Bienvenue ici même

Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

Recherche par mot clef

Codes et Décodages

            AVERTISSEMENT

Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

Qui suis-je ?

  • : Elisabeth
  • labyrinthe
  • : Femme
  • : Paris
  • : 24/07/1978
  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

Autres pistes

IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE.
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
Mirages... Envers des décors... Eden celeste et Stars terrestres... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Energies fossiles et âmes fossilisées...
Oeuvres divines et mortelles...
Passage initiatique... De voie en voie, de phase en phase, de sphères en sphères, de mondes en mondes... Mais encore, mais quoi d'autre...

Vidéo LABYRINTHES

Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /2007 15:38

Le mythe a coutume de glisser sur la fine lame du rasoir, entre mensonge et vérité. En somme,  c'est une vérité signifiée par un artifice.  Une habile machinerie dont chacun des rouages participe d'un symbole révélateur... C'est une vieille manie, toute personnelle au genre humain.
 
En premier lieu, il y a le mythe de l'Eternel retour, cher aux stoïciens et à Nietzsche. En somme : le mythe agraire du retour à la vie, du cycle des saisons et du passage à travers la mort. Ce mythe englobe tous les autres en lui-même, mais il ne revêt jamais la même forme. En effet, qu'y a t'il de commun entre la fête du printemps, la descente aux enfers, la nuit des morts, ou la traversée du désert ?

L'ultime tentation de l'homme, c'est d'en fabriquer un. Un mythe. Or, le mythe ne se fabrique pas. Il jaillit tout armé, tout beau et tout brillant, sans prévenir de son entrée en scène. Ses armes sont d'une autre nature que les nôtres. Pendant longtemps, on ne le perçoit pas... Bien sûr, il appartient toujours aux premiers qui le flairent et qui s'en emparent. C'est d'ailleurs là qu'il se pétrifie, car il ne brille jamais tant que lorsqu'il  a cessé de vivre.

Aujourd'hui, il convient de fabriquer son propre mythe. En d'autres termes, il convient de mentir. Et même, disons franchement qu'il convient de pourrir (pourrir vivant, comme dirait l'autre).  Faisons une minute de silence, puis ouvrons grands les yeux. Car, où est il passé ? Le mythe. Le significatif... Il est partout, oui. C'est donc qu'il n'est nulle part. Il emprunte des formes successives, certes. Il s'habille du flux des temps. Oui mais...

 Le mythe n'arrive pas n'importe comment, et il ne revêt pas n'importe quelle forme. Parmi tant d'imageries diverses, tant de masques enchevêtrés, il commence toujours par venir nu. Nu et seul. Sans autres échos. Infiniment lointain de tout ce qui braille. Voilà sur quoi je médite en ce moment. Je tends l'oreille et les narines. Probablement... sans doute... après la longue parade des mythomanes en lunettes noires, quelque chose va jaillir, comme Vénus surgissant de l'écume.

Simple intuition.

 

Par elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 30 novembre 2006 4 30 /11 /2006 19:53

A moins d'être très vivement interpelée par mes si silencieux visiteurs, je ne pense pas remettre de si tôt les pieds dans ce labyrinthe.

Ai-je trouvé une issue ? Hum... pas sûr. Mais il existe sans doute une autre rive que je m'en vais explorer. Son adresse :

 http://etre-en-lettres.over-blog.com

J'espère bien y trouver autre chose qu'un miroir...

Par elisabeth - Publié dans : Du fond du labyrinthe
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Mercredi 26 juillet 2006 3 26 /07 /2006 12:58

La beauté est une chose étrange... L'autre jour, je suis tombée sur Mythologies de Roland Barthes. Et plus exactement sur le chapitre qui porte sur le visage de Garbo. En voici un extrait : "Garbo appartient encore à ce moment du cinéma où la saisie du visage humain jetait les foules dans le plus grand trouble, où l'on se perdait littéralement dans une image humaine comme dans un philtre, où le visage constituait une sorte d'état absolu de la chair..."


