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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

Qui suis-je ?

  • : Elisabeth
  • labyrinthe
  • : Femme
  • : Paris
  • : 24/07/1978
  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE.
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
Mirages... Envers des décors... Eden celeste et Stars terrestres... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Energies fossiles et âmes fossilisées...
Oeuvres divines et mortelles...
Passage initiatique... De voie en voie, de phase en phase, de sphères en sphères, de mondes en mondes... Mais encore, mais quoi d'autre...

Vidéo LABYRINTHES

Vendredi 12 septembre 2008 5 12 /09 /2008 16:19


Jung ne donna jamais à la libido le même sens que Freud... Pour lui, la pulsion de vie ne pouvait pas se jouer dans le triangle papa/maman/moi, mais au point d'interaction entre deux aspects de cette même pulsion, dissociés par notre intellect, et néanmoins indissociables à la source...

Je ne suis pas claire, sans doute. Jung a explicité la chose par ailleurs. Mais j'ignorais qu'il eût un rêve, et que ce rêve manifesta l'intuition de ce qu'il nommerait par la suite anima et animus. Dans ce rêve, il se voyait lui même rencontrant un couple étrange. Un vieillard et une jeune fille... Le voici, tel qu'il le narra dans ses "mémoires" :

"J' écoutais avec attention ce qu'ils me disaient. Le vieil homme me dit qu'il était Elie et j'en ressentis un choc. La jeune fille me désarçonna presque davantage encore, car elle dit s'appeler Salomé. Elle était aveugle. Quel couple étrange : Salomé et Elie ! Pourtant Elie m'assura que Salomé et lui étaient liés de toute éternité et cela mit le comble à mon désarroi. Avec eux vivait un serpent noir qui manifestait pour moi une inclination évidente. Je m'en tins à Elie parce qu'il me semblait être le plus sensé des trois et disposer de bon sens. Vis à vis de Salomé j'étais méfiant. Elie et moi eûmes une longue conversation dont je ne pus saisir le sens ..."


Plus loin, Jung interprète ces figures comme l'incarnation de deux principes : le logos et l'eros. Certes, il y a de multiples figures correspondant à celle du sage et du prophète en dehors de celle d'Elie. Quant à la féminité, je me suis demandée pourquoi justement Salomé.
 A moi aussi donc, une telle association parut des plus curieuses. Etrange, surtout quand on sait que l'évangile présente Jean Baptiste comme la "réincarnation" d'Elie; ce même Jean Baptiste ayant eu la tête coupée sur l'ordre aveugle de Salomé... La chose a de quoi questionner. Vraiment, vraiment... Ou bien, est-ce évident ? Enfin, il ne s'agit là que d'un rêve, et il nous est loisible d'y voir ce que l'on veut.

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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Lundi 11 août 2008 1 11 /08 /2008 21:00


Par hasard, ces jours ci, au cours d'une errance sur le flux internet, je suis tombée sur un article riche en sarcasmes et tout juteux de fiel... Hmm, la chose est ordinaire. Sauf que là, la "vedette" à abattre, la "starlette" du PAF mise au pilori, l'icône du petit écran en question, se trouva être une amie d'enfance et son évocation permit le soudain jaillissement de ma première année de collège dans un pensionnat de Maison Laffitte, sous la surveillance d'une très vieille fille aigre à tignasse roussie, escortée d'un caniche noir nommé Bérénice... Bref, j'eus une petite émotion à voir réapparaitre Tania Bruna-Rosso sous mes yeux (je n'écoute pas radio Nova, il est vrai... Et je ne regarde même pas le grand journal de canal+) reconvertie en chroniqueuse "bobo" et accessoirement en pute à frange (telle qu'elle se qualifie elle-même, via l'extravagante auto dérision d'une initiative personnelle visible sur son site)... Notre charmanteTania figure au centre de la photo, et c'est vrai qu'elle n'a pas changé, quoique je sois chagrinée des petites atrocités qui circulent sur son compte. Cela dit, dans un tel univers, il suffit que quelqu'un parle de soi pour que tout aille bien, même en mal. Cette jeune personne qui était très bonne élève, très créative et authentiquement gentille dans sa douzième année méritait un petit hommage de ma part pour contrebalancer l'article qui suit (quand même très drôle), que je me permets de reproduire ici, bien qu'il soit plutôt méchant. Enfin, au delà des ses discutables(?) chroniques musicales, ladite Tania a surtout le mérite de faire partie de ma mythologie personnelle et d'être restée un bon souvenir.
Je me demande ce qu'elle lui a fait, à ce Nathanael...



