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Je ne parle que par images... Il faut chercher le fil d'Ariane. Humm oui, le retrouver, ce n'est pas gagné. Mais enfin, bonne route ! S'il en est ...

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Les règles de ce jeu ne sont jamais déterminées... Mais le labyrinthe n'est intéressant que dans la mesure où il a une issue.

En fait, je ne connais rien de pire, ni rien de plus atroce qu'un labyrinthe, surtout lorsqu'on s'est arrêté devant un mur et qu'on décide de s'installer bien confortablement dans cette charmante prison.

Je connais des gens qui la décorent, qui y diffusent de la musique et qui invitent leurs amis à visiter tous les recoins de leur mignonne impasse.

Ne nous y trompons pas, car le but du labyrinthe est avant tout d'en sortir ...

Qui suis-je ?

  • : Elisabeth
  • labyrinthe
  • : Femme
  • : Paris
  • : 24/07/1978
  • : Une mémoire collective. Des choses vagues et mouvantes, puis subitement précises. Je ne suis que celle qui est... ( ho... qui... quoi? ) la maîtresse du labyrinthe.

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IMAGES ALEATOIRES. LES THEMATIQUES DU LABYRINTHE.
Visages mythiques et têtes de morts... Mythologies... Femmes fatales et vilains messieurs... Textes sacrés et chants profanes...Lègendes vivantes et moribondes... Icones passées, présentes, à venir...
Mirages... Envers des décors... Eden celeste et Stars terrestres... Schizophrènes et déesses reptiliennes... Energies fossiles et âmes fossilisées...
Oeuvres divines et mortelles...
Passage initiatique... De voie en voie, de phase en phase, de sphères en sphères, de mondes en mondes... Mais encore, mais quoi d'autre...

Vidéo LABYRINTHES

Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /2009 18:25

La gorgone, dans sa première acception, s'inscrit dans la descendance des divinités primordiales du panthéon grec. Dans la lignée de Pontos, c'est à dire : la mer noire...
Au nombre de trois, les gorgones sont des créatures reptiliennes aux chevelures serpentines, immortelles (sauf une !), et ont pour particularité de transformer en statues tous ceux qui croisent leur regard. Ceci est la première définition. Le premier type, en somme. Mais il faut raconter la légende. 
Parmi les trois gorgones, seule Méduse est mortelle. Celle ci se fit trancher la tête par Persée, un jeune héros qui en profita pour délivrer Andromède d'un monstre qui voulait l'avaler. Au commencement, un roi voulant éloigner le jeune Persée du royaume, l'envoya un beau matin dans le royaume des ombres avec pour mission d'en rapporter la tête de ladite Méduse. Certes, il n'était pas prévu que le jeune homme survive à ce défi... Mais la déesse Athena prit notre jeune héros sous son aile. Elle lui fournît un casque et un bouclier magiques, et lui expliqua comment s'y prendre avec la créature sans se faire pétrifier. D'une part, le casque rendait invisible (c'est déjà fort pratique). D'autre part, le bouclier devait servir de miroir. Ainsi le jeune homme ne regarda jamais vraiment la Méduse mais seulement son image à travers le bouclier, avançant discrètement sous son casque sans être vu par les deux autres. Voilà comment se fit la "décapitation". Notons aussi que, même morte, les yeux de la gorgone conservèrent leur pouvoir, et que Persée s'en servit contre nombre d'ennemis, sortant toujours fort à propos la tête coupée d'un sac.

Maintenant, abordons la gorgone dans son acception psychanalytique. Une autre version du mythe fait état de l'extrême beauté des trois gorgones. Dans ce cas, il serait question de jeunes filles si narcissiques, si fières de leurs beaux cheveux, qu'un dieu les aurait punies en y mettant des serpents, et en transformant en pierres chacun de leurs admirateurs. Cette seconde acception existe d'ailleurs en germe dans la première. Il s'agit là de jeux de regards et de reflets qui se heurtent au mur de l'orgueil. Enfin, un truc dans ce goût là... On trouve d'ailleurs certaines images très plantureuses de la gorgone, ou autre femme serpent. De somptueux corps féminins se terminant en queues de reptile... quoiqu'il y ait confusion avec d'autres divinités, fort anciennes, elles aussi...
Klimt a représenté les gorgones dans un tableau où la Mort, la Démence et la Maladie figurent à l'arrière plan. Humm...