Il me semble que si Greta Garbo vivait à notre époque, elle passerait pour une femme ordinaire. Je veux dire, sur un plan strictement plastique. Parce que cette sorte de beauté est faite de mystère, c'est à dire : de distance, d'art et de murs infranchissables. "Le fard a l'épaisseur neigeuse d'un masque; ce n'est pas un visage peint, c'est un visage plâtré"... 
 Aujourd'hui, on assiste plutôt à un étalage d'imageries. Le voyeurisme est de mise -- point de murs infranchissables. Et d'ailleurs, dès qu'on a vu de près de quoi il est question, dès qu'on l'a épluché, consommé, digéré, on s'en détourne avec un léger mal de ventre, avant de se mettre en quête d'une nouvelle marchandise.
 Hum hum...  La véritable fascination semble toujours venir d'un au-delà morbide. Ce qui est également valable pour le visage de Dietrich ne l'est déjà plus pour celui de Marilyn (trop proche, trop palpable). Non non, dans le cas de Monroe, il faut une mort tragique pour soutenir la légende...


Je pensais à ça aujourd'hui, en ces jours de canicule où les foules se précipitent dans les fraîches catacombes de Paris et déambulent parmi les ossements humains. Il fait chaud dehors, d'accord. Mais il ne fait pas seulement frais dans les catacombes. Il y a autre chose de troublant...


Parfois, il n'y a même pas besoin de chair pour qu'un crâne soit fascinant. Au contraire; on se
 retrouve face à une matière brute, débarassée du moindre élément putrescible. (Ho là, je suis de sombre humeur, je n'aurais pas du relire Hamlet). Non, c'est vrai, j'ai toujours été fascinée par ce genre de beauté. Et même ce genre d'ambiance. Sinon, il y a aussi des attractions plus "pulsionnelles". Des stimuli vitaux, en somme, comme la faim ou la soif... Mais en fin de compte, il faut éprouver le vertige (je dirais même la peur) pour savoir ce qu'est le charme.

 

C'était la pensée du jour et rien de plus.

Par elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /2006 21:54

Une nymphe s'appelait Echo. Echo aimait Narcisse... Narcisse aimait Narcisse... Echo était captive de l'écho d'autres voix ; Narcisse était captif de son propre reflet. Tel est le mythe. Il faut saluer les grecs antiques pour leur génie de la personnification. Pour chaque recoin de l'âme humaine (tendance, complexe, passion, haine, jusqu'aux névroses mêmes...) ils surent trouver un personnage illustrant "dans sa chair" l'état d'âme en question. Mais qu'en est il de nous aujourd'hui ?

Oui, nous avons bien des ressemblances avec Narcisse. Comme lui (figé au bord des eaux, l'oeil scrutant une image) nous percevons machinalement la voix d'une petite nymphe, postée juste à côté. Nous ne savons pas son nom, mais nous savons qu'elle nous répète toujours les mêmes slogans : ondes sonores pour ondes visuelles. Quels sont-ils, ces slogans ? Hum... Il y a le choix. Ca ressemble à des sentences tyranniques. Mais des sentences enveloppées de la plus extrême douceur, stratégiquement orientées vers notre beau nombril. Par exemple : "Prends soin de toi ; Tu le vaux bien ; N'imite pas, innove ! ; Just do it !" ... Oui oui, la pub m'indispose.

C'est dommage, d'ailleurs, cette intime connaissance des mécanismes du désir, si habilement déployée pour en arriver là (un vulgaire marchandage). Il y aurait là tout un théâtre des profondeurs à explorer... Mille personnages jaillissant de leurs ondes immobiles et échappant à la noyade. Je dis ça parce qu 'on s'ennuie ferme au bord de l'eau (cette eau là), coincé entre Echo et Narcisse. La vie s'anime au gré des rencontres, mais ces deux là ne rencontrent jamais qu'eux mêmes, quelle que soit la matière où ils posent le regard... Et quel que soit l'espace où retentit leur voix.

Par elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 29 juin 2006 4 29 /06 /2006 08:47

Dieu n'est pas mort de mort naturelle ; quelqu'un l'a tué... Tel est le diagnostic de Nietzsche. Ce quelqu'un est un homme particulièrement pudique. Hideux, de surcroît. Mais pudique avant tout.