 Mesdames et messieurs, laissez moi vous présenter la première candidate au poteau d'exécution virtuel de notre non moins virtuel et très instable tribunal du bon goût, élue à l'unanimité de notre jury de une personne, l'animatrice la plus exécrable de tout le PAF, pim, pam, poum, roulements de tambours, mesdames et messieurs, la très imbitable (rien de sexuel, prenez un dico), la délicieusement haïssable Tania Bruna-Rosso.


Affublée d'un nom d'actrice porno italienne des années 80', comme si sa coiffure de pute à frange étudiée à la mèche près et ses airs de pimbêche suceuse de glands mondains ne suffisait pas à l'enterrer définitivement dans notre mémoire à court terme, l'accusée n'a jamais fait le moindre effort pour échapper à la vindicte de notre courroux populaire. Cette jeune fille officiait encore il y a peu derrière le micro de Radio Nova, et l'on comprend pourquoi, elle a vraiment une tête à faire de la radio. Pire encore, Tania Bruna-Rosso n'a jamais tenté de se dérober aux barrières serrées de notre scepticisme serré, préférant chaque soir en rajouter encore dans son atroce personnage de petite fille de bourge détestable au possible, ne tentant même pas d'être vulgaire pour en rester uniquement au stade de la pure obscénité télévisuelle.


Tout cela aurait pu être encore acceptable, quoi de plus normal que de voir une greluche de sa trempe squatter les plateaux télés sans vergogne en ces temps de misères où la presse spécialisée (on se demande encore en quoi) tente régulièrement de nous faire gober à grands coups de couverture médiatique assassine que l'avenir de la musique passe par ses copines de l'électro-clash putassier et leurs potes à mèches fringués comme des pubs H&M.Mais non contente d'être la nouvelle égérie mal fagotée d'une génération perdue pour la mode, et bien trop encline à confondre la classe et la coquetterie (John Wayne aurait apprécié), l'accusé devra répondre des lourdes charges qui pèsent contre elle pour avoir été ces derniers temps une des plus ferventes défenseuses de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à de la merde radiophonique bon chic bon genre, écrite directement au balais à chiottes par des handicapés congénitaux dont la poésie de fond de poubelles oscille périlleusement entre le bredouillage parkinsonien et la vomissure nauséeuse que viennent leur cracher à la gueule de faméliques débris humains de vingt ans. Et vous m'excuserez d'avoir paraphrasé Desproges pour l'occasion, reprenez moi plutôt si vous me surprenez soudainement à paraphraser Jean-Marie Bigard ou tout autre soutien sarkozyste dépourvu d'humour au-dessus de la ceinture.


Mesdames et messieurs du jury, reprenons. Ce qui nous dérange le plus dans le personnage public de Tania Bruna-Rosso, c'est sans aucun doute l'ignorance crasse dont sait faire preuve avec une régularité déconcertante la chroniqueuse musicale la plus influençable de la planète, elle qui se veut symbole d'une certaine contre-culture et n'est que le pâle reflet d'une sous-culture répugnante teintée d'opportunisme malsain, uniquement dictée par la puissance médiatique des majors du disque et le NME d'il y a trois mois. Quand elle ne se joint pas de sa voix suraiguë (une voix qui a elle seule lui permet d'arriver en tête de notre palmarès des cruches à abattre) donne au concert de vagissements désespérants qui salue chaque mois la nouvelle sensation anglaise dont on aura bientôt oublié le nom. Superficielle à souhait, plus hype que nature, parisienne et parisianiste jusqu'au bout de ses ongles peint en rouge sang, ce sang de la révolution culturelle dont elle se barbouille le corps avec délectation.


Pour toutes ces raisons, et pour bien d'autres encore, mesdames et messieurs les jurés, je vous demande de condamner l'accusé à la peine maximale.

Tania Bruna-Rosso, au poteau !