Mais abordons enfin la gorgone du troisième type. C'est à dire : le pur processus de pétrification. Ici, point de serpents. Et là, c'est la gorgone qui est invisible. Elle s'introduit on ne sait comment dans les échanges entre les êtres. Chacun croit regarder l'autre, celui d'en face, mais elle se trouve entre les deux, dans chaque rapport, chaque relation, chaque transmission. Et dès que le regard se porte vers elle, même par inadvertance, elle pétrifie les deux partis. C'est ainsi. Elle collectionne les statues. Et elle en a beaucoup, beaucoup, beaucoup...
 N'est il pas étrange qu'on ait si peu étudié le mythe de la gorgone ? On connait celui de Prométhée, d'Oedipe, de Narcisse... On connait le rôle qu'ils jouent dans nos rapports avec l'histoire, le destin, le progrès, le psychisme... Et rien sur la gorgone qui est pourtant partout ? Celle à laquelle je fais allusion, comme la plus insidieuse des monnaies d'échange... Celle qui échange la chair contre la pierre, et enferme l'esprit dans le marbre. Elle n'est jamais très loin.

Par Elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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Lundi 9 mars 2009 1 09 /03 /2009 20:27

Comment se procurer rapidement une grosse somme d'argent, ou acquérir des objets hors d'atteinte qui nous sont néanmoins absolument essentiels ?
Humm... Avant de répondre à cette question, il faut que je prévienne tous ceux qui auraient atterri ici par mégarde (en tapant des mots clef dont je ne veux rien savoir) que ma réponse en la matière sera purement philosophique.
Hé oui, nous sommes ici dans un labyrinthe, et lorsque je parle de fausse monnaie, je n'ai pas l'intention de sortir ma planche à billets (et puis, dans le texte qui va suivre, laquelle est vraie, laquelle est fausse ?) Bref, poursuivons...
A la source première, avant même que la monnaie ne soit inventée, il y avait seulement des êtres et leurs productions respectives -- productions qui faisaient l'objet d'échanges entre les partis, selon les besoins du moment. Puis on adopta de préférence un élément qui servirait de "mesure". A une époque, ce fut le sel. Bientôt ce fut tel ou tel métal. Encore aujourd'hui, c'est l'or qui demeure la valeur refuge...
 Mais à quel moment, la monnaie se distingua t'elle totalement de son objet, jusqu'à n'être plus qu'une opération de l'esprit, une pure puissance, un processus neutre, un flux virtuel et sans ancrage ? Je ne saurais dire... Toujours est il que cette puissance, tout en n'ayant pas d'existence propre, est devenue indispensable à la moindre action sur terre.
Je veux toutefois attirer l'attention du public (au fait, ai-je un public ?) sur certains personnages qui vont et viennent partout, sont reçus, nourris, vétus,  parés, sans dépenser le moindre centime, et cela parce que : ils sont eux mêmes devenus leur propre monnaie d'échange. Jetons sur eux un oeil attentif.
 Bien sûr, la chose n'est pas nouvelle... Qu'on se figure Picasso (enfin, c'est la légende) entrant dans un restaurant, griffonnant sur la nappe, et partant sans payer au prétexte que son gribouillage achète tout l'établissement à lui seul. La chose est caricaturale, mais l'idée est là. Je veux parler de tous ces gens dont la présence équivaut à une lettre de crédit : icones ambulantes que chacun regarde et imite, et dont l'attraction se mesure en produits dérivés. Ainsi, tout ce qui canalise le désir de l'homme est une monnaie potentielle (oeuvres d'art, drogues, organes, évènements, symboles, pantins charismatiques, matière permière, etc)...  Tout et n'importe quoi, oui. Mais qui a jamais essayé de canaliser la puissance de son désir vers lui même ? Je veux dire : en terme d'accomplissement de soi. Il suffit de regarder aux alentours pour constater que la chose est rare. Et puis, nous sommes tous convaincus que ça coute cher (de s'accomplir). Nous devons payer le prix pour chaque journée d'étude, de travail, de vie élémentaire, et d'ailleurs nous sommes si occupés avec les choses basiques qu'il ne nous viendrait pas à l'idée de produire notre propre monnaie. Et pourtant, quelle autre que la sienne ? C'est la seule, l'unique ! Au lieu de cela, nous cherchons à nous attacher à une valeur sûre (comme s'il y avait une valeur plus sûre que celle qu'on porte en soi. Mais bon, je me tais -- on va encore me taxer d'idéalisme). On préfère donc s'attacher à une forme reconnue. Cela consiste dans la sublimation de cette forme.  Une cristallisation et une pétrification. Voilà donc du solide, mais pour cela, il faut accepter de regarder la gorgone dans les yeux... Action séduisante en substance, mais essentiellement suicidaire... Quel rapport entre la monnaie et les trois gorgones du mythe ?
 Il y en a peut être aussi qui ne savent pas ce que c'est, une gorgone, bien qu'ils se soient déjà changés en pierre... Je répondrai plus tard à ces questions. Ailleurs, autrement...