 

En abordant ce sujet là, Nietzsche déploiera des trésors de mise en scène. Etrangement, ce héros, ce triomphateur de Dieu, ce conquérant de lui même, nous est donné à voir comme une vague créature, une chose honteuse, ayant à peine figure humaine, une chose assise au bord du chemin, dans un lieu vide et désolé...


Lentement, progressivement, Nietzsche décrira le paysage où surviendra la créature :

 " Lorsque le chemin de nouveau contourna un rocher, voici que changea d'un coup le paysage, et dans un royaume de mort Zarathoustra fit son entrée. Là se dressaient des roches noires et rouges ; ni herbe, ni arbre, ni chant d'oiseau. C'était là un val que fuyaient toutes bêtes, même de proie, sauf qu'une sorte de serpents hideux, épaix et verts, venaient là pour mourir..."

Voilà donc le décor posé. Et voilà que la "chose" interpellera le philosophe en lui lançant une devinette : " Zarathoustra ! Zarathoustra ! Devine mon enigme ! Parle ! Parle ! Qu'est-ce que la vengeance sur le témoin ? (...) Sagace tu te crois ô fier Zarathoustra ! Devine donc l'enigme ô dur casseur de noix. L'enigme que je suis. Parle donc. Qui suis-je, Moi ?"

Non sans avoir rougi, non sans avoir tremblé et repris ses esprits, le philosophe lui répondra : "Je te reconnais bien; tu es le meurtrier de Dieu. (...) Tu n'as souffert celui qui te voyait, toi, -- qui te voyait toujours et tout entier, ô toi le plus hideux des hommes ! Sur ce témoin tu t'es vengé !"

Quant à moi je ne puis retenir ma surprise devant une telle révélation. Ainsi la pudeur de l'homme serait la cause de la mort de Dieu ? En fait, si nous le regardons à la lumière contemporaine, je me demande de quoi il pourrait avoir honte,  ce pâle négateur, en ce siecle de grand étalage... Aujourd'hui, plutôt qu'un Dieu, nous avons des idoles. Nous avons "le plus froid de tous les monstres froids" et quelques autres agréments... Nous avons de belles images de nous mêmes, des jeux et des écrans où projeter nos "identités", de sorte qu'aucun de nous n'a honte de se laisser voir. Au contraire, l'exhibition est de rigueur ; tout le monde se montre ou voudrait se montrer. Tout le monde a quelque chose à jeter sur la place publique (ou à mettre en ligne). Avec plaisir, parfois, nous répandons nos entrailles sous le nez des passants. Alors comment expliquer la pudeur du plus hideux des hommes ? Quoi ?  Parce qu'il est hideux ? Mais il y en a partout, des hideux qui s'exhibent sans pudeur, sans la moindre conscience de leur propre hideur... Hum, ce serait donc à nouveau un problème de conscience. Homme lucide, je suppose. Capable de se voir en face. Capable de sentir même un oeil surhumain. Face à Zarathoustra, voilà l'explication qu'il donne  :

"Lui ne pouvait que mourir : il voyait avec des yeux qui voyaient tout. Il voyait de l'homme les fonds et fondements, toute son ignominie et sa hideur cachées. Sa compassion ne connaissait aucune pudeur ; il se glissa dans mes plus sales recoins. De tous le plus curieux, le trop indiscret, le trop compatissant, celui là ne pouvait que mourir. Il me voyait toujours : sur ce témoin j'ai voulu me venger, ou bien moi même ne pas vivre. Le Dieu qui voyait tout, même l'homme, ce Dieu ne pouvait que mourir ! Point ne tolère l'homme que vive pareil témoin."

Mais est-ce vraiment d'un Dieu, ce regard insidieux qui s'insinue partout ? On croirait qu'il parle de la presse, avec tout son arsenal émotif et sensationnel (faudra-t'il donc l'assassiner, elle aussi ?)... Je m'égare, peut-être. D'ailleurs pareille impudeur est fort bien tolérée de nos jours. Et puis, qui peut descendre en lui même, à ce niveau de profondeur ? A ce niveau intolérable où nul autre n'est autorisé à descendre avec soi ?

Par elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés