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10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 22:25

antechristnietsche Voici quelques réflexions et extraits issus du livre L'Antéchrist, par Frédéric Nietzsche.

 Il est sûrement trop difficile de se représenter le degré d'hypocrisie qui règnait dans la société crépusculaire qu'est la fin du dix neuvième siècle, mais compte tenu de la rage de Nietzsche pour défendre son fameux instinct de puissance, on peut s'en faire une petite idée.

Notre grand philosophe a mis un point d'honneur à replacer l'homme au niveau de ses instincts les plus basiques (et même, les plus féroces). Car  s'il y a quelque chose de pire qu'un homme rabaissé au rang de bête : c'est lorsqu'une bête se déguise en homme. Nietzsche (qui prétendait avancer masqué) n'a jamais cessé de faire sauter les masques et d'arracher les déguisements.

Il me semble qu'il a mis à nu ses propres instincts sans fard ni pincettes, poussé l'homme à une totale intégrité, une pleine conscience de ses désirs et de ses valeurs réelles. Il a surtout voulu le dégager des influences culpabilisantes du temps, et en premier lieu, du christianisme. J'ignore comment il en est venu à s'écrier : "Le parasitisme ! seule et unique pratique de l'Eglise, avec son idéal d'anémie, son idéal de sainteté buvant à l'épuiser tout sang, tout amour, tout espoir dans la vie ; l'au delà en tant que volonté de négation de toute réalité ; la croix comme emblème pour la plus souterraine des conjurations qui aient existé : contre la santé, la beauté, la qualité, la bravoure, l'esprit, la bonté de l'âme, contre la vie elle même".

J'ai remarqué que ce sont toujours les plus chrétiens qui se dégoûtent le plus violemment de cette religion (car Nietzsche se destina d'abord à la théologie, mais renonca finalement à devenir pasteur)... C'est encore l'hypocrisie, je suppose, qui aura mis Nietzsche en fureur.  On dirait qu'il a dû arracher les évangiles de sa moelle (cette opinion n'engage que moi).

Enfin bref, voici un  autre petit échantillon de l'Antéchrist, livre dont certains développements donneront matière à une sanglante idéologie :

"L'évolution que représente l'humanité n'est pas un progrès vers quelque chose de meilleur ou de plus fort... L'Européen d'aujourd'hui, quant à sa valeur, reste bien en dessous de l'Européen de la Renaissance... Sous un autre rapport, il existe une réussite constante des cas isolés, aux endroits les plus divers et provenant des cultures les plus diverses avec lesquels se manifeste effectivement un type supérieur : quelque chose qui par rapport à l'ensemble de l'humanité est une sorte de surhomme".Friedrich-Nietzsche.jpg

Le vingtième siècle a vu ce que ce genre d'exhortations a donné sur le terrain, massivement inoculé à des esprits sans finesse. Il y a tant de chiens enragés qui feraient mieux de cultiver l'Homme qui sommeille en eux, qu'il est toujours trop tôt pour penser au surhomme...

Enfin bon, le conflit d'interprétation est inévitable. Que voulait donc dire Nietzsche ? Que l'homme doit assumer et explorer sans crainte ses instincts les plus dangereux ?

Or, après s'être immergé au coeur de l'instinct animal, il faut encore passer par le règne végétal (la réceptivité originelle). Et après ça, il faut descendre plus bas que terre, sous le poids indicible de l'instinct minéral (si ! si ! il y a également un instinct minéral, proche de la force d'inertie, et bien ancré en nous).

Puis, ayant parcouru toutes les composantes de sa nature, l'être humain devrait pouvoir choisir en connaissance de cause ce qu'il est vraiment. Ou du moins, il devrait pouvoir déceler cette petite place vide, cette zone manquante, cette question sans réponse à laquelle il doit pallier par lui même, ce en achevant de se créer à l'image qu'il aura intimement choisie.

 

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commentaires

A
Evidemment, tout le monde le sait, mais encore faut-il constamment le rappeler, Nietzsche parle avec des symboles, oscillant sans cesse entre le symbole (comme dans la ฺBible) et le nominalisme (les "étiquettes" -- Nietzsche inspirera beaucoup Weber et son concept d'idéal-type).<br /> Nietzsche se perd dans le discours humain. Il découvre que tout ce qui est dit, jusqu'à la science la plus dure, n'est jamais que produite par l'humain, et non par Dieu ; la conséquence, c'est qu'avec d'autres humains, on aurait d'autres discours. Pour garder tout de même un repère, il se met à poser une vérité, ou plutôt, vérité étant volonté, et volonté de puissance (pas loin, a priori, du craignos dernier Hegel, mais encore opposé à lui), il pose un homme théorique dans le futur : le sur-homme. Quelque part, il semble dire que n'importe quel humain que l'on puisse imaginer, il a existé, il existe ou il pourra exister.<br /> "Tout est masque". Nous n'utilisons plus les masques (même dans les carnavals, à vrai dire) : nous sommes ce que nous sommes (sentace fondamentale du fascisme, dixit Deleuze, et en vogue depuis quelques années...). Nietzsche dit que non seulement nous pouvons être beaucoup de choses bien différentes, parce que ces choses existent indépendamment de nous (ça relève de l'identification ; ensuite, c'est comme si nous étions vraiment ces choses, l'"imaginaire" devient réel, incarné, et nous pouvons nous identifier à ces masques, à "nous-mêmes", surtout si les autres nous le renvoient), mais que ce que nous sommes vraiment, nous-même au fond, on n'en sait rien (Freud partira à la recherche de ce moi, et Deleuze, contre Freud et la psychanalyse, parlera de "plan", d'une pure "surface" (d'échange) -- si j'ai bien tout compris, ce qui n'est pas sûr du tout...).<br /> Nietzsche recherche autant lui-même que la "vérité", c'est-à-dire le point à partir duquel le réel peut être modifié (contre Hegel, évidemment et comme toujours). Il semble supposer que c'est à la fois connaître ce "moi" (Belhaj Kacem a parlé d'"Antéforme" dans le bouquin du même nom) et connaître l'imaginaire, c'est-à-dire l'ensemble des masques et les raisons de l'identification ; c'est pour ça que dans Ecce Homo, où il dira avoir trouvé LA méthode (ou "sa philosophie", puisqu'il n'a pas encore dépassé cette conception du philosophe -- grec --, à moins qu'il la retrouve contre le Grand Objectiviste cerné par l'imaginaire), il ira jusqu'à recommander le meilleur régime alimentaire souhaitable.<br /> Il y a là un labyrinthe nietzschéen, non ? Dont l'on ne peut pas sortir (un brin de paranoïa !), mais où l'on peut se déplacer de la meilleure façon possible. Nietzsche dit en somme que celui qui parvient à sortir de ce labyrinthe, c'est le sur-homme. Foutaises, sauf qu'actuellement on a beaucoup de gens, comme ça, bourrés de sport, de boissons vitaminées et d'hygiène, qui peuvent passer pour ce surhomme ; Nietzsche était fasciné par le gros débile qui vit de la meilleure façon possible, sans chercher à comprendre quoi que ce soit, en s'identifiant sans même y penser à sa volonté. Son fond chrétien, à Nietzsche, lui fait mépriser ces êtres, je pense (à travers les amis du "lama" sa soeur...), mais c'est tout de même, dans une certaine mesure, ce qu'il vise. Pour le dire entièrement, je crois que ce qu'il vise, lui qui aurait, je crois, volontiers accepté de sortir de son corps, c'est un être capable de toutes les métamorphoses, et "pour de vrai" (pas un acteur -- le "comédien" fait partie, avec le chrétien et l'homme qui croit être ce qu'il est, de ses cibles favorites), un être capable de tous les masques -- et le mythe, alors, n'est pas celui du surhomme, mais de l'homme qui peut tout devenir (l'ado originel, si on veut). C'est tout ce que je trouve pour ne pas penser que le "deviens ce que tu es" s'applique à ces affreux qui "sont" directeurs de marketing, responsables de com, faiseurs de pub, animateurs télé ou ministre de l'intérieur.
Répondre
E
En fait, je n'ai jamais bien compris ce que signifiait le sur-homme pour Nietzsche (il cultivait activement quelques contradictions), mais je suis sûre qu'il ne s'agit  ni du "débile" hyper vitaminé, ni de l'ado originel. Je ne pense pas que l'exploration des possibles (d'une façon toute virtuelle) constitue une alternative au labyrinthe, pas plus que l'accumulation des masques.<br /> Si je suis rétive, c'est sans doute parce que je crois qu'il est possible d'en sortir, à coup de massue s'il le faut, ou en creusant des souterrains...<br /> Quant aux petits fantoches que vous évoquez en fin de commentaire, ils me font penser à ces micro-organismes dépourvus de cellule propre (mieux connus sous le nom de virus) qui tendent à investir le mécanisme de synthèse protéique des cellules vivantes afin de s'y diffuser. Cette charmante diffusion a lieu au plus intime de l'imaginaire, semble t'il... Mais encore faut il avoir trouvé une faille.<br /> Sur ce, je vous remercie d'être passé par là.