Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument
par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien
choisi mon heure)...
Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.
Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se
demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente
les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos...
Passons.
En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude,
l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est
vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle
indignée).
Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...
Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.
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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains
messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
Mirages... Envers des décors... Eden celeste et Stars terrestres... Schizophrènes et
déesses reptiliennes... Energies fossiles et âmes fossilisées...
Oeuvres divines et mortelles...
Le crâne de Fédor : voilà un lieu où se rencontrent et s'entrechoquent les deux dernières grandes
idéologies du monde moderne. Pour cet article en particulier, j'aimerais assez me faire appeler Elisabeth Fédorovna, parce que F. Dostoïevski fut pour moi une sorte de père spirituel. Evidemment,
dans un tel cas, le parricide est sous-jacent... Mais avant d'en arriver là, jetons un oeil dans les tréfonds de son crâne.
Partout, à chaque époque, chacun de nous peut observer ce jardin des délices, souvent préfabriqué, parfois reconstitué, naturellement artificiel... C'est un lieu bien
délimité où le mot d'ordre consiste à être heureux, innocent, satisfait (repu comme une bête, dirais-je)...
S'il est vrai que l'art consiste à harmoniser les choses
entre elles, on peut dire que l'éloquence est l'art de la parole, que la musique est celui des fréquences sonores, que la représentation est celui des images, etc... Enfin, tout
ça pour en conclure que la danse est l'art du geste. Du mouvement...
Il est vrai que ce cher Shiva se fait aussi régulièrement piétinner par son
énergique épouse, Kali. La déesse de la mort, danse aussi à sa façon... Que tourne la ronde!
Des conférences ouvertes au public ont régulièrement lieu au service universitaire
de l'hôpital St Anne à Paris : vaste édifice dédié aux malades de l'esprit...
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