Vendredi 25 avril 2008
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20:51
Aujourd'hui, voici les paroles d'une chanson passée par de multiples bouches. Fever : un thème qui a beaucoup circulé depuis Little Willie John jusqu'à Madonna, sans oublier Peggy Lee, Ella
Fitzgerald, Elvis Presley, The Doors ou Beyonce... Le classique du Rythme & Blues par excellence. Thème cyclique et particulièrement physique.
Pour ma part, cette chanson me fait penser au débat qui fait rage quant aux énergies fossiles et renouvelables, aux biocarburants et aux moteurs hybrides. Pourquoi ça ? Hé bien, parce que la
fièvre survient dans un organisme en déséquilibre. En général, en présence d'une infection, laquelle mobilise un surplus de ressources défensives, et entraîne la surchauffe dudit organisme.
Certes, on peut avoir la fièvre pour d'autres raisons... Il peut s'agir d'une "surchauffe" de toute autre nature : un excès d'activité, une forte attraction... Evidemment, Fever : la petite
rengaine ci dessous, doit être prise sous un angle attractif. Mais il me plait de m'appesantir sur le caractère "combustible" de la chose. En somme, nous sommes tous constitués de poussière,
d'eau et de feu. Notre petite machine organique (idéalement réglée à 37°) survit en brûlant de l'oxygène et des aliments journaliers. De même que nos équipements annexes (alimentés quant à
eux en essence, piles, courants électriques, etc). En ces temps troublés où nous nous demandons si l'exploitation des sols doit alimenter les moteurs de nos automibles ou l'estomac des
populations rendues inutiles par l'avènement de machineries hautement perfectionnées, je vous laisse en musique...
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FEVER
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Never know how much I love
you
Never know how much I care
When you put your arms around me
I get a fever that's so hard to bear
You give me fever (you give me fever) when you kiss me
Fever when you hold me tight (you give me fever)
Fever ... in the mornin'
Fever all through the night
Sun lights up the day time
Moon lights up the night
I light up when you call my name
'cause I know you're gonna treat me right
You give me fever (you give me fever) when you kiss me
Fever when you hold me tight (you give me fever)
Fever ... in the mornin'
Fever all through the night (WOW!!)
Everybody's got the fever
That is somethin' you all know
Fever isn't such a new thing
Fever started long time ago
(You give me fever)
Baby, turn on your love light (yeah, yeah)
Let it shine on me (yeah, yeah)
Well, baby, turn on your love light (yeah, yeah)
And let it shine on me (yeah, yeah)
Well, just a little bit higher (yeah, yeah)
And just a little bit brighter, baby (yeah, yeah)
You give me fever (yeah, yeah, yeah, yeah)
You give me fever.
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(Paroles ajoutées par Peggy Lee) :
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Romeo loved
Juliet
Captain Smith and Pocahontas
Juliet she felt the
same Had
a very mad affair
When he put his arms around
her When
her daddy tried to kill him
He said, "Julie baby you're my
flame"
She said "daddy oh don't you dare
Thou givest fever when we
kisseth He
gives me fever with his kisses"
Fever with thy flaming
youth Fever
when he holds me tight"
Fever I'm on
fire Fever,
I'm his missus"
Fever yea I burn
forsooth Daddy
won't you trat him right ?"
Now you've listened to my story
Here's the point that I have
made
Cats were born to give chicks
fever
Be it Fahrenheit or
centigrade
We give you fever when we kiss
you
Fever if you live and
learn
Fever till you
sizzle
What a lovely way to burn...
Par Elisabeth
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Publié dans : Labyrinthes culturels
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Lundi 7 avril 2008
1
07
/04
/2008
14:58
Il m'est arrivé de penser à elle plusieurs fois, ces derniers temps. Je la trouve triste et sombre. L'image de la roulotte m'est venue à
l'esprit, un peu comme celle de la foire... Un spectacle itinérant... La petite Margarita dansait dès l'âge de quatre ans. Bien avant que son effigie ne soit peinte sur l'une des premières bombes
atomiques, avant de devenir l'archétype de la star, avant d'épouser l'"enfant terrible" du cinéma, puis un prince oriental et quelques autres, avant de descendre aux enfers, avant de boire
l'eau de mort à la fontaine de l'oubli, avant cela... Margarita dansait. Gravement et sans plaisir, puisque tel était le devoir que
son père lui avait assigné : danser.
En somme, elle fut toujours belle et souple, idéale à modeler. Et dans un premier temps, son père s'employa à la vieillir afin d'en faire sa partenaire de numéro. Ce monsieur avait monté une
école de danse latino, une troupe familiale, le "Dancing Cansino" et possédait une roulotte. Ainsi fardée et exposée, notre petite danseuse attira l'attention d'un producteur vaguement
douteux. Une voie nouvelle s'ouvrit devant elle (pas très différente de celle qu'elle suivait déjà, en fait, mais sous une autre forme, alors...). Au long de ce chemin, elle fut à nouveau modelée.
Cela arriva souvent, mais ce fut progressif. Des choses banales. On transforma son nom et sa chevelure, on lui arracha quelques dents pour creuser le visage. On lui dégagea le front en la
dépouillant d'une bande de cheveux par electrolyse : ce fut son premier scalp.
