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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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            AVERTISSEMENT

Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

Qui suis-je ?

  • : Elisabeth
  • labyrinthe
  • : Femme
  • : Paris
  • : 24/07/1978
  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE.
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
Mirages... Envers des décors... Eden celeste et Stars terrestres... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Energies fossiles et âmes fossilisées...
Oeuvres divines et mortelles...
Passage initiatique... De voie en voie, de phase en phase, de sphères en sphères, de mondes en mondes... Mais encore, mais quoi d'autre...

Vidéo LABYRINTHES

Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /2006 13:23

Non, je ne suis guère allée au delà d'une façade cernée par des foules grouillantes... J'ai été particulièrement bête ce jour là, d'aller traîner sur le quai Branly (prétendument par hasard) et d'avoir cru pouvoir jeter dans le Musée un regard fulgurant. Je n'allais tout de même pas camper là, écrasée dans une file de 30 000 km en plein après midi (comme quoi, j'ai bien choisi mon heure)...


Je pensais donner mon avis sur l'architecture et les expositions, mais il faut d'abord s'arrêter devant l'évènement par lui-même, puisque c'est un évènement.

Lorsqu'on longe ce quai fourmillant de visiteurs suffocants et souvent équipés de mini-caméras, on se demande au juste qui regarde quoi, et qu'est-ce qui se passe. D'une part, la foule est filmée pour les journaux du soir ; d'autre part, la foule filme les filmeurs et commente les commentaires. Quant à moi, voici que je commente les commentaires des visiteurs sur les commentateurs professionnels venus couvrir l'évènement en masse, avec leurs gros camions de matos... Passons.


En résumé, je n'ai rien vu (ceux qui s'intéressent vraiment au contenu du Musée attendront l'épuisement de l'effet de mode) mais je vais quand même donner mon sentiment. Comme d'habitude, l'architecture nous renvoie à LEGO LAND. De près c'est pire qu'à la télé (parce que les prises de vues aériennes flattent plutôt l'édifice). Enfin, ce n'est pas nouveau... Le jardin est vraiment en friche, limite en chantier (pourtant, une petite dame faisait remarquer qu'il y avait déjà des mégots dans la mare artificielle en promenant sur les visiteurs sa prunelle indignée).

Pour revenir à l'architecture, cette idée de boites suspendues est assez ironique (évidemment, je n'ai pas vu ce qu'il y a dedans). Comme pour tous les Musées (dans le principe même  de ce qu'est un Musée), il s'agit bien d'un lieu qui nous apprendra plus sur nous mêmes que sur les cultures mortes dont on expose "respectueusement" les restes. Serais-je violente ? Mais la culture n'est pas dans la relique. D'ailleurs aujourd'hui, je ne connais personne qui ait une culture, même si nous avons tous de nombreuses boites suspendues...

Moi qui ai des ancêtres mystérieux sur d'obscurs territoires dont je ne connais rien, je mesure tous les jours le poids de mon inculture... Mais bon, le Musée des Arts Premiers fera au moins partie des lieux qui nous rappellent qu'on a oublié quelque chose.

 

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Samedi 17 juin 2006 6 17 /06 /2006 15:59

Le crâne de Fédor : voilà un lieu où se rencontrent et s'entrechoquent les deux dernières grandes idéologies du monde moderne. Pour cet article en particulier, j'aimerais assez me faire appeler Elisabeth Fédorovna, parce que F. Dostoïevski fut pour moi une sorte de père spirituel. Evidemment, dans un tel cas, le parricide est sous-jacent...  Mais avant d'en arriver là, jetons un oeil dans les tréfonds de son crâne.

Fédor, comme on le sait, fut condamné à mort pour ses activités révolutionnaires, et gracié in extrémis. Cette petite "aventure" le marquera pour le restant de sa vie. Dès lors surgiront dans sa littérature d'étranges personnages, presque caricaturaux (j'ai dit presque parce qu'ils semblent très conscients de la caricature qu'ils font d'eux mêmes), abreuvés de thèses politiques d'avant garde, déchirés par leur mysticisme, défenseurs d'un relent d'ordre moral, et finissant le plus souvent au goulag, soit fous, soit suicidés.

Les héros dostoïevskiens sont souvent des jeunes hommes aux figures christiques, mêlées d'idiotisme, de démence, voire de machiavélisme. Bref, un paradoxe.

Freud a écrit : "Dans la riche personnalité de Dostoïevski, on distingue quatre aspects : l'écrivain, le névrosé, le moraliste et le pêcheur." Mais il finira sa préface en soulignant surtout l'aspect névrotique : " L'angoisse envers le père est bien trop connue pour qu'il soit nécessaire de faire plus que la mentionner". Telle est la dernière phrase de sa préface des fréres Karamazov. Il écrira en outre dans sa correspondance privée : "Je n'aime pas réellement Dostoïevski. Cela vient de ce que ma patience envers les natures pathologiques s'épuise entièrement dans l'analyse".

Mais pour moi, plutôt qu'un cas clinique, Dostoïevski est avant tout le réceptacle d'une époque charnière, époque à laquelle les croyances sont mourantes mais non pas mortes, et où l'idéologie communiste s'ammorce tout juste. C'est le temps où se combattent à mort les derniers géants de l'aliénation humaine, avant l'avénement du nihilisme, puis du cynisme ambiant.

A présent, je ne dirais pas que rien n'a de valeur, mais que tout n'existe qu'à titre spéculatif, et donc relativiste. Qui voudrait encore mourir pour une idée ? Certes, il y a bien des fanatiques, mais le terreau dont ils jaillissent (même pour ceux qui accèdent aux jouissances matérielles) est fondé sur la négation de leurs propres valeurs*; il s'agit donc plutôt d'une attaque défensive, et non pas de la survenue d'une idéologie neuve.

Non... Vraiment, non... Il n'y a guère d'âme abyssale dans la carcasse contemporaine. Les profondeurs "dostoïevskiennes" n'ont qu'un très faible écho dans nos crânes (quoiqu'il y ait beaucoup de névrosés, mais ça n'a rien à voir).

Ce qu'il y a d'admirable chez Dostoïevski, c'est qu'il croit  à chacune des idées qui le possèdent, et qu'il croit également à la nécessité de n'y plus croire, tout en se forçant encore à croire  aux démons... dont il doute...

Ce que j'écris manque t'il de clarté ? En fait, sa dualité, c'est la volonté d'illusion contre celle du néant. Enfin, je crois...

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*Je ne sais plus du tout ce que j'ai voulu dire par là. En fait, de quel terreau jaillissent-ils? Et de quelles valeurs est il question??? Si j'arrive à m'en souvenir, il faudra préciser.

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /2006 22:27

Il était une fois un jardin nommé Eden... Qui ignore cette histoire ?

Partout, à chaque époque, chacun de nous peut observer ce jardin des délices, souvent préfabriqué, parfois reconstitué, naturellement artificiel... C'est un lieu bien délimité où le mot d'ordre consiste à être heureux, innocent, satisfait (repu comme une bête, dirais-je)...


Ce jardin des délices finit toujours par virer au jardin des supplices, mais en attendant l'heure fatidique où se déchire le voile, il convient de fermer les yeux et de ruminer.

Il y a des gens qui pensent que le fruit défendu fait allusion au sexe. Mais non, pas du tout ! Rappelons qu'il s'agit de l'arbre de la connaissance (certes, le mot "connaître" au sens biblique prête à confusion... C'est à dessein, d'ailleurs,  mais revenons à notre arbre). Voilà donc le premier fruit transgressif. Ce fruit s'accorde de concert avec celui du jugement et de la conscience de soi, sans masque ni fard, dans notre entière nudité (quelle horreur !)... C'est une manière bien habile d'asservir les esprits que de brandir l'épouvantail de la culpabilité, de sorte qu'il est difficile de savoir si la trangression est une réaction saine ou perverse... Cela dépend de l'Eden en question. Certes, après avoir croqué le fruit, avide de mille et un savoirs neufs, on se trouve bien attrapé quand on apprend qu'on est tout nu, et qu'il n'y a rien d'autre à connaître (si ce n'est la maladie, la vieillesse et la mort). Ou alors, c'est précisément CELA qu'il faut connaître...


A quoi bon revenir sur cette vieille histoire ? me dira t'on. Mais l'histoire est toute jeune et n'en finit pas de passer.

Aujourd 'hui, bien sûr, le jardin a changé de nom. On s'y balade en costume et lunettes noires. Il convient d'y rêver et d'y gesticuler sur des airs de musique savamment composée. Le rêve aussi est composé sur certains petits airs. Mais le tour de force des "maîtres des lieux", c'est qu'on a même le droit de gratter le vernis de ce beau décorum, d'en critiquer l'ambiance, d'y blasphémer et de s'y battre. Délices ou sévices : c'est au choix, pourvu qu'on reste dans le cadre, et qu'on s'y sente bien enveloppé, vêtu, paré, masqué...

 Mais il demeure une limite à ne pas transgresser (sous peine d'être banni). Cette limite, c'est toujours la même : ô fruit de la connaissance !



Après avoir dit ça, il reste à définir ce qu'est cette connaissance, exactement. Non pas un amoncellement de savoirs érudits. Non pas un art dialecticien. Non pas une longue introspection de type psychanalytique... Alors quoi ? Je l'avais pourtant presque dite... Elle m'est restée sur le bout de la langue. Dommage. 

Par elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /2006 20:48

S'il est vrai que l'art consiste à harmoniser les choses entre elles,  on peut dire que l'éloquence est l'art de la parole, que la musique est celui des fréquences sonores, que la représentation est celui des images, etc... Enfin, tout ça pour en conclure que la danse est l'art du geste. Du mouvement...