Par Nathanael Hunt

Par Elisabeth - Publié dans : Du fond du labyrinthe
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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /2008 19:21
Une légende relate l'existence d'une citée merveilleuse, un peu dans le genre de l'Atlantide, qui aurait elle aussi sombré dans les flots lors d'un énième déluge, et sur les vestiges de laquelle le peuple inca aurait bâti sa culture... En vérité, il n'existe pas de traces de cette cité, excepté un temple retrouvé sous la surface du lac Titicaca. Un temple solaire, je suppose. Il faut pouvoir imaginer le feu jaillaissant des eaux, car la mythologie inca représente ainsi la naissance du dieu des dieux (le soleil) sortant tout naturellement de ce lac avant de créer le reste de l'univers.

Le mythe des mondes engloutis, menacés d'engloutissement, ou subitement exhumés de leurs ténèbres, est un grand classique. Il ne s'agit même pas vraiment de "mythes" au sens où on l'entend, mais de choses quotidiennes... Il y a des cités englouties ou brisées par les eaux, par la boue, le magma, le vent, etc... dont on retrouve après coup les vestiges. Les petites maisons de bois américaines sont fréquemment emportées par le vent, après quoi les survivants reconstruisent gentiment leur demeure, toujours en bois. Là où les tornades sont les plus fréquentes, c'est dans le centre de l'Amérique du Nord, à l'est des Rocheuses. On les retrouve sur les états situés dans le "Chemin des tornades" (i.e. Oklahoma, Nebraska, Kansas et Missouri). Cela donne envie d'imaginer un dieu aérien, probablement celui du tonnerre, vénéré parmi les indiens qui connaissaient bien leur terre... Toutefois, les indiens d'Amérique ne sont pas les seuls à avoir vénéré ledit Tonnerre qu'on retrouve également en occident sous les traits de Zeus... Mais je m'éloigne de la question.
Revenons à l'engloutissement. Peut-on être englouti dans la vie de tous les jours ? Et est-il vrai qu'un astre macrocosmique puisse en faire l'expérience ? Je crois que oui. C'est très naturel, pour les hommes comme pour les astres, au physique comme au psychique.
En naissant, tout d'abord : nous passons de la douce poche d'eau tiède où nous barbottions, à l'air abrupt et froid du monde terrestre. C'est pourquoi nous hurlons en venant au monde, je suppose... Et puis, les chocs de ce type se répètent et n'en finissent pas, tout au long de notre vie jusqu'à la mort. Des formes d'engloutissement de plus en plus subtiles...
Quant au soleil, lui-même, ça dépend de sa taille. Lorsque la masse d'une étoile est importante et qu'elle arrive en fin de vie, l'étoile manifeste une force ultime pour dégager sa matière hors d'elle, et explose. Ceci est la plus belle mort que puisse rêver une étoile. Mais parfois, elle ne parvient pas à faire cet ultime effort, et c'est alors qu'elle se replie sur elle même. Dans le langage astrophysicien, cela se nomme : effondrement du champ gravitationnel. En clair, ça signifie que sa masse s'effondre de façon à ce que même la lumière soit entrainée vers le bas, créant ainsi un trou noir. Plus aucun rayonnement ne s'échappe de cette étoile morte, laquelle se condense en un point infime d'une lourdeur telle que tout autre astre passant à proximité, risque de basculer dans ce champ de gravité et de s'y engloutir. En langage médical, cela pourrait être une dépression fulgurante... Cependant, certains scientifiques ont découvert un rayonnement spectral, composé de particules singulières, allant plus vite que la lumière, et parvenant à s'échapper du trou noir. On peut donc espérer que ces particules échappées réduisent progressivement la matière de l'effondrement jusqu'à l'irruption de la lumière et qu' après plusieurs millions de milliards de millénaires de retard, l'explosion libératrice se fasse malgré tout. Mieux vaut tard que jamais.

Pour ce qui concerne notre système solaire, cela n'arrivera pas. En effet, notre soleil est trop petit pour exploser ou pour s'effondrer sur lui même. Il va donc se dilater, devenir une géante rouge, puis se refroidir lentement, jusqu'à devenir une naine blanche... Une petite mort, à petit feu, donc. Mais nous ne serons plus là pour le voir (brûlés par les émanations de la géante rouge).
Bref, les éléments dont nous sommes constitués nous parlent à tous les niveaux de la nature et du cosmos. Et il n'est pas si rare de croiser un soleil englouti dans l'immensité de l'univers...
Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 15:07

Le plus ancien mythe féminin, c'est celui de la Lilith : la première femme...

