peut être)
Je n'ai pas trop saisi la comparaison de la table avec les valeurs boursières, mais enfin, merci pour la visite plumello...
Mouais, echo et narcisse, c'est vrai que c'était bien vu... Pourtant, il n'est pas certain que j'y voie ce que vous voyez.
Je n'ai pas vu ce merveilleux film depuis longtemps, et voir ici le nom de Johnny Farrell, pour l'amant de Gilda, fait écho à une découverte récente.
Le prétendu leader du groupe Boney M était Bobby Farrell, mais c'était en fait le producteur du groupe Frank Farian, alias de Franz Reuther, qui chantait à sa place.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bobby_Farrell
Hé oui, tu casse le mythe :D
En effet, la voix chantée de Rita est doublée par Anita, et pas seulement pour Gilda d'ailleurs, car il y a pas mal de plages musicales dans ses autres films (et le secret fut longtemps bien gardé)...
Quant à l'analogie Bobby Farrell/Johnny Farrell, comme autre dévoilement d'une supercherie playback en miroir, c'est bien trouvé... Mais il faut aller le chercher un peu loin quand même, non ?
1 - J'ai eu l'occasion de revoir la semaine dernière Série noire, d'Alain Corneau, que je n'aime pas trop, probablement parce que je vouais ado un culte à Jim Thompson, dont les adaptations ne peuvent que me décevoir. Je ne me souvenais pas qu'on entend intégralement dans le film Rivers of Babylon, par Boney M, avec donc Frank Farian à la place de Bobby Farrell.
C'est Mona qui écoute ce tube, qui dans le roman de Thompson se nommait Mona Farrell, mais ce n'était pas son vrai nom car elle avait été adoptée par la vieille Farrell après son kidnapping.
2 - Je n'aime guère non plus Coup de torchon de Tavernier (Corneau avait voulu aussi adapter 1275 âmes de Thompson), mais le titre me branche car sous ce titre est paru en France The Big Heat, de McGivern, dans la Série Noire précisément, sous le n° 183, un nombre qui m'est cher (voir sur Blogruz). Cas unique, Coup de torchon (de McGivern) est reparu dans la collection Carré noir, sous le même numéro 183.
3 - The Big Heat a été adapté en 1953 par Fritz Lang, Règlements de comptes en français, avec dans le rôle principal Glenn Ford, qui jouait quelques années plus tôt Johnny Farrell dans Gilda.
CQFD, mais le labyrinthe est plus touffu encore.
D'ailleurs, elle même se contredit dans sa phrase : "fabriqué d'abord par son père qui utilise son talent" ! "fabrique par Welles, qui se sert de son aura". etc.
Son père, ses maris, se servent d'une chose qui existent ; ce n'est donc pas de la fabrication. C'est de la manipulation, certes, mais pas de la fabrication.
Rita et Marilyn se sont "frabriquées" toutes seules, mais si on admet cela, alors on admet qu'une femme puisse être forte. Hors ça, à une époque sexiste, misogyne, forcément c'est impossible. Alors se sont des hommes qui les fabriquent. Mais c'est un mensonge. Un autre mythe.
Personnellement, je pense que Rita et Marilyn sont des comédiennes nées, elles avaient un réel talent, sans doute pas utilisées à leur juste mesure. Mais leur talent d'actrice est indéniable.
Ce qui est fabriqué, selon moi, c'est leur rôle, mais n'est-ce pas le propre d'une actrice et d'un acteur d'interpréter un rôle "fabriqué" aux antipodes de leur propre personnalité ?
Il n'y a guère que les mauvais acteurs qui n'interprètent pas de rôle, qui jouent leur propre rôle : Brigitte Bardot, Alain Delon, Gerard Depardieu, Catherine Deneuve, John Wayne... Ils ne jouent pas (dans la plupart de leur film) : ils sont eux, imposant leur personnalité...
Là, avec Rita et plus tard, avec Marilyn, nous sommes à une époques machistes, sexistes voire même misogynes. Une époque où la femme (et donc forcément, l'actrice) est soit une sainte, soit une catin, soit une bonne mère de famille, soit une femme fatale. Nous sommes à l'époque du code Hays (de 1934 à 1966) et à l'époque du star-system (où les grandes majors "contrôlaient" leurs stars et où elles devaient se comporter à la ville comme à l'écran...)
Et Rita comme Marilyn n'étaient ni des saintes, ni des catins, ni des bonnes mères de familles, ni des femmes fatales. Elles étaient tout simplement des femmes évoluant dans un monde d'hommes.
Et pour évoluer, elles ont joué, interprété un rôle, une image : Rita jouait la femme fatale - avec énormément de talent. Et les hommes, ne pouvant imaginer une aussi belle créature autrement que comme une diablesse, ont nié qu'elle jouait un rôle, ils ne la voyaient qu'ainsi. Pour Marilyn, c'est idem. Impossible qu'une créature aussi belle, puisse avoir un cerveau !
Jamais on n'a nié le "cerveau" des beaux mâles acteurs qu'étaient James Dean, Montgomery Clift, Marlon Brando, Clark Gable etc.
Un monde sexiste, voilà tout.
Je remarque aussi que ce sont ces deux femmes, chacune à leur façons, Rita et Marilyn, qui ont destabiliser lees grandes majors, qui ont refuser ouvertement ce "contrôle"... Et je crois que c'est ça, que des femmes refusent la domination, à une époque où c'était "naturel" qui leur ont été "fatale", qu'on ne leur a pas pardonné.
Mais ces femmes-là, Marilyn et Rita, sont les soeurs aînées du combat féministe : l'égalité homme/femme.
Rita puis Marilyn se sont "frabriquées" toutes seules, elles ont été manipulées, se sont battues contre ces manipulations. Elles ont pris une certaine autonomie, une certaine indépendance même vis-à-vis des gens qui cherchaient à les contrôler (Rita, avec son père, ses maris, sa major, etc. ; Marilyn avec sa major, ses hommes, en créant sa propre maison de production... etc.) Mais on ne leur a pas pardonner cet affront.
Et cruauté du sort (mais peut-être est-ce un signe que nous sommes encore dans un monde sexiste ? que le mythe de l'homme tout puissant sur la femme qu'il modèle à sa guise cherche à perdurer), on nie le plus souvent la force de ces deux grandes dames... Pour Marilyn, par exemple, beaucoup cherchent à oublier qu'elle a chercher à ouvrir sa propre maison de production, qu'elle a fait mettre à genou la grande major qu'était la Fox, à l'époque dirigée par le grand sexiste qu'était Zanuck.
On ne veut les voir que comme des femmes fragiles, manipulables, exploitables, fabriquées par des hommes.
On oublie de dire que, par exemple pour Hayworth, Welles n'a jamais été aussi célèbre que lorsqu'il était avec Rita. Par exemple. Qu'après la Dame de Shanghaï, où Rita est blonde, Welles ne trouvera jamais le même succès.
Idem, avec Marilyn et les hommes qui ont jalonné sa vie.
Ils avaient plus besoin d'elles que elles, d'eux !