Par Elisabeth - Publié dans : Dédales philosophiques
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /2009 14:49

La reine des neiges et la vierge des glaciers... Voilà deux titres de contes d'Andersen.
Ces contes peuvent faire penser à la sorcière blanche de Narnia. Mais lorsqu'on va un peu plus loin, ce n'est pas dans l'univers féérique des contes qu'on arrive, non pas au coeur des petites histoires d'enfants, mais au coeur de l' Histoire avec un grand H. Celle des bouleversements politiques et de la longue mutation des cultures humaines... Or la mémoire collective emprunte mille et un chemins, et ce n'est pas toujours par celui qu'on croit qu'elle s'enracine le plus profondément dans les âmes (à défaut d'âmes, au fond des crânes)...

On sait déjà que Barbe bleue est l'émanation d'Henri VIII, monarque qui accumula six épouses dont certaines furent décapitées à la hache sur ses ordres (lorsqu'elles ne mourraient pas en couches ou bien lorsqu'il ne put obtenir l'annulation du mariage). Sa manie du divorce occasionna la création de l'église Anglicane (laquelle ne reconnaît que son roi pour chef, et échappe ainsi au contrôle de la papauté).
Dracula fut quant à lui inspiré par un roi de Moldavie (il me semble) qui faisait empaler ses ennemis et qui, suivant l'ancienne coutume, buvait leur sang. La chose n'a rien d'étonnant. On retrouve de telles pratiques chez les Celtes, quoiqu'ils n'aient laissé aucune trace écrite de leur système de croyance...
L'Angleterre possède aussi sa reine vierge (laquelle se proclama exclusivement mariée à son peuple par la grâce de Dieu), chef et défenseur de l'église protestante : Elizabeth I dont la prospérité reposait entre autres sur les violences de la piraterie. Dans la France mérovingienne, deux reines barbares s'affrontèrent aux côtés de leurs époux fratricides : Frédégonde née serve, et Brunéhilde -- qui mourrut écartelée entre deux chevaux lancés au galop (sur ordre de Clotaire II, fils de ladite Frédégonde).
Il y a aussi toute cette tradition des mères de rois, femmes ambitieuses et abusives, dont on retrouve l'ombre derrière les Médicis. Ou encore, l'ancienne prêtresse Olympias, mère d'Alexandre... Evidemment, j'en passe bien d'autres sous silence, avant de revenir tout doucement à mon premier sujet : les méchantes reines des contes de fée.
Bien sûr, bien sûr ! il faut faire attention à la caricature.

Mais sait-on vraiment ce qu'il y a derrière les pommes empoisonnées ? les coeurs de biches dégustées au repas ? les sept couronnes d'or subtilisées par le petit poucet, et les sept petites filles décapitées dans la nuit par l'ogre -- leur propre père ???

J'ai mes raisons pour prendre au sérieux le moindre conte de fée...                                                

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 22:04

Il y a une image de la femme fatale, issue tout droit du film noir, et parfaitement incarnée par Ava Gardner dans Les tueurs ... Cette image de l'actrice assise sur une table ronde,  les jambes croisées et découvertes sous une robe-foureau noire, une lampe braquée sur elle, le regard noir et fixe sous sa chevelure noire également, a si bien marqué les esprits que bien des gens ont longtemps cherché en vain cette scène dans le film. Or la pose n'y figure pas comme telle. Seule l'atmosphère y est.