Cette légende est vraisemblablement née d'un accident et d'un malententdu, quoique. La Bible étant un ensemble de récits compilés à diverses époques et dans diverses traductions, il se trouve que la génèse relate deux fois la création de la femme : une première fois où celle ci est créée en même temps qu'Adam, à partir de la terre, et à l'image de Dieu. Une seconde fois où la femme est créée à partir de la côte de l'homme, et nommée Eve par Adam.

Si la chose n'est pas un simple accident de traduction, ni une compilation de versions contradictoires, la Lilith a peut être un sens "exeptionnel".

Ainsi Lilith existait avant Eve, et résidait dans l'Eden, non pas en tant qu'aide de l'homme (c'est ainsi qu'Eve est désignée dans la génèse), mais comme l'égale d'Adam. La Lilith n'était donc pas un complément, mais bien la femme complète. Un conflit éclata cependant dans le couple, car Adam revendiquait la domination pendant l'acte sexuel. Irritée contre son époux, Lilith quitta l'Eden. Adam éperdu, alla se plaindre auprès de Dieu qui envoya une nuée d'anges vers la femme afin de la convaincre de revenir. Lilith refusa et préféra (selon le mythe) s'unir à un avatar de Satan, après avoir négocié un rôle égalitaire.
Dieu tenta alors d'amener chacun des animaux de la création vers l'homme afin de lui trouver un compagnon et de le consoler de sa peine. Mais rien n'y fit. Adam se sentait irrémédiablement seul. C'est alors que Dieu fit sombrer l'homme dans un profond sommeil...
Hmmm oui, ce sommeil nous interroge, et le rêve qu'il fit aussi, car il semblerait qu'Adam n'en finisse pas de rêver. Mais poursuivons.

Pendant qu'Adam dormait, Dieu préleva une côte sur son corps et la façonna à l'image d'une femme. Puis il éveilla Adam et fit venir la nouvelle créature devant lui. L'homme en fut enchanté et la prénomma Eve.
Cependant, la Lilith, flottant sur l'onde obscure, découvrit cette nouvelle union et ne trouva pas la chose à son goût. On raconte qu'elle prit elle-même la forme du serpent tentateur afin de provoquer la perte d'Eve qui devint à son tour une pêcheresse aux yeux de l'humanité.
Plus tard, ce fut la vierge Marie que l'évangile nomma "nouvelle Eve"... Ainsi tournent et se suivent les femmes, s'annulant les unes les autres (et lorsque l'homme se montre habile, elles rivalisent haineusement entres elles)...

Mais si on en croit l'ordre dans lequel les choses se produisirent, le fruit de la connaissance avec lequel Lilith tenta Eve concernait avant tout sa propre légitimité. Et le premier péché fut donc la tentative d'Adam pour abaisser son épouse primordiale. Mais là encore, passons.

D'un point de vue ethnologique, la Lilith nous renvoie aux anciennes figures de la Terre mère et d'un certain "matriarcat" que l'avènement du Dieu unique renversa. En cela, elle pourrait être assimilée aux déesses Ishtar, Isis, Tanit ou Astarté. Souvent, ces déesses archaïques ont un rapport avec la mort et les mondes souterrains, quoique leur culte soit d'abord celui de la fertilité. Mais ne nous étonnons pas des contradictions. Lilith ne serait alors que la trace persistante d'un ordre révolu. Du reste, selon un autre mythe, c'est Pandora qui fut la première femme (armée d'une petite boite pleine de fléaux, car il faut décidément que la femme soit coupable de toutes les calamités).

Bref. En vérité, il se peut que tout ne soit qu'un rêve. Lilith, Eve et Marie sont éternellement le même principe féminin, et rien ne sert de le fragmenter en figures paradoxales. Les mondes souterrains n'ont sans doute rien à voir avec des mondes infernaux, mais ne sont vraisemblablement qu'un espace occulté (l'inconscient, comme dirait l'autre). Une totalité oubliée. Un équilibre des forces, sans cesse remis à plus tard.

