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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ... 

     

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:09

Me voilà donc aux prises avec les affres de la page blanche...Aujourd'hui, les indices de mon propre chemin consisteront en trois mots : MICROCOSME, PASSERELLE ET VERTIGE.

Note rapide : Errance X n'a évidemment rien à voir avec du cul. Désolée.

Je vais quand même prendre la peine d'illustrer cette sensation. Pour savoir ce qu'est l'Errance X, il faut avoir pénétré dans le royaume de l'Oubli. Alors, voici un conte de fée, vraiment très très ancien, qui n'en finit pas de passer.

*************************************************************************
 
 Il
était une fois
un royaume merveilleux par delà les mers. Un royaume dont personne ne connaissait le chemin, et dont les habitants pouvaient perdre la trace dès lors qu'ils en sortaient...
  Or, un jeune homme quitta ce royaume, par un beau matin chaud. Il partit avec insouciance, tout nu sous le soleil. Il marcha tout le jour, admirant les paysages qui défilaient sur son chemin, comme la faune et la flore. Bientôt, il arriva devant une chose étrange qui le fit s'arrêter net. Il n'avait jamais rien vu de plus gigentesque ni de plus imposant. Il s'agissait des portes d'acier d'une haute forteresse. Malgré sa stupeur, le jeune homme fut pris de curiosité. Il s'avança vers les portes massives avec l'intention d'y frapper, mais celles-ci s'ouvrirent d'elles mêmes devant lui. Dès qu'il eut pénétré à l'intérieur de la cité, il se retrouva face au gardien : véritable géant couvert de métal dont les yeux rouges le dévisagèrent.

- D'où viens tu comme ça, jeune fou ? demanda le gardien. Tu dois avoir bien froid et être bien faible... Je ne sais même pas comment tu as pu te traîner jusqu'ici... Dis moi, de quelle catastrophe as-tu été la victime ?

- Je ne suis pas une victime, répondit le garçon. Il n'y a pas eu de catastrophe. Je n'ai pas froid et je ne me sens pas faible non plus... Je viens de... Je...

Mais tout en disant ces mots, il sentit qu'il ne savait plus ce qu'il voulait dire, ni même d'où il venait. Une angoisse nouvelle l'envahit subitement. Il se sentit ridicule dans sa nudité, et bientôt, il eut froid. 

- Je ne sais plus ce qui s'est passé, admit le jeune homme. Je crois que je vais me sentir mal...

Le gardien emmena le garçon dans son appartement privé et lui donna des vêtements qui semblaient être d'aluminium. Puis, il  posa la main sur sa tête et lui parla avec gravité.

- Tu ne peux pas rester ainsi, mon enfant. Toute cette chair est répugnante. Un rien peut te blesser. Sache que nous autres, nous ne saignons pas. Regarde mes bras. Il y a des armes incorporées dans chaque doigt. Mes yeux possèdent des radars. Mes jambes sont de véritables fusées capables de me propulser à plusieurs kilomètres dans l'atmosphère. Je suis à moi même mon propre véhicule, et nous sommes tous ainsi. Pourtant, je ne suis qu'un simple gardien. Il y en a d'autres parmi nous, encore bien plus évolués... Ecoute moi attentivement, et tu pourras devenir comme nous. Tu travailleras pour moi, et petit à petit, je te ferai acquérir un nouveau corps indestructible. Je ne veux que ton bien,  mon petit.

Le jeune homme avait tellement honte d'être si frèle et vulnérable face à ce géant d'acier, qu'il accepta immédiatement avec une profonde gratitude. Dès le lendemain, il commença son travail d'homme à tout faire auprès du gardien de la forteresse. Il apprit le nom de chaque citoyen, chacune de leur fonction et de leur particularité. Il les regardait avec envie et attendait impatiemment le jour où il serait comme eux.

Au bout de quelques mois, le gardien appela le jeune homme pour lui montrer son premier gage. Il s'agissait d'un bras d'acier, rempli d'accessoires et d'armes perfectionnées.