La fatale petite créature du film, menteuse et déloyale, nous renvoie comme toujours à la vieille image d'Eve (encore, oui) mère originelle du péché et de la mort. La première femme fatale, donc. Mais si je prends la peine de m'arrêter sur cette image, c'est que je viens juste de remarquer l'analogie entre les "noms" de ces deux personnages. Certes, il est facile de noter qu'Eve et Ava ont la même racine. Mais que dire de Gardner, étrangement apparenté aux mots garden et gardener qui nous renvoient au jardin et à la fonction première que l'homme Adam y occupait ? L'analogie est sans doute fortuite, mais bon... D'ailleurs, Ava Gardner, déjà associée dans nos mémoires à la sensualité brute, est sans doute plus connue sous un autre surnom : le plus bel animal du monde.

Loin loin loin de cultiver les fruits défendus de cet immémorial Eden, je vous laisse admirer l'ombre planante de la pécheresse qui (outre la connaissance bien mal acquise) n'en finit pas de servir de muse.

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthes culturels
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Mardi 21 octobre 2008 2 21 /10 /2008 13:59


L'homo sapiens est celui qui pense... Mais à quoi donc au juste ? Avec l'apparition de la pensée survient aussi l'énigme. Car bien trop souvent, la pensée est un poids, et l'on se demande pourquoi ne pas suivre simplement son instinct, comme la bête... La signification se pose ainsi à côté de l'absurdité.
La pensée est liée à la mémoire et au sens de la mesure. Une mémoire qui embrasse d'autres temps et d'autres espaces que ceux de l'instant immédiat. Et pourtant, bien des "homo sapiens" finissent par préférer l'instant éphémère plutôt que le déploiement de la mémoire à travers le temps. Hé oui, parce que c'est trop dur ! Et que cherchons nous au juste ? A quoi bon ce chemin ? Bref bref bref... Nietzsche écrivait dans Humain trop humain :

 "Si d'après l'observation de Schopenhaurer, il y a de la génialité dans le fait de se souvenir d'une façon coordonnée et vivante de ce qui vous est arrivé, dans l'aspiration à la connaissance de l'évolution historique qui fait ressortir toujours plus puissamment les temps modernes sur les temps anciens et qui pour la première fois a brisé les vieilles limites entre la nature et l'esprit, l'homme et la bête, la morale et la physique : on pourrait reconnaitre une tendance de l'ensemble de l'humanité à la génialité. L'histoire pensée jusqu'au bout serait conscience cosmique de soi."

On ne sait jamais jusqu'à quel point Nietzsche ironise lorsqu'il écrit, lui qui se plait à dévoiler la longue série d'erreurs dont l'Histoire est constituée, et qui de fait, constitue nos mémoires... S'il est question d'énigme, lorsqu'on regarde l'homme pensant (ou l'homme conscient), il est aussi question de duperie. Ailleurs, dans le même ouvrage, notre petit Nietzsche dit : "Celui qui finit par s'apercevoir combien et combien longtemps il a été dupé, embrasse par dépit la réalité même la plus laide ; en sorte que si l'on considère le monde dans son ensemble, c'est à la réalité que sont échus au cours des siècles les meilleurs prétendants, car ce sont les meilleurs qui ont été dupés le mieux et le plus longtemps".

Que veut il dire par là ? On décèle une opposition entre conscience et réalité... Hmmm, je suppose que c'est par la pensée que l'homme se rend maître du temps et de l'espace (du moins, en partie) et que le renoncement  le conduit tout droit à la réalité telle quelle. C'est à dire, un monde subi, sur lequel on ne songe plus à agir, ou sur lequel on craint désormais d'agir, au vu de toutes les catastrophes dont l'Histoire nous a rendus spectateurs, voire complices... Un monde que l'on craint de détruire par quelque nouvelle idéologie... Une réalité dont on se satisfait simplement sans plus se poser de question... Et pourtant, c'est encore par la pensée que l'homme se doit de rétablir la pensée. Puisqu'il nous arrive de perdre ce sens. C'est de son absence (ou de ses déviations) que proviennent bien des maux, mais certes pas de la pensée elle même.

Allons allons, Homo sapiens ! réflechis-y un peu... Et éteins la télé.

Par Elisabeth - Publié dans : Labyrinthe cérébral
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