Et Lilith attend peut être simplement qu'Adam se réveille.

Par Elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /2008 12:02

Il y a toujours quelque chose qui germe quelque part, et que l'on cultive (ou pas).
Des jungles et des jardins, oui... Mais aussi des terrains vagues, des marais, un terreau quelconque, enfin.
J'aime beaucoup les jardins chinois et japonais. On y trouve toujours un plan d'eau (un lac ou un étang). Des roches. Des floraisons particulières. Un exemple d'architecture...
Tout y semble toujours très naturel. La main de l'homme y reste discrète, quoiqu'il y ait sans doute une grande dextérité derrière ce naturel apparent.
Bien loin de cette influence taoïste, se déploie le jardin français. Ici même, dans ce labyrinthe, nous errons présentement parmi des formes géométriques et des conceptions dévolues à l'"hermétisme". Ce n'est pas en pleine nature que nous nous promenons, mais dans un dédale cérébral.
Au moins, nous sommes prévenus.


Le jardin n'a rien d'anodin. Non non non. Il a un rapport direct avec l'homme depuis son apparition sur terre, ou sa création dans l'univers... La génèse à laquelle se rapportent les trois monothéismes évoque le rôle d'Adam dans le jardin originel. Cet Eden...
Certes, les chinois ne s'y réfèrent pas, mais il y a des choses qu'on sait sans savoir.
Adam, donc, était sensé nommer les êtres vivants; puis leur ayant donné un nom, en prendre soin et les cultiver.
Et puis, je ne sais pas ce qui s'est passé (enfin si, tout le monde le sait : la connaissance!), mais la terre lui devint hostile, et il fallut qu'il l'exploite durement pour en tirer quelque chose...
Ensuite il y eut des jungles farouches, mais aussi des déserts. Nos jardins d'origine sont désormais invisibles. En faisant très attention, cependant, on peut voir le jardin dont nous sommes issus et qui nous suit partout comme une fine atmosphère. Ce jardin nous révèle...

Le mois dernier, un ami me montra son jardin. Ce n'était pas vraiment le sien, mais aujourd'hui je sais que ce n'était pas par hasard. C'était un bien triste jardin... Il y avait quelques fleurs, mais généralement artificielles, parsemant des blocs de pierre à quelques mètres au dessus d'ossements humains. Il y avait aussi un tas de petits objets déposés sur les tombes : des jouets, des figurines et des portraits. Et quelque part ailleurs, dans une autre ville, il y avait des gens et une jeune fille en deuil. Au départ, je ne fus pas choquée qu'il m'emmène visiter un cimetière (parce que c'est calme et reposant, un cimetière, et puis ça peut ête beau). Celui ci n'avait rien d'extraordinaire, et ce ne fut qu'après coup que je me rendis compte qu'il s'agissait de son jardin personnel, rempli d'objets inertes.
Il était joyeux, cependant, et d'humeur légère au cours de cette balade. Mais d'une joie déplacée. D'une joie malsaine, même.
Je crois qu'il n'avait pas conscience de ce qu'il me montrait...


Quand j'étais enfant, je passais l'été dans un jardin sur la côté d'azur. Il y avait des fruits qui poussaient sur les arbres. Des figues et des amandes. Au sol, il y avait des tomates et des melons. Les melons avaient poussé tout seuls, dit on, sans qu'on les ait plantés (parce que c'est à cet endroit qu'on avait coutume de jeter les pelures, je crois).

Pour lors, je suis allée faire un tour au Louvre, et j'ai traversé le parc (le jardin des Tuileries). J'ai longé la fontaine. J'ai pensé aux jardins occultes et à mon labyrinthe circulaire. Je ne sais pas si je suis partie du centre et que je me dirige vers des cercles de plus en plus larges et englobants, ou bien si je me dirige vers un point central, au coeur du labyrinthe. On ne sait jamais trop où l'on va.
Je n'aime pas les jardins stériles. Je n'aime pas les jardins d'objets et de miroirs en trompe l'oeil. J'aime les jardins que produisent quelque chose de vivant.

Quelque chose à laquelle on puisse vraiment donner un nom...

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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