- Lorsque tu auras ce bras, les gens commenceront à te respecter, dit le géant. Ce n'est qu'un début, certes, mais nous y arriverons progressivement. Et tu seras bientôt un homme à part entière. Nous procéderons demain à la première opération.

- Opération ? répéta le jeune homme. On va donc m'opérer ?

- N'aie pas peur, dit le gardien. Il faut bien que nous te débarrassions de cette horrible chair, juste afin de la remplacer par une petite merveille de technologie.

- Vous voulez me couper le bras ! s'écria le garçon.

- C'est ainsi. C'est la procédure. Tu ne perdras pas au change, alors calme toi.

Le jeune homme se laissa convaincre par le gardien qui lui accorda cependant trois jours de réflexion avant la première opération.

Pendant la nuit suivante, le jeune homme fut tourmenté par les doutes. Quelque chose lui disait que son petit corps d'athlète n'était pas si honteux que ça, mais il ressentait un tel mépris de la part de son entourage qu'il finissait pas ne plus savoir que croire. Or, au cours de cette même nuit, il y eut une petite explosion dans la salle de contrôle, et les appartements du gardien furent plongés dans l'obscurité. Une voix rauque et maladive raisonna alors dans la nuit, et la garçon se dirigea vers le lieu d'où elle provenait. En entrant dans la pièce, il vit le gardien étendu au sol, en fort mauvaise posture.

- Ouvre cette armoire, là bas contre le mur, murmura le gardien, et rapporte moi les choses que tu y trouveras.

Le jeune homme y trouva quatre membres d'un autre métal que ses membres habituels. Il les souleva tant bien que mal et les plaça devant son maître.

- Aide moi, dit le gardien. Il y a eu une petite surchauffe. Rien de grave. Mais il faut que je retire ceux que je porte. Il faut appuyer ici et tirer. Vas y.

Le jeune homme suivit les instructions du gardien. Mais lorsqu'il vit son corps sans membre, il fut soudain frappé de son infirmité. Il se rendit également compte que tout son savoir était contenu dans une petite puce electronique qui le plongeait dans l'abrutissement toutes les fois qu'il fallait la remplacer. Cette image lui fit une telle impression d'horreur qu'il résolut de quitter la forteresse à l'instant même.

Tandis que le gardien se remettait debout, le jeune homme annonça son départ.

- Ne fais pas l'imbécile! s'écria le géant lorsqu'il eut retrouvé son assurance et ses armes. Tu vas sombrer, dehors. Il n'y a rien en dehors de cette forteresse! Que crois-tu ? M'avoir démasqué ? Mais je suis fort, je suis puissant, et tu n'es rien! Accepte ce que je te donne, car personne d'autre ne t'aidera. Si tu t'en vas d'ici, tu vas pourrir comme une charogne, et tu vas le sentir. Et tu vas regretter!

Mais le garçon était déjà loin. Il passa les portes de la forteresse et disparut dans le brouillard. Au début, il sentit tout le poids de la peur, du froid, et de l'angoisse, mais au fur et à mesure, il se souvint de quelque chose. Il marcha seul, assez longtemps. Et petit à petit, il retrouva un chemin familier. C'est alors qu'il retrouva aussi la mémoire de ce qu'il était, et la trace du royaume d'où il était venu.

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commentaires

P
 Hello, j'avais bien saisi ton complimen. Je te remercie beaucoup, c'est très gentil. Et j'apprécie d'autant plus que les compliments sont rares. En fait, depuis 2005 que mon blog existe, tu es la première (à part un ami) qui me fais un pareil compliment.                                                Merci encore.                                                               Pedro
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E
Merci à toi d'être passé par ici, Pedro. Il y avait quelque chose de "particulier" dans l'univers que tu as construit... Je suis curieuse de voir ton prochain texte.
P
Bonjour Élizabeth, j'ai été impressionné et captivé par ton récit.                                            Pedro.
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