Puis la rousse Rita Hayworth poursuivit son bonhomme de chemin jusqu'au firmament des stars, toujours
dans sa roulotte, quelque part... Sans doute fut-elle dévorée par une créature qu'elle incarna tout particulièrement :
Gilda. Du moins, c'est ce qu'elle pensait. "Les hommes, disait-elle, tombent amoureux de Gilda, et se réveillent avec moi"... Ce fut à cette époque que tomba Orson Welles, après avoir vu une photo
de la star et fait le pari qu'il l'épouserait. Une fois la pari gagné et un enfant conçu, les choses tournèrent mal. Juste avant le divorce, le couple tourna ensemble La dame de
Shanghaï, seul film où Orson Welles eut l'occasion de diriger sa future ex femme. Certains crurent percevoir un symbole vengeur dans la nouvelle coiffure que le réalisateur
imposa à son épouse. Le geste fut filmé, et c'est avec horreur que le producteur Harry Cohn vit Orson Welles brandir des ciseaux et couper la crinière rougeoyante de Rita, après
l'avoir décolorée. Ce fut son second scalp.
Et puis elle poursuivit sa route. Elle fut princesse, un temps. Elle retourna à Hollywood. Elle dansa encore. Le succès ne fut plus souvent au rendez vous. Elle but... L'une de ses filles, la
princesse Yasmina, déclara plus tard dans un documentaire que sa mère n'avait pas d'ego et n'avait jamais pu construire sa propre estime de soi. Ce fut un long déclin. Rita Hayworth
sombra dans l'oubli, mais l'oubli de ceux qui n'ont jamais su qui ils étaient, et mourut de la maladie d'Alzheimer.
Il me semble qu'aucune actrice ne fut autant promenée et montrée. Une sublime bête de foire, un bel objet d'art, une précieuse marchandise (accéssoirement, une bonne actrice)... Je ne sais pas
trop quelle image retenir. Ou plutôt, je ne le sais que trop : à la fin du film La dame de shanghaï, l'héroïne agonise dans un labyrinthe de miroirs brisés. Une image sans
images, où les images ont diparu.
Par Elisabeth
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Publié dans : Du fond du labyrinthe
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Dimanche 2 mars 2008
7
02
/03
/2008
19:58
Autre lieu de croyance irrationnelle : la sphère économico financière.
S'agit-il de savoir, de croire ou de faire croire ? Le monde des spéculateurs et des économistes n'est pourtant pas dénué de finesse mathématique. Or justement, la finesse mathématique n'est fine
que lorqu'elle opère sur des modèles conçus pour elle, par elle et selon elle.
John Maynard Keynes écrivait en 1936 : " Une beaucoup trop grande part de travaux récents d'économie mathématique consiste en des élucubrations aussi imprécises que les
hypothèses de base sur lesquelles ces travaux reposent, qui permettent à l'auteur de perdre de vue les complexités et les interdépendances du monde réel, en s'enfonçant dans un dédale de symboles
prétentieux et inutiles".
La chose est toujours d'actualité. Je ne citerai même pas les affaires en cours :)
Keynes comparait les valeurs boursières à des candidates de concours de beauté. Douce allusion aux apparences... Pour gagner en Bourse, il ne faut pas investir sur l'entreprise la plus rentable,
mais sur celle dont tout le monde pense qu'elle est la plus rentable. D'où l'inquiétante supérorité de mythe, quelles que soient les circonstances.
Je travaille activement sur ce sujet, et je sens depuis plusieurs mois des parallélismes étranges entre économie et religion. Tout repose, une fois de plus sur la foi (aveugle) dans un système
obscur. La chose pourrait sans doute s'expliquer et se dénouer au niveau des "mécanismes du désir". C'est ainsi que l'homme fonctionne, alors après tout, spéculons.
Un autre labyrinthe, en somme.
Ou bien, c'est toujours le même...
Par Elisabeth
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Publié dans : Labyrinthe cérébral
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Samedi 16 février 2008
6
16
/02
/2008
15:59
Qu'on se le dise : le labyrinthe est une tombe. Ou bien il englobe une tombe, ou bien c'est à l'intérieur d'une tombe qu'on en retrouve le tracé... Les plus anciens vestiges
semblent venir d'Egypte où il convenait de protéger l'accès de la chambre funéraire. Mais les figures labyrinthiques remontent encore beaucoup plus loin. Probablement est-ce la structure même du
raisonnement humain.
Le labyrinthe préserve le repos du mort, alors même qu'il entrave la progression du vivant, lequel (s'il se trouve là) a donc violé ledit sanctuaire. Mais pourquoi prendre le risque de s'y égarer ?
C'est que la tombe en question renferme les effets personnels du mort, indispensables à sa transmigration vers une hypothétique renaissance. On est toujours tenté de la piller (cette
tombe), de se glisser dans le costume de quelque prédécesseur, non seulement de revêtir ses parures, mais aussi la somme de ses expériences, le poids de sa mémoire.
On s'engage donc dans le labyrinthe, mais il n'y a plus ni temps ni lieux. Nous ne sommes nulle part. Ce n'est plus le tombeau d'un autre qui se trouve en son centre. Et on
risque fort d'y rencontrer un géant à la tête cornue (plus communément nommé Minotaure). On peut toujours essayer de fuir, certes, mais le combat n'en sera que retardé...
Voilà, à défaut d'un fil d'Ariane, quelques indications de plus...
Par elisabeth
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Publié dans : Du fond du labyrinthe
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Dimanche 10 février 2008
7
10
/02
/2008
20:11
Certaines personnes se sont demandées à quoi servait ce site. En d'autres termes, à quoi bon cette suite d'articles sans lien et ce flot d'images illicites ???
Hé bien, c'est un labyrinthe. Un univers mental, dirais-je. Et peut être même schizophrénique... Alors bien sûr, on ne perçoit pas forcément le caractère pragmatique de la démarche.
Dans un premier temps, il convient d'établir une banque de données. C'est à dire ouvrir des espaces où viennent s'inscrire diverses imageries, narrations, idées... Ensuite seulement, il sera temps
de dérouler un
fil d'Ariane pour peu qu'on se sente un peu perdu.
Par elisabeth
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Publié dans : Du fond du labyrinthe
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