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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.
En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.
Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.
Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE...

Visages mythiques et têtes de morts... Passage initiatique... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...

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Cycles de vie et de mort... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Soleils noirs... Envers des décors... Déluges... Irruptions... Feux, fièvres et sang... Jardins de Chine... Faunes humaines... Mondes engloutis... Energies fossiles et âmes fossilisées... Oeuvres divines et mortelles...




Labyrinthes culturels

Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 22:04

Il y a une image de la femme fatale, issue tout droit du film noir, et parfaitement incarnée par Ava Gardner dans Les tueurs ... Cette image de l'actrice assise sur une table ronde,  les jambes croisées et découvertes sous une robe-foureau noire, une lampe braquée sur elle, le regard noir et fixe sous sa chevelure noire également, a si bien marqué les esprits que bien des gens ont longtemps cherché en vain cette scène dans le film. Or la pose n'y figure pas comme telle. Seule l'atmosphère y est.

La fatale petite créature du film, menteuse et déloyale, nous renvoie comme toujours à la vieille image d'Eve (encore, oui) mère originelle du péché et de la mort. La première femme fatale, donc. Mais si je prends la peine de m'arrêter sur cette image, c'est que je viens juste de remarquer l'analogie entre les "noms" de ces deux personnages. Certes, il est facile de noter qu'Eve et Ava ont la même racine. Mais que dire de Gardner, étrangement apparenté aux mots garden et gardener qui nous renvoient au jardin et à la fonction première que l'homme Adam y occupait ? L'analogie est sans doute fortuite, mais bon... D'ailleurs, Ava Gardner, déjà associée dans nos mémoires à la sensualité brute, est sans doute plus connue sous un autre surnom : le plus bel animal du monde.

Loin loin loin de cultiver les fruits défendus de cet immémorial Eden, je vous laisse admirer l'ombre planante de la pécheresse qui (outre la connaissance bien mal acquise) n'en finit pas de servir de muse.

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 12:02

Il y a toujours quelque chose qui germe quelque part, et que l'on cultive (ou pas).
Des jungles et des jardins, oui... Mais aussi des terrains vagues, des marais, un terreau quelconque, enfin.
J'aime beaucoup les jardins chinois et japonais. On y trouve toujours un plan d'eau (un lac ou un étang). Des roches. Des floraisons particulières. Un exemple d'architecture...
Tout y semble toujours très naturel. La main de l'homme y reste discrète, quoiqu'il y ait sans doute une grande dextérité derrière ce naturel apparent.
Bien loin de cette influence taoïste, se déploie le jardin français. Ici même, dans ce labyrinthe, nous errons présentement parmi des formes géométriques et des conceptions dévolues à l'"hermétisme". Ce n'est pas en pleine nature que nous nous promenons, mais dans un dédale cérébral.
Au moins, nous sommes prévenus.


Le jardin n'a rien d'anodin. Non non non. Il a un rapport direct avec l'homme depuis son apparition sur terre, ou sa création dans l'univers... La génèse à laquelle se rapportent les trois monothéismes évoque le rôle d'Adam dans le jardin originel. Cet Eden...
Certes, les chinois ne s'y réfèrent pas, mais il y a des choses qu'on sait sans savoir.
Adam, donc, était sensé nommer les êtres vivants; puis leur ayant donné un nom, en prendre soin et les cultiver.
Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé (enfin si, tout le monde le sait : la connaissance!), mais la terre lui devint hostile, et il fallut qu'il l'exploite durement pour en tirer quelque chose...
Ensuite il y eut des jungles farouches, mais aussi des déserts. Nos jardins d'origine sont désormais invisibles. En faisant très attention, cependant, on peut voir le jardin dont nous sommes issus et qui nous suit partout comme une fine atmosphère. Ce jardin nous révèle...

Le mois dernier, un ami me montra son jardin. Ce n'était pas vraiment le sien, mais aujourd'hui je sais que ce n'était pas par hasard. C'était un bien triste jardin... Il y avait quelques fleurs, mais généralement artificielles, parsemant des blocs de pierre à quelques mètres au dessus d'ossements humains. Il y avait aussi un tas de petits objets déposés sur les tombes : des jouets, des figurines et des portraits. Et quelque part ailleurs, dans une autre ville, il y avait des gens et une jeune fille en deuil. Au départ, je ne fus pas choquée qu'il m'emmène visiter un cimetière (parce que c'est calme et reposant, un cimetière, et puis ça peut ête beau). Celui ci n'avait rien d'extraordinaire, et ce ne fut qu'après coup que je me rendis compte qu'il s'agissait de son jardin personnel, rempli d'objets inertes.
Il était joyeux, cependant, et d'humeur légère au cours de cette balade. Mais d'une joie déplacée. D'une joie malsaine, même.
Je crois qu'il n'avait pas conscience de ce qu'il me montrait...


Quand j'étais enfant, je passais l'été dans un jardin sur la côté d'azur. Il y avait des fruits qui poussaient sur les arbres. Des figues et des amandes. Au sol, il y avait des tomates et des melons. Les melons avaient poussé tout seuls, dit on, sans qu'on les ait plantés (parce que c'est à cet endroit qu'on avait coutume de jeter les pelures, je crois).

Pour lors, je suis allée faire un tour au Louvre, et j'ai traversé le parc (le jardin des Tuileries). J'ai longé la fontaine. J'ai pensé aux jardins occultes et à mon labyrinthe circulaire. Je ne sais pas si je suis partie du centre et que je me dirige vers des cercles de plus en plus larges et englobants, ou bien si je me dirige vers un point central, au coeur du labyrinthe. On ne sait jamais trop où l'on va.
Je n'aime pas les jardins stériles. Je n'aime pas les jardins d'objets et de miroirs en trompe l'oeil. J'aime les jardins que produisent quelque chose de vivant.

Quelque chose à laquelle on puisse vraiment donner un nom...

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /2008 20:51


Aujourd'hui, voici les paroles d'une chanson passée par de multiples bouches. Fever : un thème qui a beaucoup circulé depuis Little Willie John jusqu'à Madonna, sans oublier Peggy Lee, Ella Fitzgerald, Elvis Presley, The Doors ou Beyonce... Le classique du Rythme & Blues par excellence. Thème cyclique et particulièrement physique.




Pour ma part, cette chanson me fait penser au débat qui fait rage quant aux énergies fossiles et renouvelables, aux biocarburants et aux moteurs hybrides. Pourquoi ça ? Hé bien, parce que la fièvre survient dans un organisme en déséquilibre. En général, en présence d'une infection, laquelle mobilise un surplus de ressources défensives, et entraîne la surchauffe dudit organisme. Certes, on peut avoir la fièvre pour d'autres raisons... Il peut s'agir d'une "surchauffe" de toute autre nature : un excès d'activité, une forte attraction... Evidemment, Fever : la petite rengaine ci dessous, doit être prise sous un angle attractif. Mais il me plait de m'appesantir sur le caractère "combustible" de la chose. En somme, nous sommes tous constitués de poussière, d'eau et de feu. Notre petite machine organique (idéalement réglée à 37°) survit en brûlant de l'oxygène et des aliments journaliers. De même que nos équipements annexes (alimentés quant à eux en essence, piles, courants électriques, etc). En ces temps troublés où nous nous demandons si l'exploitation des sols doit alimenter les moteurs de nos automibles ou l'estomac des populations rendues inutiles par l'avènement de machineries hautement perfectionnées, je vous laisse en musique... 

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FEVER                                                                                                       

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Never know how much I love you                                                                          
Never know how much I care
When you put your arms around me
I get a fever that's so hard to bear
You give me fever (you give me fever) when you kiss me
Fever when you hold me tight (you give me fever)
Fever ... in the mornin'
Fever all through the night

Sun lights up the day time
Moon lights up the night
I light up when you call my name
'cause I know you're gonna treat me right
You give me fever (you give me fever) when you kiss me
Fever when you hold me tight (you give me fever)
Fever ... in the mornin'
Fever all through the night (WOW!!)                       

Everybody's got the fever
That is somethin' you all know
Fever isn't such a new thing
Fever started long time ago

(You give me fever)
Baby, turn on your love light (yeah, yeah)
Let it shine on me (yeah, yeah)
Well, baby, turn on your love light (yeah, yeah)
And let it shine on me (yeah, yeah)
Well, just a little bit higher (yeah, yeah)
And just a little bit brighter, baby (yeah, yeah)
You give me fever (yeah, yeah, yeah, yeah)
You give me fever.

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(Paroles ajoutées par Peggy Lee) :

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Romeo loved Juliet                                                                                       Captain Smith and Pocahontas
Juliet she felt the same                                                                                Had a very mad affair 
When he put his arms around her                                                             When her daddy tried to kill him  
He said, "Julie baby you're my flame"                                                        She said "daddy oh don't you dare
Thou givest fever when we kisseth                                                            He gives me fever with his kisses"
Fever with thy flaming youth                                                                         Fever when he holds me tight"
Fever I'm on fire                                                                                              Fever, I'm his missus" 
Fever yea I burn forsooth                                                                              Daddy won't you trat him right ?"
                                            

Now you've listened to my story 
Here's the point that I have made                                                                            
Cats were born to give chicks fever                                                                          
Be it Fahrenheit or centigrade                                                                             
We give you fever when we kiss you                                                                 
Fever if you live and learn                                                                                                   
Fever till you sizzle                                
What a lovely way to burn...
Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 12:58

La beauté est une chose étrange... L'autre jour, je suis tombée sur Mythologies de Roland Barthes. Et plus exactement sur le chapitre qui porte sur le visage de Garbo. En voici un extrait : "Garbo appartient encore à ce moment du cinéma où la saisie du visage humain jetait les foules dans le plus grand trouble, où l'on se perdait littéralement dans une image humaine comme dans un philtre, où le visage constituait une sorte d'état absolu de la chair..."


Il me semble que si Greta Garbo vivait à notre époque, elle passerait pour une femme ordinaire. Je veux dire, sur un plan strictement plastique. Parce que cette sorte de beauté est faite de mystère, c'est à dire : de distance, d'art et de murs infranchissables. "Le fard a l'épaisseur neigeuse d'un masque; ce n'est pas un visage peint, c'est un visage plâtré"... 
 Aujourd'hui, on assiste plutôt à un étalage d'imageries. Le voyeurisme est de mise -- point de murs infranchissables. Et d'ailleurs, dès qu'on a vu de près de quoi il est question, dès qu'on l'a épluché, consommé, digéré, on s'en détourne avec un léger mal de ventre, avant de se mettre en quête d'une nouvelle marchandise.
 Hum hum...  La véritable fascination semble toujours venir d'un au-delà morbide. Ce qui est également valable pour le visage de Dietrich ne l'est déjà plus pour celui de Marilyn (trop proche, trop palpable). Non non, dans le cas de Monroe, il faut une mort tragique pour soutenir la légende...


Je pensais à ça aujourd'hui, en ces jours de canicule où les foules se précipitent dans les fraîches catacombes de Paris et déambulent parmi les ossements humains. Il fait chaud dehors, d'accord. Mais il ne fait pas seulement frais dans les catacombes. Il y a autre chose de troublant...


Parfois, il n'y a même pas besoin de chair pour qu'un crâne soit fascinant. Au contraire; on se
 retrouve face à une matière brute, débarassée du moindre élément putrescible. (Ho là, je suis de sombre humeur, je n'aurais pas du relire Hamlet). Non, c'est vrai, j'ai toujours été fascinée par ce genre de beauté. Et même ce genre d'ambiance. Sinon, il y a aussi des attractions plus "pulsionnelles". Des stimuli vitaux, en somme, comme la faim ou la soif... Mais en fin de compte, il faut éprouver le vertige (je dirais même la peur) pour savoir ce qu'est le charme.

 

C'était la pensée du jour et rien de plus.

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /2006 13:23

Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien choisi mon heure)...


Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.

Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos... Passons.


En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude, l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle indignée).

Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même  de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...

Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.

 

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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