Plus que du geste ou du mouvement, il s'agit même de l'art de l'Acte. Pourquoi le dieu Shiva est-il représenté dansant, créant et et détruisant les sphères à chacun de ses pas ? Chacun de ses mouvements est sensé avoir d'infinies répercussions. Il y a là quelque chose qui ressemble à un rituel (où chaque geste vient méthodiquement s'encastrer dans le symbole qui lui correspond) mais aussi quelque chose qui insinue un magnétisme...  Quand je dis magnétisme, je veux parler d'une loi élémentaire : la force de gravité.

Chaque corps (terrestre, celeste ou que sais-je ?) se déplace selon son poids et va tourner autour d'un autre, lequel ira lui même graviter autour d'un astre plus grand, formant ainsi des systèmes solaires, une galaxie, des univers... N'est-ce pas ainsi à tous les niveaux ?

Et que dire des météorites qui servent de témoins aux étoiles éclatées dont les poussières viennent s'abattre sur les rondes harmonieuses des astres en ordre ? (car celui qui ne trouve pas sa place dans la ronde, s'élance dans le vide et tombe). Bref, contempler la danse des corps est toujours instructif.

Parfois, on met un peu de temps à comprendre la chorégraphie qui nous incombe. Il y a toujours une heure pour le chaos, mais tout ce qui  s'accomplit repose sur un rythme et une harmonie. C'est pourquoi (à l'instar du lapsus) un faux pas est rarement innocent.

Et le Maître du Temps doit raffoler des farandoles.

 Il est vrai que ce cher Shiva se fait aussi régulièrement piétinner par son énergique épouse, Kali. La déesse de la mort, danse aussi à sa façon... Que tourne la ronde!

 

 

Par elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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Jeudi 1 juin 2006 4 01 /06 /2006 18:42

Des conférences ouvertes au public ont régulièrement lieu au service universitaire de l'hôpital St Anne à Paris : vaste édifice dédié aux malades de l'esprit...

Pour parvenir au lieu-dit, il faut d'abord cheminer le long des multiples allées du jardin agrémenté de petites pentes, de coins et de recoins, par delà mille carrés de pelouse verdâtre... J'exagère, dira t'on... Bref, on y entre un peu comme dans un labyrinthe. Heureusement, on en sort facilement quand on s'y aventure en tant que simple visiteur.

La conférence en question avait pour titre : "Approche psychanalytique de l'activité délirante". Je vais donc restituer les précieuses connaissances que j'ai acquises malgré mon oeil de néophyte.

Quoiqu'il y ait des formes variées de délires et bon nombre de psychoses, notre conférencier s'attarda volontier sur le cas du schizophrène. Il en fit le coeur de sa problématique, et je dois dire que jamais cas clinique ne me fut présenté avec autant de mystère. Vraiment, il en dressa un portrait digne de la plus obscure énigme des temps...

La schizophrénie, nous dit-on, n'est pas une psychose comme les autres, car le malade n'a pas accés au souvenir de l'unité originelle (c'est à dire, l'époque où le bébé crée son premier rapport au monde en s'y projetant d'une manière quelque peu narcissique). Les psychoses ordinaires amorcent généralement leur délire dans ledit narcissisme afin de se recréer un monde intérieur à partir de l'ego. Mais pas le schizophrène. Non, car le schizophrène (par un étrange oubli, un vide ou je ne sais quelle ellipse) n'a même pas d'ego. Disons plutôt que son ego a volé en éclats, de sorte qu'aucune limite claire n'existe entre lui et les autres; entre l'intérieur et l'extérieur.

Le conférencier nous rapporta ces paroles d'un patient : "Je n'ai jamais d'intimité".

Le monde entier devient pour lui un bruitage incessant, une sorte d'ennemi omniprésent qui agit jusque dans ses pensées. Or comment en est-il arrivé là ?

Notre conférencier explique que la raison se trouve dans la qualité du premier rapport au monde du nouveau né. Ce n'est pas que le rapport ce serait mal passé; il ne s'agit pas là de savoir si le rapport se fit dans l'amour, la haine, la violence ou l'ambiguité.... Non, il s'agit de constater que le rapport n'a pas eu lieu.

On peut imaginer que le petit individu fut simplement traité comme un objet parmi d'autres, de la sorte la plus neutre qui soit. Ou bien, qu'il ne fut pas traité du tout. A la source de cette affaire, il y a la négation de soi même en tant que personne à part entière. Enfin, cela reste une énigme, car après tout, il y a aussi des individus ignorés ou mésestimés qui n'en deviennent pas moins de grands mégalomanes à l'égo totalitaire.

J'aurais beaucoup aimé qu'un ami (très cher) m'accompagne à cette conférence, car tout au long de ce portrait, j'avais l'impression que le psychiatre parlait de lui. Certes, le jeune homme en question n'est qu'un malade léger, mais il ressemble quand même beaucoup à cet Homme Elliptique. Vraiment, j'ignore s'il faut se laisser charmer par tant de mystère ou partir en courant.

 

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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